samedi 27 août 2022

L'abandon scandaleux du chasseur Canadien Avro CF 105 Arrow (révisé le 28 09 2024 *** ***)

{Les données dont je suis parti proviennent essentiellement de l'article Wikipedia de langue Anglaise tel qu'il était le 21 Août 2022. }


Point de départ


En 1953, la RCAF (Royal Canadian Air Force) sortait de 3 ans de guerre de Corée. 

La Guerre Froide était donc à son maximum et, pire encore, on venait de découvrir que l'URSS venait de mettre au point deux excellents bombardiers stratégiques capables de délivrer à ses ennemis de vraies bombes nucléaires.

Le premier fut le Tupolev 16 à réaction, le second fut le Tupolev 95 à hélices. 
A l'époque, ces deux bombardiers, tous les deux subsoniques, étaient remarquables (le Tupolev 95 vole toujours, provoquant des sorties de chasseurs OTAN partout où ses pilotes le mènent), dépréciant définitivement le Convair B 36 Peacemaker du Strategic Air Command,  incapable de résister aux chasseurs Mig 15.

Avro-Canada avait créé le CF 100, qui, depuis peu, protégeait efficacement les immenses étendues Canadiennes. Mais ses performances n'excédaient pas vraiment celles des bombardiers soviétiques. 

A la même période, on pensait déjà à des avions plus rapides, largement supersoniques. Chez nous, par exemple, en 1951, l'ingénieur Lucien Servanty commençait la conception d'un intercepteur propulsé par fusée, le SO 9000 Trident., qui démontra sa capacité de voler aisément à près de Mach 2. Marcel Dassault lance l'étude d'un avion à aile delta, le Mirage MD 550, à propulsion comparable à celle du Trident.
Les USA rêvaient au Lockheed F 104, de sombre mémoire. 

La RCAF demanda donc à Avro-Canada de sortir un chasseur bien plus rapide que le CF 100. 



Ainsi commença l'épopée du CF 105 Arrow, meilleur chasseur Mach 2 de toute l'Amérique du Nord jusqu'à la sortie du F 15 puis du F 16, 20 ans plus tard. 

Au départ, tout se passa très bien. Les responsables du bureau d'étude d'Avro choisirent une voilure delta pour assurer une traînée minimale, en particulier aux très hautes vitesses. 

Ce type de voilure offre aussi un volume interne plus grand (carburant, armes, etc) que celui des autres solutions. 

Les Anglo-Saxons attribuent l'aile delta à l'Allemand A. Lippisch, mais il suffit de regarder son projet P.13a de 1944 pour voir tout ce qu'il avait reçu du projet du Français Nicolas Rolland Payen 22 conçu pour la coupe Deutsch de la Meurthe de 1939 (avec son delta à 67° et un plan canard antérieur).

Certes, on pensait alors que ce type de voilure pouvait être inadapté aux combats à la Japonaise, par rapport à d'autres configurations. 

Mais l'appareil devait être un intercepteur, donc la maniabilité devenait moins essentielle.

Pour des raison de rapidité de ravitaillement au sol (carburant + munitions), la voilure fut choisie haute.

En Avril 1953, le constructeur se faisait fort d'obtenir les performances suivantes :
  • l'avion, bimoteur, aurait un équipage de 2 hommes ;
  • il  décollerait d'une piste de 1 800 m ;
  • Le rayon d'action de combat irait de 550 km à 370 km suivant la vitesse choisie ;
  • La vitesse de pointe serait de Mach 1.9 à 15 000 m d'altitude ;
  • La montée à 15 000 m prendrait un peu plus de 4 minutes
  • A cette même altitude, l'avion pouvait réaliser des virages sous 2 g sans perdre d'altitude.
Tout cela était plus qu'inhabituel. 

La concurrence US ne tenait pas du tout la comparaison.



En 1955, la RAF évalua le Arrow en tant que chasseur tous-temps. Les performances du futur chasseur étaient confirmées, voire améliorées. 

Le rayon d'action de combat était de 750 km à grande vitesse et de 1170 km à basse vitesse. En vol de transfert, l'autonomie approchait les 2 800 km.

Les moteurs choisis pour les essais furent des P&W J 75 de 78 kN au décollage.
La méthode de création de la production en série partait, ici, de la construction de 5 avions de présérie qui allaient faire tous les essais. 

Tout problème entrainant des modifications structurales était clairement répertorié et documenté mais les modifications n'entreraient que dans la structure des futures avions de série, pour gagner du temps et de l'argent.

L'essentiel des modèles aérodynamiques furent essayés en collaboration avec les USA, y compris en travaillant avec le NACA (et non la NASA, qui n'a repris les activités du NACA  que le 1er Octobre 1958).

L'avion intégrait de nombreuses nouveautés (loi des aires, servocommandes, système de stabilité augmentée, etc).


En Vol

L'avion commença ses essais le 4 Octobre 1957.


4  4ème prototype du CF 105 Arrow - Hiver 1958-1959 - 
La configuration générale préfigure celle du MIG 31 tri-sonique



Il avait une longueur de 23.70 m, sa masse passait de 22 250 kg à vide à 25 800 kg au décollage et elle passait à 31 tonnes au maximum.

La voilure, de 114 m², lui assurait une charge alaire modeste de 227 kg/m². 

Les deux réacteurs P&W J75-P-3 délivraient 7300 kg de poussée à sec et 10 500 kg de poussée avec post-combustion.

Il était prévu que ces réacteurs soient remplacé par de Orenda TR 13 Iroquois de 13 tonnes de poussée chaque.

Le premier vol stricto sensu fut réalisé le 25 Mars 1958. 

Aucun problème sérieux ne fut découvert.

Au contraire, l'Arrow  démontra rapidement d'excellente propriétés de vol. il fut supersonique à son 3ème vol. 

Quatre vols plus tard, il démontrait 1 600 km/h à 15 000 m alors qu'il volait encore en montée.

Un rapport d'Avro publié en 2015 confirma que le CF 105 avait bien passé Mach 1.90 en vol horizontal.

La vitesse atteinte à cette occasion fut de 2104 km/h.

En croisière, il volait à 980 km/h. 

Le plafond pratique atteignait 16 000 m.

Le rapport poussée poids atteignait 0.825, ce qui était bien plus fort que ceux de ses rivaux contemporains.

Certes, on trouva bien de problèmes mineurs dans le train d'atterrissage comme dans d'autres systèmes mais l'Arrow était vraiment sur le point d'être commandé en série.

Autrement dit, cet avion qui impressionnait tous les spécialistes contemporains était une grande réussite. 

C'était d'autant plus remarquable que ce chasseur était un avion stratégique (puisque réellement capable d'éliminer des bombardiers nucléaires soviétiques) qui était né dans un pays peu considéré au sein des nations Anglo-Saxonnes.

Néanmoins, cet avion disposait uniquement de missiles Hughes AIM-4 Falcon dont on sait parfaitement qu'ils n'ont pratiquement jamais abattu d'avion, ce qui devint patent pendant la Guerre du Vietnam.

{Les USA ayant alors récusé les canons montés sur avion se trouvèrent assez démunis...}


La cabale anti-CF 105

Certaines caractéristiques des chefs militaires suprêmes, qu'ils soient civils (ministres) ou militaires (officiers généraux) résident dans leurs préoccupations politiques, ou plutôt politiciennes.

Nous, Français, avons lourdement payé ce genre de pratique par notre défaite du 24 Juin 1940.

La première préoccupation des personnes que je viens d'évoquer était que leur arme soit la mieux dotée possible. 

Ce fut le cas de notre Marine Nationale lorsque Georges Leygues était ministre de la Marine.. 

De même, dans le cas du CF 105 qui nous intéresse, les chefs d'état-major de la Marine et de l'Armée de Terre Canadienne, découvrant l'importance du financement du programme du chasseur Arrow, poussèrent de grands cris d'orfraie. 

Théoriquement, pourtant, si les bombardiers subsoniques soviétiques étaient arrivés au dessus du Canada, ni les bateaux ni les chars Canadiens n'auraient plus servis à rien. 

Seuls des avions de chasse rapides et bien pilotés pouvaient les empêcher de passer.

La seconde préoccupation est que ces personnages lorgnent souvent un rôle politique (le plus puissant possible). 

Pour eux, l'intérêt réel de la Nation devient alors secondaire, voire négligeable. 

Pour éviter de toujours critiquer nos décideurs Français, un bel exemple réside dans les grands chefs de l'Armée Impériale Japonaise de 1941-42, qui ne tinrent aucun compte de la vraie situation stratégique. 

En conséquence, leur entrée en guerre contre l'Amérique avait été pensée sans tenir aucun compte des réalités, mais en créant juste ce qu'il fallait de rage meurtrière aux USA pour que le Japon finisse par recevoir 2 bombes nucléaires. 

Ils n'avaient rien compris à l'intérêt réel du peuple Nippon.

On peut aussi compléter ce tableau en rappelant que certains militaires de haut rang peuvent, dans certaines circonstances, succomber à l'appât du gain pour favoriser un constructeur en particulier. 

Mais pour que des êtres humains soient corrompus, il faut qu'ils soient confrontés à un corrupteur.

Il se trouve, justement, que les USA avaient créé une structure de veille aérienne très sophistiquée (du moins, en apparence) avec une op room qui impressionnait beaucoup les âmes sensibles.

Une réunion commune des grands états-majors Canadiens et US se termina par la création du NORAD. 
Dans cette organisation, évidemment, les USA se taillaient la part du lion : Ils commandaient tout et disposaient d'un QG (base Ent) dans les Cheyenne mountains. 




Le lancement très réussi de plusieurs satellites soviétiques à partir de l'Automne 1957 (au moment même où les lanceurs US échouaient systématiquement) entraîna un changement de réflexion chez les décideurs Américains : Les Russes allaient très certainement préférer lancer des missiles balistiques ultra-rapides (Mach 15 à 20) plutôt que des bombardiers lents et lourds.
Mieux valaient donc tout miser sur des missiles.

Il fallut un certain temps pour que certains militaires soulignent aux gouvernants qu'une fois un missile lancé, il suit fidèlement sa route in extenso, sans aucun remords, tandis que l'équipage d'un avion peut recevoir l'ordre de revenir à la base avant de déclencher l'Apocalypse ! 
(C'est pourquoi la France dispose toujours d'une force de dissuasion pilotée en plus de sa Force Océanique Stratégique.)

Les USA avaient développé le projet SAGE pour donner une réponse entièrement automatisée à une agression aérienne soviétique. 
Les stations SAGE DC (Direction Center) comportaient le nec plus ultra des ordinateurs IBM FSQ-7, dont chacun s'étalait sur 2 000 m² et avait à peine la puissance d'un smartphone !




Cet ordinateur définissait (officiellement) la trajectoire à suivre pour déterminer qui allait répondre à la menace.

Bien sûr, cela pouvait impressionner les quidams de la période 1955-1964. 
{Personnellement, sachant que le tout était programmé (au mieux) en Fortran et que cela passait par des cartes perforées manuellement sur des télétypes, je suis vraiment très sceptique sur la rapidité de réaction de ce système.}

Il informait alors soit des intercepteurs (lesquels ?), soit des missiles Boeing IM-99A Bomarc.


Ce missile, long de 14.20 m, pesait 7 tonnes, dont la charge consistait soit en 454 kg d'explosifs, soit en une bombe nucléaire de 7 kilotonnes. 

Le missile décollait verticalement, une fois que la vitesse de l'air entrant dans ses statoréacteurs était suffisante (environ 400 km/h), ces réacteurs étaient allumés.
L'engin montait alors jusqu'à 20 000 m et accélérait jusqu'à Mach 2.8. 
Une fois arrivé à environ 16 km de sa cible, il devait foncer dessus. 

On prétendit alors que chaque Bomarc descendrait automatiquement son bombardier soviétique et que, en plus, les Bomarc pouvaient tout aussi bien détruire les missiles intercontinentaux rouges. 

On a alors mis en lumière le fait qu'un Bomarc coutait 2 millions de $ Canadiens alors qu'un seul Arrow coûtait plus de 12 millions de cette même devise. 

On oublia, alors et très opportunément, que les Arrow pouvaient répéter leurs actions de chasse au moins 2 fois par jour, de même que leur puissance et leur vitesse étaient destinées à progresser significativement, leur ouvrant de nouveaux rôles, tandis que chaque Bomarc disparaissait inexorablement dès son premier tir.


Les USA, même s'ils connaissaient évidemment la courbe du chien, n'avaient encore strictement rien compris à chacun des problèmes posés par l'interception des missiles.
Même s'ils ont nettement progressé sur ce plan en 2022, ils éprouvent encore quelques difficultés..

Leur publicité pour le Bomarc reposait donc sur un mensonge éhonté : L'ogive d'un missile intercontinental arrive à Mach 20 et parcourt, en gros, 6 kilomètres par seconde. 

Le Bomarc devait monter à 20 000 m pour commencer à agir. Mais il était incapable de monter plus haut. 
Il lui fallait scanner son environnement, identifier la cible et foncer vers elle...

En plus, aucun radar de l'époque ne pouvait suivre la trajectoire terminale d'un missile intercontinental, puisque leurs antennes tournaient majestueusement (donc lentement) sur elles-mêmes.. 



Un F 15 escorte un Tu 95 : Le CF105 Arrow eut fait aussi bien et dans l'indépendance de son pays




Le plus gros menteur (je pourrais écrire le traitre) de cette histoire fut le premier ministre Canadien John Diefenbaker, leader du parti Progressiste Conservateur (sacré oxymore, soit dit en passant !) 

Son parti paya très cher son abandon face aux sirènes US.

L'abandon du projet eut pour résultat la mise au chômage de 30 000 personnes dans l'industrie aéronautique Canadienne.

Le Canada dut, en plus, acheter aux USA, entre 1961 et 1962, 66 avions Voodoo bien moins performants et qui n'étaient pas évidemment gratuits.

Ces avions furent très actifs et rendus (très fatigués) aux USA entre 1970 et 1972. Des Voodoo modernisés les remplacèrent jusqu'à ce que des Northrop F 18 Hornet viennent reprendre leur fonction.

Quitte à utiliser un avion de chasse US, il est difficile de comprendre qu'ils n'aient pas choisi le Convair F 106 Delta Dart, qui pouvait tourner un virage sous 8 g, passait Mach 2.3 (2450 km/h à 12 000 m), montait à 16 000 m en 7 minutes et qui était aérodynamiquement supérieur au F 101 comme au McDonnell F4 Phantom II (celui-ci étant toutefois plus puissant et mieux armé). 


Un problème Britannique

A la fin des années 50, les militaires du Royaume Uni sentaient que que leurs bombardiers V allaient devenir moins performants. 

Ils décidèrent de créer un bombardier bi-sonique de 50 tonnes au décollage, le BAC TSR2.

En regardant cet avion, et en le comparant au CF 105, un de mes lecteurs (commentaire du 13 XI 2022) a mis en évidence la lourde faute des politiciens Britanniques : 
  • L'Avro Arrow aurait parfaitement pu jouer le rôle du TSR 2, moyennant une rallonge en carburant. 
Mais j'imagine que les services US doivent avoir livré à ces décideurs des matelas bourrés de billets verts. 


La volonté d'oublier

Après l'abandon du Arrow, le gouvernement Canadien et le Grand Etat-Major décidèrent la destruction (par la police montée) :
  • de tous les prototypes construits 
  • des cellules des chasseurs en cours d'achèvement 
  • de tous les documents 
  • et même des maquettes aérodynamiques.
Evidemment, on expliqua cette paranoïa par la crainte d'une fuite d'information vers l'Union Soviétique communiste.

Certes, les fuites existent toujours. Mais elles ne sont pas toujours créées par ceux que l'on croit. 

Mais, surtout, le Canada avait perdu le rôle de premier plan qui aurait été le sien. Ainsi, les USA apparaissait comme la superpuissance qu'ils voulaient et veulent toujours être.



Conclusion


J'insiste sur le schéma décisionnel :
  • le pays développe un engin efficace
  • l'avion vole bien,
  • il est efficace,
  • il intéresse des pays étrangers
  • il est supérieur à tous les avions US existants.
  • les élections mettent au pouvoir un personnage minable qui se moque des intérêts de son pays mais qui sait flatter ses électeurs. 
  • Son parti est en général celui qui est le plus démagogue.
  • les USA raflent la mise et vendent leur produit minable...
A peu près en même temps que les Canadiens avaient créé leur Arrow, Marcel Dassault avait sorti son Mirage IV. 

Initialement, cet avion devait, lui aussi, être un chasseur à très long rayon d'action. De ce fait, sa structure supportait d'importantes contraintes.

Cependant, notre pays n'avait pas les moyens pour un tel emploi. 

Notre avion fut donc employé comme vecteur nucléaire et avion espion et il le fit parfaitement.

Quel chance nous avons !



 

vendredi 13 mai 2022

Le Lockheed F 104, très avancé, survendu, totalement inefficace et... suicidaire (révisé le 16 / 10 / 2024 * ***)

Sources : En. Wikipédia et sa version sur le XF 104


Le Lockheed F 104 fut, indéniablement, un avion d'aspect impressionnant, voire futuriste. Donc, un très bel engin.

A ce que l'on lit dans la littérature, l'ingénieur Kelly Johnson qui allait concevoir cet avion, aurait commencé par interroger des pilotes de chasse US qui avaient survécu à la première année de la guerre de Corée. 

Il aurait alors décidé de faire un avion aussi rapide que possible et qui soit doté de la plus forte capacité de vitesse ascensionnelle du moment. 



Prototype XF 104 : Les souris sont encore absentes des entrées d'air du J 79.
Cet avion est plus court et plus léger que le F 104 C de série


L'architecture choisie pour les ailes était très différente de celle choisie par North American pour ses Sabre (F 86) et Super Sabre (F 100). 

Tous les deux employaient des ailes à profil laminaire déployant une flèche de 35° pour le premier (subsonique) et de 45° pour le second (1 400 km/h).

Ils employaient aussi une entrée d'air réacteur Pitot qui simplifiait le travail aérodynamique des concepteurs.

La voilure du F 100 avait une envergure de 11.81 m et une surface de 37.16 m². 

La masse au décollage allant de 13 085 kg à 15 800 kg, cela faisait évoluer la charge alaire de 352 kg/m² (mission chasse) à 425 kg/m² (Close Air Support).



Entrées d'air gauche d'un XF 104 : Pas (encore) de cône interne !


Le but poursuivi par Lockheed était bien plus ambitieux : Passer Mach 2 !

Le prototype du XF 104 fit son 1er vol le 4 Mars 1954. 

Long de 15 m, il avait une masse de 5 200 kg à vide qui passait à 7 120 kg au décollage.

La voilure, de profil biconvexe, avait une envergure de 6.66 m et un dessin de type trapézoïdal isocèle qui devint classique chez Lockheed.

Elle était de faible surface (18.2 m²) et fondée sur un profil très mince (3.36 %). Son envergure représentait 40 % de la longueur totale du fuselage. 

Au lieu de fentes de bord d'attaque, cette aile portait un dispositif modificateur de cambrure qui augmentait la portance à basse et moyenne vitesse. 


Le bord d'attaque, hyper mince (0.41 mm !), imposa d'être recouvert de protections en plastique pour éviter que les personnels au sol ne se blessent en y touchant par inadvertance.

La charge alaire était, alors, de 391 kg/m², ce qui excédait la charge supportée par les chasseurs des autres sociétés US.

Le fuselage était remarquablement fin et, pourtant, les deux entrées d'air alimentant le réacteur ne disposaient alors d'aucun dispositif capable de rejeter l'onde de choc sonique en amont des parois (photo ci-dessus). 

Le moteur choisi devait être le tout nouveau réacteur General Electric J-79. 

Ce moteur étant indisponible, il fut remplacé par un Wright J 65-B3 (version du Sapphire construite aux USA sous licence d'Armstrong-Siddley). 

La première version de ce moteur interdisait de passer Mach 1, mais le J65-W-7 (avec post-combustion) permit d'atteindre M 1.49 à 12 000 m, M 1.6 en piqué. 

L'avion démontra un plafond de 17 000 m.

Le canon Vulcan choisi (de système Gatling) se révéla puissant mais exigea de repenser entièrement son alimentation pour en revenir au système de chargeur (qui ajouta 140 kg à la masse de la cellule !).

Ces deux prototypes furent perdus moins de 2 ans après leur entrée en service...


 
Vers la vie opérationnelle

Le premier des 17 exemplaires de la version pré-opérationnelle YF 104 vola pour la première fois à la mi-Février 1956.

Cet avion était plus long avec 16.68 m. 

Il disposait enfin du réacteur GE J 79 capable de donner 4 400 kg de poussée à sec et 6 900 kg de poussée avec post-combustion.

Ce moteur démontra un certain nombre de problèmes associés, en général, à son système de post-combustion.

L'aile restait la même. 

Néanmoins, l'appareil montait vite et haut, ce qui en faisait un intercepteur efficace, en particulier s'il employait des missiles AIM-9 Sidewinder (les premiers missiles de ce genre à démontrer de l'efficacité).



Profil d'aile d'un Starfighter - Les plaques rouges à chaque extrémité protègent le personnel -
On voit le volet de courbure à gauche et le modificateur de cambrure à droite. 
La structure semble multi-longerons.


Le premier F 104 A de série entra en service le 28 Janvier 1958. La masse à vide avait augmenté de 1 150 kg.

La vitesse maximale atteignait M 2 (= 2 120 km/h à 12 000 m), le plafond opérationnel  était de 15 000 m.

La voilure gardait la même géométrie, mais la charge alaire était maintenant passée à 510 kg /m².

Inutile de dire que la combinaison entre cette énorme charge alaire et le profil d'aile choisi se combinèrent pour rendre l'avion particulièrement peu manœuvrier. 

Certes, un système sophistiqué de soufflage de la voilure tentait de pallier ces difficultés, mais ce système n'était ni fiable ni facile à employer, puisqu'il était inopérant lorsque le réacteur tournait à moins de 85% de son régime  maximal.

Le Starfighter fut cependant un avion très bien vendu, à près de 2 600 exemplaires.

L'USAF en commanda initialement plus de 700 pour l'Air Defense Command. Elle confiait ces chasseurs uniquement à des pilotes qui justifiaient au moins de 1 500 h de vol. 

Par contre, la série fut coupée au 296ème avion, parce que "cet avion n'avait qu'une faible autonomie". Telle était la raison officielle.

Il fallait donc que Lockheed réussisse quand même à vendre les avions en cours de construction à des clients non-Américains.

Ce fut à ce moment-là que l'on commença à comprendre que ce n'était pas pour leurs qualités militaires que ces avions étaient achetés, loin de là, mais pour les pots de vin que les politiciens recevaient. 


En Allemagne, Franz Joseph Strauss en fut un très important bénéficiaire, ce qui peut expliquer les facilités de réélection qu'il connut ensuite. 

Du coup, il commanda 916 F 104.

Il semble avoir déclaré - dans ses mémoires - qu'il avait fait ce choix uniquement pour punir le gouvernement du Général de Gaulle. 

Je ne crois rien de ses déclarations, comme toujours lorsqu'il s'agit d'un politicien. 

En réalité, l'appât du gain fut sa seule motivation, as usual. 

Evidemment, ce type de vente se fit évidemment au détriment des chasseurs concurrents, en particulier du Mirage III. 

Vous lirez de nombreuses justifications données après coup, bien sûr ! 

Une revue Française qui avait connu de longues années d'un travail très sérieux, à commis  un article ad hoc pour conclure que cet engin n'avait pas de mauvais résultats en termes de sécurité ! 


Vie opérationnelle 

Le F 104 entrait dans sa" vie d'avion de chasse" avec nombre d'atouts remarquables :

  • Son réacteur était très puissant ;
  • Son fuselage était particulièrement fin, ce qui allié au point précédent, lui assurait une vitesse considérable ;
  • il disposait d'un excellent radar ;
  • Son armement était puissant et diversifié.
Fabriqué en grand nombre (2 578 exemplaires), il s'est mesuré au combat à nombre d'adversaires mais son palmarès peut vraiment être qualifié de strictement minable. 

Pourtant, lors de ses premiers déploiement, à Taiwan en 1958, puis à Berlin en 1961, la perception de ses exceptionnelles performances en vitesse opérationnelle et en vitesse de pointe impressionna clairement ses adversaires. 

Pour autant, aucun combat n'avait été livré. 

La seule vue d'un spot de F 104 sur les radars soviétiques avait suffit à dissuader d'éventuels attaquants.





La guerre du Viet Nam allait changer la perception que le Monde avait de ce chasseur. 

Deux escadrilles de 24 Starfighter F 104 C, furent déployées sur la très importante base de Da Nang à partir de 1965.

Ces avions jouaient un rôle de protection des F 105 Thunderchief (dont, cependant, la moitié furent perdus) mais aussi des EC 121 (sorte d'AWACS utilisant un L-1049 Super-Constellation comme vecteur physique, voir ci-dessous). 

Les EC 121 purent ainsi amener la destruction de 25 Mig. 

Mais aucun de ces avions ennemis n'avait été abattu par les F 104, bien que ceux-ci aient livré 5 200 combats !




Pire, pendant ces opérations, 14 Starfighter furent détruits. 

Les données de l'USAF ne mentionnent qu'une seule victoire de l'aviation Nord Vietnamienne (par un Mig 19). 

Dix autres destructions furent attribuées à la DCA ennemie, dont 2 par missiles anti-aériens Russes (les seules que je retienne comme telles).

Enfin 3 seraient liées à des pannes moteurs.

Moi, je veux bien, mais les Allemands déformaient déjà ainsi la vérité, puis les Britanniques en firent autant. 

Un avion qui combat réellement risque toujours de recevoir des coups !

Alors, comme le disait un pilote de chasse Français de 1940, "un avion déjà abattu par la Chasse passe ensuite obligatoirement à portée de la DCA !".

Je rajoute que le moteur, dans ce cas, est rarement intact !


En Septembre 1965, à l'occasion de la guerre entre l'Inde et le Pakistan, parfois appelée Seconde Guerre du Cachemire, un pilote Pakistanais de Starfighter revendiqua une victoire sur un Mystère IV Indien. 

Ce fut nié par l'Inde. 

En Janvier 1967, quatre F 104 Taïwanais abattirent un Mig 19 Chinois, mais, ensuite, un Starfighter manquait à l'appel.

En 1971, durant une nouvelle guerre opposant l'Inde et le Pakistan, les pilotes Indiens aux commandes de Mig 21 abattirent au moins 2 Starfighter Pakistanais..


Si on compte sérieusement, le nombre total de victoires de cet avion se comptent sur les doigts d'une seule main !

Par comparaison, les seuls Mirage III Israéliens abattirent 48 avions appartenant à des pays Arabes dans la guerre des six jours de 1967 plus 106 avions dans celle du Yom Kippour de 1973 (et je n'ai pourtant pas intégré les 140 victoires des Nesher, même si ce sont des avions identiques). 

On voit bien que le Starfighter n'était pas un chasseur digne de ce nom.


Un bien mauvais bilan de sécurité 


Plus ennuyeux, la sécurité des vols du F 104 se révéla désastreuse. Cela se traduisit par de nombreux accidents qui entraînèrent 548 pertes humaines. 

Le pays qui vécut le plus mal ce mauvais bilan fut la République Fédérale d'Allemagne (DBR).

Erich Hartmann, pilote de chasse doué du plus grand tableau de chasse de toute l'Histoire (352 victoires), puis chef d'escadre d'avions à réaction de son pays, jugeait, avant même que le Starfighter soit commandé, que cet engin était dangereux et qu'il n'avait pas les qualités de vol indispensables pour combattre. 

Cela déplut fortement à ses chefs qui bloquèrent son avancement plutôt que de suivre son avis.


La RFA perdit 300 machines par accident, dont 269 dans des crashs. A leur bord, 116 pilotes trouvèrent la mort (108 Allemands et, même, 8 instructeurs US). Cela conféra à cet avion le sobriquet de "faiseur de veuves".


Les Belges perdirent 41 de leurs 100 avions (41% !), les Italiens en perdirent 138 sur 368. 


Le taux le plus élevé fut celui des Canadiens avec 110 sur 238 mais cela s'expliquait aussi par un nombres d'heures de vol 3 fois plus important que celui des pilotes Allemands.

Si on regarde le nombre d'avions perdus par tranche de 100 000 heures de vol, on trouve 25 dans l'US Air Force, à comparer aux 12 Mirage III perdus par la Royal Australian Air Force dans le même espace de 100 000 heures de vol.


Ce problème de sécurité semble résulter de la conjonction de multiples facteurs :
(Sources :  Mes 800 heures sur F 104, texte écrit par le pilote d'essai Français Georges Varin et dont je vous recommande la lecture) :

  • Le choix initial par Lockheed d'un siège éjectable ventral, qui interdisait toute éjection à basse altitude.
    • lorsque un siège éjectable Martin-Backer fut enfin installé, il fallut mettre au point un système en plus pour permettre la survie du pilote !
  • Le choix d'une voilure à la fois peu portante et de très faible surface réduisait fortement la capacité de survie du pilote dès lors que l'avion était attaqué car les manœuvres d'esquive n'avaient aucune chance de donner un bon résultat : La seule esquive réellement possible était une fuite éperdue.
  • La mise au point du réacteur General Electric J 79 ne fut pas très rapide et sa post combustion pouvait être capricieuse.
  • Le système de soufflage de la voilure aboutissait à se poser pratiquement plein gaz, ce qui est assez contre-intuitif, sauf pour les pilotes de l'Aéronavale.
  • La qualité de formation des pilotes s'est fait sentir. Malgré tout, si on se souvient qu'un pilote de Harrier devait justifier de 2 000 heures de vol, les 1500 heures exigées par l'USAF démontraient la très grande méfiance de ses responsables.
  • Enormément de vols étaient réalisés à très basse altitude et très grande vitesse, ce qui ne pardonnait pas la moindre distraction.
  • On peut cependant dire que même si son palmarès n'a pas évolué avec le temps, l'avion a été, peu à peu, amélioré par son constructeur et son pilotage a engendré moins de risques pour ses pilotes. Ceci est un point positif pour les forces aériennes impliquées, pas pour les concepteurs de l'avion.
  • Curieusement, ces pilotes gardèrent un souvenir ému de cet avion, comme cela est visible avec Georges Varin. Il est probable que d'avoir passé beaucoup de temps aussi près de la mort sans la subir a été pour eux un très grand évènement.
Je n'ai donc aucune raison d'admirer ses concepteurs, car concevoir un avion de Chasse ne se limite pas à faire un joli travail de soufflerie : On doit penser à la vie du pilote, à limiter sa fatigue, etc.


Conclusion

Marcel  Dassault disait, à ce que l'on rapporte, qu'un bel avion vole toujours bien. 

Pourtant, si le F 104 fut vraiment un très bel avion, il volait mal dès qu'il s'éloignait de la ligne droite !

Sa création a popularisé les cônes d'entrée d'air, les ailes multi-longerons et le soufflage des volets. Ceci est très positif.


Sa beauté et ses performances en ligne droite avaient suffit à dissuader les avions soviétiques comme les avions Chinois de l'attaquer pendant un certain temps. 

J'ignore pourquoi des aviateurs Nord-Vietnamiens ont transgressé ce tabou, mais, lorsqu'ils y sont parvenus, la vraie nature du Starfighter  s'est révélée à tous : Ce super avion n'était pas un chasseur du tout. 


En réalité, il était juste le premier étage du missile qu'il allait lancer sur l'ennemi qu'il suivait.

Il a leurré nombre de politiciens de bas étage, si facilement corruptibles, en particulier en Europe de l'Ouest. 

On pourrait s'amuser à faire la comparaison avec le Morane-Saulnier 406, sauf que le palmarès de ce dernier est considérablement plus élevé que celui du F 104 (et c'est moi qui écrit cela !) et, que, normalement piloté, il ne présentait aucun danger.





dimanche 20 mars 2022

Les curieux bombardiers de nuit de la RAF (1933 -1938) (Révisé le 05 VI 2025 *** *** ***)-



Plusieurs avions Britanniques devaient répondre à une spécification publiée en 1927 pour définir un bombardier de nuit apte à remplacer le Vickers Virginia, entré en service en 1924 pour remplacer les Vickers Vimy de 1918 (dont l'un d'entre eux avait eu l'honneur insigne d'effectuer la première traversée de l'océan Atlantique-Nord à la mi-Juin 1919). 

La maison Vickers présenta le biplan Vickers 150 Vanox qui se révéla très instable et peu performant.

Le vrai gagnant du nouveau concours fut le "plutôt bizarre" Handley-Page Heyford, imposant biplan dont, au décollage, la tête du pilote culminait à 5 m au-dessus du sol.

C'était donc, pour l'époque, un avion de grande taille. Sa structure consistait en une charpente de tubes métalliques (en acier) entoilés.

Long de 17.68 m, il pesait 4 180 kg à vide et 7 666 kg au décollage.

Son envergure était de 22.87 m et la surface alaire atteignait l'énorme  surface de 136.6 m².

Sa charge alaire de 56 kg/m² lui assurait sûrement une excellente capacité de manœuvre, mais aussi la capacité de ressentir très violement les moindres turbulences.

Il était alors animé par deux moteurs Rolls-Royce Kestrel II-S de 525 Cv.

Ces moteurs étaient moyennement bien profilés, en particulier parce que les échappements y avaient subi un habillage pour que leurs flammes ne trahissent pas leur vol dans les nuits obscures.

Il fit son premier vol en Juin 1930.

Il se révéla apte à voler à 230 km/h en pointe. 

Il avait aussi une autonomie de 1 480 km et un plafond de 6 400 m.

Les négociations de désarmement à la Société des Nations, mais aussi les accidents qui frappèrent ses concurrents ralentirent de façon importante le travail sur ces avions.

Bien supérieur aux Virginia, qui volaient au maximum à 175 km/h, cet avion permettait de gagner 55 km/h sur ses prédécesseurs et fut  finalement commandé à 124 exemplaires.

Les versions ultérieures (Heyford II et III) disposaient de moteurs plus puissants qui culminèrent avec la version suralimentée de 695 Cv (le moteur qui anima le Messerschmitt Bf 109 V1) sur le Heyford III (dont j'imagine qu'il pouvait alors voler à près de 260 km/h).

Comme armement offensif, il pouvait emmener 1 134 kg de bombes. 

Mais, pour se défendre, il disposait seulement de 3 médiocres mitrailleuses Lewis de 7.92 mm (V0 de 740 m/s).

En Novembre 1933, la firme Handley-Page livra à la RAF son premier bombardier Heyford I, qui fut intégré dans le squadron 99. 




HP Heyford - Chaque hélice, à 4 pales et à pas fixe, est formée de 2 hélices bipales montées perpendiculairement




Il était annoncé "capable" de bombarder Paris (conformément aux fantasmes imbéciles de l'Air-Marshal Sir Hughes Trenchard).

Par contre, il ne pouvait évidement pas attaquer Berlin, que son rayon d'action de combat rendait totalement inaccessible.

La capitale Allemande étant à plus de 930 km de Londres, pour qu'un avion puisse la bombarder, il lui était nécessaire de disposer d'une autonomie totale d'au moins 2 200 km (pour tenir compte d'un minimum de vent contraire). 




Un Heyford loin derrière deux Avro Anson en Juillet 1940 : le contraste des formes résume bien l'évolution aérodynamique des années 30, même si le Anson n'était pas un avion si bien profilé que cela.



Le Heyford constitua, jusqu'à la toute fin de 1936, l'essentiel du bombardement nocturne Britannique.
 


De nombreux exercices de bombardements simulés à longue distance - dont certains sur des sites Français - furent menés jusqu'à celui qui eut lieu le 12 Décembre 1936. 

Les températures très froides, combinées à une très forte humidité, déclenchèrent le givrage quasi simultané de la totalité des 7 avions du  sq. 102 impliqués dans cet exercice.

Ce dernier exercice se termina par une catastrophe. 

Quatre de ces bombardiers s'écrasèrent au sol, deux autres durent se poser en campagne, le bilan humain s'établissant à 4 morts et 3 blessés !



Handley-Page Heyford, ou : Comment on arrive à faire voler une forêt de mâts !




En 1937, le Heyford commença à être considéré comme dépassé, ne servant plus - officiellement du moins - qu'à l'entraînement des jeunes personnels navigants

Néanmoins, au moment de la Crise des Sudètes (1938), six squadrons de Heyford furent maintenus en alerte (Ital. Wikipédia, Mars 2022).

Juste pour info : Fin 1934, l'Armée de l'Air  avait mis en service le Bloch 200 (285 km/h). 
 



Le second avion dont j'ai choisi de vous entretenir apparait comme beaucoup plus moderne et, même, à mon très humble avis, c'est lui qui aurait dû être déclaré vainqueur du concours. 

Il s'agit du Fairey Hendon, monoplan à aile basse.




Fairey Hendon-  Un  aspect très moderne, des moteurs bien carénés mais sans compresseurs, des ailes présentant une énorme épaisseur, un fuselage entoilé et des hélice à pas fixe : Périmé dès 1937.


Cet avion avait une longueur de 18.52 m  pour une masse de 5 800 kg à vide et de 9 070 kg au décollage.

La voilure avait une envergure de 31 m et une surface totale de 106.5 m², ce qui assurait une charge alaire de 85.2 kg/m².

La cellule, semblait préfigurer celle de l'Armstrong-Siddley Whitley, sans souffrir pour autant de ses 8.5° de cabrage, liés à l'absence initiale de volet d'atterrissage sur le Whitley.

Le train classique était pantalonné et aucun effort ne fut fait pour voir ce qu'aurait apporté un train éclipsable.

Cet avion était motorisé par 2 Rolls-Royce Kestrel VI. 

Comme à son collègue traité plus haut, on lui refusa les hélices à pas variables...

Cela entraîna une vitesse de pointe de 250 km/h obtenue à 4 500 m d'altitude (Source De. Wikipedia).

Il avait une autonomie de 2 200 km à 215 km/h de croisière et un plafond de 6 500 m. En théorie, il pouvait visiter Berlin.

Il montait à 2 000 m en un peu plus de 9 minutes.

Si cet avion avait de meilleures performances que le HP Heyford, l'aviation de bombardement nocturne des autres pays  avait fait de gros progrès et rares étaient les avions qui ne passaient pas les 300 km/h.

Le bombardier Hendon II fut construit en 14 exemplaires seulement...

Les Britanniques, abandonnèrent aussi le Hendon au profit de l'Armstrong-Whitworth Whitley qui volaient 100 km/h plus vite et portait plus loin presque 3 fois plus de bombes. 

Dans tous les cas, on peut s'interroger sur ce que les deux bombardiers présentés ici auraient pu réaliser en cas de guerre contre l'Allemagne, car ils eussent probablement éprouvé des difficultés à rentrer chez eux avant la fin de la nuit !

Une autre source de réflexion consiste à  comparer ces avions de bombardement nocturnes Britanniques avec leurs cousins du même pays et servant au transport militaire.


Ce que le présent article montre, à mon humble avis, c'est que les responsables Britanniques ne regardaient pas du tout ce que les autres pays fabriquaient. Etonnant, non ?