La vitesse allait de 380 km/h au sol à 425 km/h à 2 500 m.
L'autonomie était de l'ordre de 6 à 700 km.
Le plafond, au mieux, atteignait 6 000 m.
L'armement principal commença avec deux canon de 20 mm, qui furent remplacés par des canons de 23 mm puis, enfin, par deux canons de 37 mm.
Cet avion se montra très efficace contre l'ensemble des dispositifs Allemands du Champ de Bataille.
Les soldats Allemands le surnommaient "l'avion en béton". Il eut donc un rôle essentiel pour sauver l'Armée Rouge. Il fut construit jusqu'en 1950.
Une querelle est faite à cet avion par des auteurs Anglophones qui disent que l'Il 2 n'était pas aussi utile contre les chars qu'on l'a dit.
Je n'ai aucune raison de leur faire confiance sur ce point, pas plus que je n'ai confiance dans les écrits qui ont des opinions similaires sur le rôle anti-chars des Hawker Typhoon.
Ce type d'écrits rappelle ceux des partisans des cuirassés qui refusaient de "croire" aux expériences de Doolittle.
Toujours est-il que 36 000 de ces appareils furent construits !
Beaucoup furent perdus parce qu'ils étaient une cible privilégiée pour les chasseurs Allemands mais eux-mêmes furent des "chasseurs" efficaces contre les transporteurs Germaniques.
Les USA, le 7 Décembre 1941, n'avaient aucun "nettoyeur" dans leur panoplie.
Ils se contentèrent de l'usage alterné de leurs chasseurs et de leurs bombardiers.
Le Lockheed P 38 était assez efficace dans ses missions de strafing, grâce à sa vitesse, à son grand rayon d'action et son canon HS 404 de 20 mm mais il était très vulnérable.
A l'époque, les USA étaient dans l'ère des tapis de bombes qu'ils déversaient joyeusement avec des B 17 et des B 24 sur l'Allemagne (voire surtout sur la France) et avec des B 29 sur le Japon.
L'imprécision de leurs interventions éveillait bien peu d'échos chez eux.
Toujours est il qu'en 1944, la maison Douglas se lança dans la conception d'un successeur à son excellent bombardier en piqué SBD Dauntless, pour détruire les derniers porte-avions Japonais
Le nouvel appareil était plus imposant, bien que toujours monomoteur.
Il fit son premier vol le 18 Mars 1945.
Il avait une longueur de 11.83 m, avec une masse de 5430 kg à vide et de 8 140 kg au décollage (11 340 kg au maximum).
L'envergure atteignait 15.24 m et la surface des ailes totalisait 37.16 m².
Le moteur Wright R-3350 de 18 cylindres en étoile développait 2 700 Cv.
La vitesse maximum allait de 515 à 550 km/h suivant les versions.
A 320 km/h de croisière, il pouvait parcourir 2 100 km.
Armé de 4 canons de 20 mm, il pouvait emmener jusqu'à 3 600 kg de bombes.
Cet avion fut hébergé d'abord sur le porte-avions Valley Forge (CV 45).
Ainsi, lorsque la Guerre de Corée commença, le 25 Juin 1950, ce navire était à Hong Kong, ce qui lui permit de devenir le navire amiral de la Flotte de l'ONU.
Juste 8 jours plus tard, les Skyraider de ce navire, sous la protection de F9F Panther à réaction, effectuèrent leur première opération militaire en détruisant les avions et les bâtiments d'une base Nord Coréenne située à Pyongyang.
Si la puissance de feu de cet avion était pour le moins impressionnante, les opérations à basse altitude furent coûteuses à tous points de vue.
On comprit alors l'intérêt de lui adjoindre 280 kg de blindage (!).
Un total de 128 Skyraider furent perdus dans cette guerre, dont un cinquième auraient été victimes du fort couple moteur au décollage…
Notre Armée de l'Air acheta plus d'une centaine de ces avions en 1956 mais ils n'intervinrent dans la Guerre d'Algérie qu'en 1958, ce qui semble indiquer plus que des réticences du côté Américain.
Ces avions furent également employés à très grande échelle par les USA dans la guerre du Viet Nam, en particulier lors des opérations de récupération de pilotes descendus.
Près de 3 200 en furent construits.
Le dernier d'entre eux fut retiré du service actif en 1985 au Gabon.
Ce fut donc un avion très utile et adoré par ses pilotes. Sa durée de vie de 40 ans a démontré clairement son excellente conception.
La France a connu largement sa part de la Guerre Froide entre le Camp des Pays dits Socialistes, mené par l'URSS, et le Camp dit Occidental, mené par les USA.
Au moment de la création de l'Alliance Atlantique, en 1949, les moyens militaires soviétiques impressionnaient considérablement par l'immensité du nombre de chars, leur puissance de feu et leur coordination avec des moyens aériens pertinents.
(Ayant assisté personnellement à l'entrée des troupes soviétiques à Prague, le 22 Août 1968, je peux dire que tous les gens qui m'entouraient à ce moment-là étaient eux-mêmes particulièrement impressionnés, et donc immensément silencieux.)
A la fin de la Guerre de Corée, il exista une velléité Américaine de lancer une guerre nucléaire qui s'effondra, heureusement, avec la prise de pouvoir du Général D. Eisenhower.
Restait à trouver le moyen de lutter contre des milliers de chars.
Notre industrie arriva à sortir un excellent char léger, l'AMX 13 qui avait le moyen de neutraliser un char lourd ennemi (à condition d'avoir des équipages bien entrainés).
Cela ne réglait pas tous les problèmes puisqu'avant que nos chars arrivent au contact de ceux de l'ennemi, il fallait déjà savoir où était précisément cet ennemi et, même, essayer, dès sa découverte, de l'affaiblir.
Cela imposait un avion d'exploration relativement rapide mais discret.
En plus, si cet appareil était découvert par l'ennemi, il fallait, autant que faire se pouvait, qu'il puisse ramener son équipage en sécurité.
Henri Potez, présenta à cet effet un concept particulièrement osé : Le Potez 75 qui fit son premier vol le 10 Juin 1953.
Son idée de base était de produire en grande quantité un avion léger au pilotage particulièrement facile et sain.
Il avait d'emblée reçu un sérieux blindage.
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Potez 75 - dernière configuration (Mai 1957)
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L'envergure était de 13.10 m et la surface alaire totalisait 22.95 m².
La charge alaire approchait les 110 kg/m².
La vitesse de pointe frisait les 300 km/h à 3 000 m et passait les 275 km/h au niveau de la mer.
A 3 000 m, les charges externes (missiles) attachées sous les ailes réduisaient la vitesse de pointe à 275 km/h.
La vitesse de montée à 400 m d'altitude atteignait 7.7 m/s mais la montée à 3 000 m demandait 10'.
Le plafond pratique atteignait 8 600 m.
L'autonomie était de 780 km et le rayon d'action était de 330 km.
Les patrouilles pouvaient durer jusqu'à 3 heures et 30 minutes.
Notons que le Potez 75 avait été équipé d'un coupe-câbles bien utile pour le vol en rase-mottes.
Nous avons les impressions de pilotage que nous a laissées, dans Aviation Magazine #91 (Février 1954), le journaliste Jacques Noetinger (ami personnel de mon propre instructeur Joachim Litwa et, comme lui, pilote de chasse qualifié sur P 47 formé aux USA entre 1943 et 1945).
Débutant son essai à la place d'observateur, il s'extasie devant la visibilité qui s'ouvre devant lui :
"je suis installé comme un prince au balcon.
(...)
Tout est blindage, les glasses épaisses complètent les plaques d'acier."
(...)
"Je suis parfaitement à l'aise ici, la température est agréable et la visibilité est sensationnelle.
(...)
Ce que je veux savoir, c'est si, oui ou non, un jeune pilote de club peut, comme le prétendent MM Potez et Delaruelle, partir sur cet avion, non seulement sans risquer de casser la machine, mais en l'utilisant efficacement.
Je suis un peu sceptique car, après tout, cet avion pèse 2400 kg et on ne manie pas, à mon avis, un taxi de plus de deux tonnes comme un Stampe ou un Piper Cub."
(...)
"Je sors 18° de volets, je m'aligne et, freins lâchés, je pousse les gaz sans brutalité, mais sans paresse, car je tiens à voir si le couple gyroscopique agit.
L'avion part droit. Je sais que jusqu'à 60 km/h, le palonnier ne répond pas et, pourtant, je n'ai pas à utiliser les freins.
(...)
A 100 km/h, environ, je quitte le sol après moins de 150 m de course. (...)
Je tiens ma vitesse à 170 km/h et monte à plus de 1 400 ft/min (7.7 m/s).
L'avion est très cabré, mais parfaitement stable et il grimpe, grimpe, grimpe comme un ascenseur.
(...)
A la suite de trois exercices de décrochage consécutifs, mon altimètre a atteint 750 m.
J'ai gagné 560 m en faisant l'étude des décrochages !
(...)
Maniabilité, souplesse, centrage, efficacité des commandes (ailerons surtout), même à faible vitesse, [sont] excellents et même exceptionnels pour un avion de ce tonnage.
(...)Enfin, je réponds oui à la question posée au début de cette étude. Un garçon qui a 30 heures de Stampe peut partir sans aucun risque sur le Potez 75.
(...)
En vol, il ne sentira ni perdu ni dépaysé. Il s'apercevra vite qu'il a entre les mains un avion sans vice, qui pardonne et qui, avec une exquise modestie, fait oublier son poids !
Est-ce à dire qu'après quelques tours de piste, il pourra se servir du Potez 75 pour aller attaquer des chars en volant à 25 m du sol ?
(...)
C'est une question d'entraînement tactique, chose valable sur tous les avions d'armes. Le rase-mottes ne s'improvise pas, il s'apprend !"
Le compte-rendu du CEV (Prototypes de l’aviation Française 1945-1960, par JC Fayer, 2002
E-T-A-I,) qui date de 1953, est nettement moins favorable.
On y annonce que l'avion porte 4 Nord SS 11, mais les excellentes photographie montrent toutes de simples Nord SS 10.
La vitesse maxi au niveau de la mer y était donnée pour 237 km/h.
L'essai de Noetinger est sûrement intervenu sur un avion clairement modifié et sa conclusion éclaire de façon particulière le refus du CEV.
Cet avion devait attaquer les hordes de chars avec le missile Nord SS 10 (issu d'un engin X7 Germanique) et très bon marché puisqu'il coûtait 340 FF pièce en 1955 (le salaire minimum de l'époque était de l'ordre de 40 000 FF).
A l'époque, si les missiles de grande taille pouvaient être radioguidés (quoique...), les missiles antichars Français étaient bien trop petits pour cela (15 kg au lancement), l'électronique de l'époque étant très, très loin des circuit intégrés, voire des transistors (!) .
Les fils de guidage transmettaient l'information nécessaire qui provenait d'un joystick (mot encore totalement inconnu à l'époque) et qui agissait par l'intermédiaire de l'électronique de la station de tir (électronique à lampe et totalement dépourvue d'informatique) .
En outre, la phase finale devait se faire avec des jumelles inutilisables pendant le démarrage. Bonjour l'Ergonomie !
(les militaires US, refusèrent de s'impliquer dans le SS 10 vers 1953-55, mais ils le trouvèrent efficace en 1958 et l'achetèrent).
Le tir depuis le Potez 75, en ajoutant la vitesse de l'avion à celle du missile, devait nécessairement amener ce dernier à voler bien plus vite que les 80 m/s obtenus depuis un poste de tir fixe.
Evidement, les commandes de l'engin n'avaient pas été dimensionnées pour encaisser les efforts induits par une vitesse de vol bien supérieure à la vitesse initialement prévue.
De plus, un tireur parfaitement entrainé sur poste fixe, une fois en place sur l'avion en vol, n'avait plus aucun accès aux repères visuels et temporels qui étaient les siens jusqu'alors.
Par contre, les hélicoptères légers style Djinn ou Alouette II, capables, par nature, de faire du vol stationnaire, pouvaient naturellement tirer des SS 10 !
En février 1954, le concept tactique lié à l'association Nord SS 10 / Potez 75 était complètement abandonné, peu de temps avant l'émergence de missiles plus adapté.
Mais ce soi-disant échec du Potez 75 n'avait aucun sens.
Quelques temps après, il fut envoyé pour combattre dans la Guerre d'Algérie où il excella, sa stabilité lui permettant des tirs efficaces et son blindage lui permettant d'ignorer les tirs d'armes légères.
Un cheval de bois à l'atterrissage permit de comprendre qu'une balle avait coupé une canalisation du circuit de freinage, alors que l'équipage n'avait même pas eu conscience d'être sous le feu !
Si l'abandon du Potez 75 pour lutter contre les chars ne semble pas du tout rationnel, on peut dire que, dans cette fragile IVème République, le choix astucieux de Henri Potez en faveur d'un avion hyper facile à piloter pouvait être vu (en haut lieu) comme permettant à des gens peu éduqués d'avoir accès à des armes puissante, voire politiquement décisives.