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samedi 27 août 2022

L'abandon scandaleux du chasseur Canadien Avro CF 105 Arrow (révisé le 28 09 2024 *** ***)

{Les données dont je suis parti proviennent essentiellement de l'article Wikipedia de langue Anglaise tel qu'il était le 21 Août 2022. }


Point de départ


En 1953, la RCAF (Royal Canadian Air Force) sortait de 3 ans de guerre de Corée. 

La Guerre Froide était donc à son maximum et, pire encore, on venait de découvrir que l'URSS venait de mettre au point deux excellents bombardiers stratégiques capables de délivrer à ses ennemis de vraies bombes nucléaires.

Le premier fut le Tupolev 16 à réaction, le second fut le Tupolev 95 à hélices. 
A l'époque, ces deux bombardiers, tous les deux subsoniques, étaient remarquables (le Tupolev 95 vole toujours, provoquant des sorties de chasseurs OTAN partout où ses pilotes le mènent), dépréciant définitivement le Convair B 36 Peacemaker du Strategic Air Command,  incapable de résister aux chasseurs Mig 15.

Avro-Canada avait créé le CF 100, qui, depuis peu, protégeait efficacement les immenses étendues Canadiennes. Mais ses performances n'excédaient pas vraiment celles des bombardiers soviétiques. 

A la même période, on pensait déjà à des avions plus rapides, largement supersoniques. Chez nous, par exemple, en 1951, l'ingénieur Lucien Servanty commençait la conception d'un intercepteur propulsé par fusée, le SO 9000 Trident., qui démontra sa capacité de voler aisément à près de Mach 2. Marcel Dassault lance l'étude d'un avion à aile delta, le Mirage MD 550, à propulsion comparable à celle du Trident.
Les USA rêvaient au Lockheed F 104, de sombre mémoire. 

La RCAF demanda donc à Avro-Canada de sortir un chasseur bien plus rapide que le CF 100. 



Ainsi commença l'épopée du CF 105 Arrow, meilleur chasseur Mach 2 de toute l'Amérique du Nord jusqu'à la sortie du F 15 puis du F 16, 20 ans plus tard. 

Au départ, tout se passa très bien. Les responsables du bureau d'étude d'Avro choisirent une voilure delta pour assurer une traînée minimale, en particulier aux très hautes vitesses. 

Ce type de voilure offre aussi un volume interne plus grand (carburant, armes, etc) que celui des autres solutions. 

Les Anglo-Saxons attribuent l'aile delta à l'Allemand A. Lippisch, mais il suffit de regarder son projet P.13a de 1944 pour voir tout ce qu'il avait reçu du projet du Français Nicolas Rolland Payen 22 conçu pour la coupe Deutsch de la Meurthe de 1939 (avec son delta à 67° et un plan canard antérieur).

Certes, on pensait alors que ce type de voilure pouvait être inadapté aux combats à la Japonaise, par rapport à d'autres configurations. 

Mais l'appareil devait être un intercepteur, donc la maniabilité devenait moins essentielle.

Pour des raison de rapidité de ravitaillement au sol (carburant + munitions), la voilure fut choisie haute.

En Avril 1953, le constructeur se faisait fort d'obtenir les performances suivantes :
  • l'avion, bimoteur, aurait un équipage de 2 hommes ;
  • il  décollerait d'une piste de 1 800 m ;
  • Le rayon d'action de combat irait de 550 km à 370 km suivant la vitesse choisie ;
  • La vitesse de pointe serait de Mach 1.9 à 15 000 m d'altitude ;
  • La montée à 15 000 m prendrait un peu plus de 4 minutes
  • A cette même altitude, l'avion pouvait réaliser des virages sous 2 g sans perdre d'altitude.
Tout cela était plus qu'inhabituel. 

La concurrence US ne tenait pas du tout la comparaison.



En 1955, la RAF évalua le Arrow en tant que chasseur tous-temps. Les performances du futur chasseur étaient confirmées, voire améliorées. 

Le rayon d'action de combat était de 750 km à grande vitesse et de 1170 km à basse vitesse. En vol de transfert, l'autonomie approchait les 2 800 km.

Les moteurs choisis pour les essais furent des P&W J 75 de 78 kN au décollage.
La méthode de création de la production en série partait, ici, de la construction de 5 avions de présérie qui allaient faire tous les essais. 

Tout problème entrainant des modifications structurales était clairement répertorié et documenté mais les modifications n'entreraient que dans la structure des futures avions de série, pour gagner du temps et de l'argent.

L'essentiel des modèles aérodynamiques furent essayés en collaboration avec les USA, y compris en travaillant avec le NACA (et non la NASA, qui n'a repris les activités du NACA  que le 1er Octobre 1958).

L'avion intégrait de nombreuses nouveautés (loi des aires, servocommandes, système de stabilité augmentée, etc).


En Vol

L'avion commença ses essais le 4 Octobre 1957.


4  4ème prototype du CF 105 Arrow - Hiver 1958-1959 - 
La configuration générale préfigure celle du MIG 31 tri-sonique



Il avait une longueur de 23.70 m, sa masse passait de 22 250 kg à vide à 25 800 kg au décollage et elle passait à 31 tonnes au maximum.

La voilure, de 114 m², lui assurait une charge alaire modeste de 227 kg/m². 

Les deux réacteurs P&W J75-P-3 délivraient 7300 kg de poussée à sec et 10 500 kg de poussée avec post-combustion.

Il était prévu que ces réacteurs soient remplacé par de Orenda TR 13 Iroquois de 13 tonnes de poussée chaque.

Le premier vol stricto sensu fut réalisé le 25 Mars 1958. 

Aucun problème sérieux ne fut découvert.

Au contraire, l'Arrow  démontra rapidement d'excellente propriétés de vol. il fut supersonique à son 3ème vol. 

Quatre vols plus tard, il démontrait 1 600 km/h à 15 000 m alors qu'il volait encore en montée.

Un rapport d'Avro publié en 2015 confirma que le CF 105 avait bien passé Mach 1.90 en vol horizontal.

La vitesse atteinte à cette occasion fut de 2104 km/h.

En croisière, il volait à 980 km/h. 

Le plafond pratique atteignait 16 000 m.

Le rapport poussée poids atteignait 0.825, ce qui était bien plus fort que ceux de ses rivaux contemporains.

Certes, on trouva bien de problèmes mineurs dans le train d'atterrissage comme dans d'autres systèmes mais l'Arrow était vraiment sur le point d'être commandé en série.

Autrement dit, cet avion qui impressionnait tous les spécialistes contemporains était une grande réussite. 

C'était d'autant plus remarquable que ce chasseur était un avion stratégique (puisque réellement capable d'éliminer des bombardiers nucléaires soviétiques) qui était né dans un pays peu considéré au sein des nations Anglo-Saxonnes.

Néanmoins, cet avion disposait uniquement de missiles Hughes AIM-4 Falcon dont on sait parfaitement qu'ils n'ont pratiquement jamais abattu d'avion, ce qui devint patent pendant la Guerre du Vietnam.

{Les USA ayant alors récusé les canons montés sur avion se trouvèrent assez démunis...}


La cabale anti-CF 105

Certaines caractéristiques des chefs militaires suprêmes, qu'ils soient civils (ministres) ou militaires (officiers généraux) résident dans leurs préoccupations politiques, ou plutôt politiciennes.

Nous, Français, avons lourdement payé ce genre de pratique par notre défaite du 24 Juin 1940.

La première préoccupation des personnes que je viens d'évoquer était que leur arme soit la mieux dotée possible. 

Ce fut le cas de notre Marine Nationale lorsque Georges Leygues était ministre de la Marine.. 

De même, dans le cas du CF 105 qui nous intéresse, les chefs d'état-major de la Marine et de l'Armée de Terre Canadienne, découvrant l'importance du financement du programme du chasseur Arrow, poussèrent de grands cris d'orfraie. 

Théoriquement, pourtant, si les bombardiers subsoniques soviétiques étaient arrivés au dessus du Canada, ni les bateaux ni les chars Canadiens n'auraient plus servis à rien. 

Seuls des avions de chasse rapides et bien pilotés pouvaient les empêcher de passer.

La seconde préoccupation est que ces personnages lorgnent souvent un rôle politique (le plus puissant possible). 

Pour eux, l'intérêt réel de la Nation devient alors secondaire, voire négligeable. 

Pour éviter de toujours critiquer nos décideurs Français, un bel exemple réside dans les grands chefs de l'Armée Impériale Japonaise de 1941-42, qui ne tinrent aucun compte de la vraie situation stratégique. 

En conséquence, leur entrée en guerre contre l'Amérique avait été pensée sans tenir aucun compte des réalités, mais en créant juste ce qu'il fallait de rage meurtrière aux USA pour que le Japon finisse par recevoir 2 bombes nucléaires. 

Ils n'avaient rien compris à l'intérêt réel du peuple Nippon.

On peut aussi compléter ce tableau en rappelant que certains militaires de haut rang peuvent, dans certaines circonstances, succomber à l'appât du gain pour favoriser un constructeur en particulier. 

Mais pour que des êtres humains soient corrompus, il faut qu'ils soient confrontés à un corrupteur.

Il se trouve, justement, que les USA avaient créé une structure de veille aérienne très sophistiquée (du moins, en apparence) avec une op room qui impressionnait beaucoup les âmes sensibles.

Une réunion commune des grands états-majors Canadiens et US se termina par la création du NORAD. 
Dans cette organisation, évidemment, les USA se taillaient la part du lion : Ils commandaient tout et disposaient d'un QG (base Ent) dans les Cheyenne mountains. 




Le lancement très réussi de plusieurs satellites soviétiques à partir de l'Automne 1957 (au moment même où les lanceurs US échouaient systématiquement) entraîna un changement de réflexion chez les décideurs Américains : Les Russes allaient très certainement préférer lancer des missiles balistiques ultra-rapides (Mach 15 à 20) plutôt que des bombardiers lents et lourds.
Mieux valaient donc tout miser sur des missiles.

Il fallut un certain temps pour que certains militaires soulignent aux gouvernants qu'une fois un missile lancé, il suit fidèlement sa route in extenso, sans aucun remords, tandis que l'équipage d'un avion peut recevoir l'ordre de revenir à la base avant de déclencher l'Apocalypse ! 
(C'est pourquoi la France dispose toujours d'une force de dissuasion pilotée en plus de sa Force Océanique Stratégique.)

Les USA avaient développé le projet SAGE pour donner une réponse entièrement automatisée à une agression aérienne soviétique. 
Les stations SAGE DC (Direction Center) comportaient le nec plus ultra des ordinateurs IBM FSQ-7, dont chacun s'étalait sur 2 000 m² et avait à peine la puissance d'un smartphone !




Cet ordinateur définissait (officiellement) la trajectoire à suivre pour déterminer qui allait répondre à la menace.

Bien sûr, cela pouvait impressionner les quidams de la période 1955-1964. 
{Personnellement, sachant que le tout était programmé (au mieux) en Fortran et que cela passait par des cartes perforées manuellement sur des télétypes, je suis vraiment très sceptique sur la rapidité de réaction de ce système.}

Il informait alors soit des intercepteurs (lesquels ?), soit des missiles Boeing IM-99A Bomarc.


Ce missile, long de 14.20 m, pesait 7 tonnes, dont la charge consistait soit en 454 kg d'explosifs, soit en une bombe nucléaire de 7 kilotonnes. 

Le missile décollait verticalement, une fois que la vitesse de l'air entrant dans ses statoréacteurs était suffisante (environ 400 km/h), ces réacteurs étaient allumés.
L'engin montait alors jusqu'à 20 000 m et accélérait jusqu'à Mach 2.8. 
Une fois arrivé à environ 16 km de sa cible, il devait foncer dessus. 

On prétendit alors que chaque Bomarc descendrait automatiquement son bombardier soviétique et que, en plus, les Bomarc pouvaient tout aussi bien détruire les missiles intercontinentaux rouges. 

On a alors mis en lumière le fait qu'un Bomarc coutait 2 millions de $ Canadiens alors qu'un seul Arrow coûtait plus de 12 millions de cette même devise. 

On oublia, alors et très opportunément, que les Arrow pouvaient répéter leurs actions de chasse au moins 2 fois par jour, de même que leur puissance et leur vitesse étaient destinées à progresser significativement, leur ouvrant de nouveaux rôles, tandis que chaque Bomarc disparaissait inexorablement dès son premier tir.


Les USA, même s'ils connaissaient évidemment la courbe du chien, n'avaient encore strictement rien compris à chacun des problèmes posés par l'interception des missiles.
Même s'ils ont nettement progressé sur ce plan en 2022, ils éprouvent encore quelques difficultés..

Leur publicité pour le Bomarc reposait donc sur un mensonge éhonté : L'ogive d'un missile intercontinental arrive à Mach 20 et parcourt, en gros, 6 kilomètres par seconde. 

Le Bomarc devait monter à 20 000 m pour commencer à agir. Mais il était incapable de monter plus haut. 
Il lui fallait scanner son environnement, identifier la cible et foncer vers elle...

En plus, aucun radar de l'époque ne pouvait suivre la trajectoire terminale d'un missile intercontinental, puisque leurs antennes tournaient majestueusement (donc lentement) sur elles-mêmes.. 



Un F 15 escorte un Tu 95 : Le CF105 Arrow eut fait aussi bien et dans l'indépendance de son pays




Le plus gros menteur (je pourrais écrire le traitre) de cette histoire fut le premier ministre Canadien John Diefenbaker, leader du parti Progressiste Conservateur (sacré oxymore, soit dit en passant !) 

Son parti paya très cher son abandon face aux sirènes US.

L'abandon du projet eut pour résultat la mise au chômage de 30 000 personnes dans l'industrie aéronautique Canadienne.

Le Canada dut, en plus, acheter aux USA, entre 1961 et 1962, 66 avions Voodoo bien moins performants et qui n'étaient pas évidemment gratuits.

Ces avions furent très actifs et rendus (très fatigués) aux USA entre 1970 et 1972. Des Voodoo modernisés les remplacèrent jusqu'à ce que des Northrop F 18 Hornet viennent reprendre leur fonction.

Quitte à utiliser un avion de chasse US, il est difficile de comprendre qu'ils n'aient pas choisi le Convair F 106 Delta Dart, qui pouvait tourner un virage sous 8 g, passait Mach 2.3 (2450 km/h à 12 000 m), montait à 16 000 m en 7 minutes et qui était aérodynamiquement supérieur au F 101 comme au McDonnell F4 Phantom II (celui-ci étant toutefois plus puissant et mieux armé). 


Un problème Britannique

A la fin des années 50, les militaires du Royaume Uni sentaient que que leurs bombardiers V allaient devenir moins performants. 

Ils décidèrent de créer un bombardier bi-sonique de 50 tonnes au décollage, le BAC TSR2.

En regardant cet avion, et en le comparant au CF 105, un de mes lecteurs (commentaire du 13 XI 2022) a mis en évidence la lourde faute des politiciens Britanniques : 
  • L'Avro Arrow aurait parfaitement pu jouer le rôle du TSR 2, moyennant une rallonge en carburant. 
Mais j'imagine que les services US doivent avoir livré à ces décideurs des matelas bourrés de billets verts. 


La volonté d'oublier

Après l'abandon du Arrow, le gouvernement Canadien et le Grand Etat-Major décidèrent la destruction (par la police montée) :
  • de tous les prototypes construits 
  • des cellules des chasseurs en cours d'achèvement 
  • de tous les documents 
  • et même des maquettes aérodynamiques.
Evidemment, on expliqua cette paranoïa par la crainte d'une fuite d'information vers l'Union Soviétique communiste.

Certes, les fuites existent toujours. Mais elles ne sont pas toujours créées par ceux que l'on croit. 

Mais, surtout, le Canada avait perdu le rôle de premier plan qui aurait été le sien. Ainsi, les USA apparaissait comme la superpuissance qu'ils voulaient et veulent toujours être.



Conclusion


J'insiste sur le schéma décisionnel :
  • le pays développe un engin efficace
  • l'avion vole bien,
  • il est efficace,
  • il intéresse des pays étrangers
  • il est supérieur à tous les avions US existants.
  • les élections mettent au pouvoir un personnage minable qui se moque des intérêts de son pays mais qui sait flatter ses électeurs. 
  • Son parti est en général celui qui est le plus démagogue.
  • les USA raflent la mise et vendent leur produit minable...
A peu près en même temps que les Canadiens avaient créé leur Arrow, Marcel Dassault avait sorti son Mirage IV. 

Initialement, cet avion devait, lui aussi, être un chasseur à très long rayon d'action. De ce fait, sa structure supportait d'importantes contraintes.

Cependant, notre pays n'avait pas les moyens pour un tel emploi. 

Notre avion fut donc employé comme vecteur nucléaire et avion espion et il le fit parfaitement.

Quel chance nous avons !



 

samedi 3 août 2019

Le passionnant challenge de Franky Zapata



Le 14 Juillet dernier, j'ai découvert sur ma télévision les évolutions stupéfiantes que pouvait réaliser Franky Zapata avec son Flyboard Air.



Quelques rappels 


Comme la plupart des gens de ma génération intéressés par les choses de l'air, j'avais vu aux actualités cinématographiques, vers 1954, voler le chasseur Convair XFY Pogo. 

Il volait très bien, décollait verticalement sans problème apparent, mais l'atterrissage semble avoir exigé un pilote de très grande classe, en particulier pour des problèmes de visibilité de son environnement immédiat. 

Il fut éliminé parce que des technocrates disaient qu'il ne ferait pas le poids face aux jets bi-soniques...

Peu après, on vit les images d'une plate-forme à hélices Hiller qui devait révolutionner la vie des troupes US, présenté comme un moderne tapis volant. On n'en a plus parlé ensuite.

Plus tard, nous avons vu les jet packs, qui permettaient de franchir quelques centaines de mètres. James Bond avait popularisé la chose en s'envolant du château d'Anet, entre Houdan et Pacy-sur-Eure, de cette manière !


Depuis, on voyait des gens de très grand talent et de très grand courage voler avec des ailes équipées de réacteurs. Oui, c'était magnifique.

Par contre, pour se poser, moi, je n'ai vu que des parachutes.

Je ne doute pas que l'on va introduire un jour des éléments d'exosquelette pour qu'ils essayent d'atterrir comme des oiseaux. 

M'est avis que nous avons du temps avant que cela marche.   


Course d'obstacles 


Par contre, Mr Zapata a réalisé son Flyboard Air et il a démontré devant des millions de spectateurs qu'il le maîtrisait parfaitement.

J'ai donc tenu à le voir décoller de Port Blériot le 25 Juillet, le jour de la plus grande chaleur mesurée en Europe depuis que l'on pratique de telles mesures. 

Cela n'allait pas dans le bon sens. 

Nous étions quand même là et nous l'avons vu foncer comme une flèche vers Albion.

Las, dans la suite logique du fonctionnement de nos administrations, la DGAC (Direction Générale de l'Aviation Civile) avait interdit la solution de ravitaillement en vol proposée par Mr Zapata.


D'après notre Wikipédia, le même organisme avait, vers 2015, interdit les vols de Flyboard Air en France parce que Mr Zapata n'avait pas de brevet de pilote ! 

Mais, MM. de la DGAC, des millions d'oiseaux et d'insectes volant ici-bas n'ont pas non plus leur brevet de pilote ! 


Mr Zapata a appris à voler à l'instinct, comme eux. 

Mr Gabriel Voisin, MM Farman, etc, n'avaient pas non plus leur brevet et ils ont inventé l'Aviation.

Je vois deux mobiles possibles à ce comportement de la DGAC :
  • Obtenir des sous pour Bercy ;
  • Se couvrir en cas d'accident.

Pour avoir obtenu moi-même ce papier en 1989, je sais que ce qui compte pour être un vrai pilote, n'est pas ce papier, mais le nombre réel des heures de vol !

Tout ce qui est nouveau, par définition, ne peut pas être réglementé, et le règlement ne peut pas être écrit sans l'avis - et le véto - du meilleur pilote de la discipline. 



Une sacrée solution

Franky Zapata, le 25 Juillet 2019, a établi une remarquable performance sur 21 km qui démontre bien l'excellence de son engin et de son pilotage.

Demain matin, 4 Août, je pense qu'il réussira la traversée trans-Manche. (Ce qu'il a réalisé).

Ce moyen de transport assure un atterrissage en douceur.

En outre, et c'est extraordinaire, son Flyboard Air permettra de préparer parfaitement le déplacement d'engins de même type mais dotés de moteurs anaérobie pour se déplacer sur des planètes à faible gravité, presque ou totalement dépourvues d'atmosphère.   

C'est probablement une des raisons qui ont conduit la DGA (Direction Générale de l'Armement) à le financer. Elle a drôlement bien fait.

Monsieur Zapata, je vous remercie de l'espoir que vous entretenez dans notre pays.

Continuez !


vendredi 13 mars 2015

Français, avez-vous donc si peur que des drones vous tombent sur la tête ? (Revu le 09 III 2026 * *** *** ***)




Avertissement : Cet article a été écrit en Mars 2015. A ce titre, il est un marqueur temporel, ou, si vous préférez, une pièce de musée.

Dix ans plus tard, la société mondiale à rendu les systèmes embarqués considérablement plus performants, terriblement moins chers et la guerre en Ukraine a été, comme toute guerre, un prodigieux accélérateur technologique.

Les drones de 2025 sont bien plus offensifs parce que l'on peut attacher une grenade à un drone. On nous montre des drones qui percutent des véhicules. 

Nous en concluons à la mort automatique des occupants. 

Mais cela ne sera pas toujours obligatoire à cause de l'éternel combat entre le glaive et la cuirasse. On inventera autre chose, ne vous inquiétez pas !




Il y a drones et drones


Drones militaires

Je me suis exprimé sur les drones militaires qui, pour l'instant, sont des avions pilotés à distance dotés de très bons moyens d'information optique, et, pour certains, armés de bombes. 

Il en existe d'autres sortes, à l'image de l'hélicoptère Camcopter S-100 de Schiebel. 

Leur technologie informatique embarquée est réellement excellente et je ne doute pas que le Neuron Européen de Dassault préfigure l'avenir des drones (mais pas forcément des chasseurs). 

De nos jours, ce sont de gros avions (de 10 à 15 m de long et dotés d'une masse de 4 500 à 15 000 kg), au moins aussi rapides que des chasseurs de 1940 et pilotés depuis plusieurs milliers de kilomètres (ce qui exige de leur pilote de remarquables dons pour anticiper les situations, puisque tout passe par les satellites de télécommunication et que cela implique des délais de réaction compris entre 0.3 et 1 seconde (pour en avoir une idée, il vous suffit de chronométrer le délai question/réponse pendant le dialogue entre deux journalistes d'une même chaîne de TV lorsque leur communication passe par satellite). 

Rien que ce délai a de quoi rendre sceptique sur un pilotage à l'identique de drones de Chasse.

Le fait de les armer est tentant, parce que c'est une solution de facilité pour limiter les pertes.

J'ai déjà dit que je comprends leur utilisation pour forcer certains verrous, pas pour les assassinats ciblés, car on a l'illusion qu'en tuant les chefs ennemis, tout deviendrait parfait. 

Pourtant, Kadhafi et Ben Laden sont morts, certes sans aucune intervention de drone, mais surtout sans que rien n'ait fait évoluer la situation politique sur le terrain (bien au contraire).

Tuer ne constitue pas, en soi, une stratégie.



Drones grand public


Ces drones-là ne jouent pas du tout dans la même cour que les précédents. 


Déjà, ce sont des Objets Récréatifs Radio-Commandés (ORRC  voilà qui fait plus sérieux que jouets RC, non ?). 
  • Un petit nombre se présentent sous forme d'avions. Ceux-là sont rapides mais ils exigent une grande expérience du pilotage out-board dès lors que l'engin revient vers le pilote, car d'une part les réflexes directionnels sont alors inversés et d'autre part, la vitesse angulaire élevée (près du pilote) exige de prendre ses décisions très, très rapidement et sans erreur, en particulier quand la "bête" vous arrive droit dessus.
  • Plus nombreux sont les drones grand public qui se présentent sous forme d'hélicoptères. Je m'empresse d'oublier ceux qui n'ont qu'un seul rotor portant et un rotor de queue. Leur mise au point demande beaucoup d'expérience et leur pilotage est ardu (j'admire vraiment beaucoup tous les pilotes d'hélicoptères).                                                         
    • Parmi les drones ayant cette configuration, les plus faciles à piloter sont équipés de 2 rotors contrarotatifs (comme le Gyroptère Bréguet de 1935-36 et les Kamov Russes), qui annulent l'essentiel des phénomènes de couple : Faire voler ces engins procure réellement un très grand plaisir.                                                                        
    • Cependant, comme presque tout le poids de l'appareil est situé en-dessous des rotors, l'engin va se comporter comme un pendule, ce qui va demander une assez grande sagesse (ou une très grande anticipation, quand l'expérience commence à arriver) dans les manœuvres serrés contrariées (type slalom).
  • Enfin, les plus demandés actuellement sont les multicoptères qui se déclinent essentiellement en quadricoptères, hexacoptères et même octocoptères (avec respectivement 4, 6 et 8 rotors), se rapprochant peu à peu du Robur le Conquérant décrit par Jules Verne. 
  • Chaque paire de rotors tournant en sens inverse, ces drones-là volent comme des insectes (mouches, abeilles ou guêpes), montent extrêmement bien, tournent sur eux-mêmes et vont où on leur commande d'aller. Les trajectoires en sinusoïde sont faciles. 


Collection personnelle de l'auteur - 4 rotors pour 50 grammes de manœuvrabilité.


Presque tous ces drones (et c'est même ce qui justifie de les appeler ainsi de nos jours) portent une micro-caméra qui permet d'enregistrer l'expérience réalisée.

Les dimensions de tels engins vont de quelques centimètres à quelques dizaines de centimètres de côté.

Leur masse au décollage part de quelques dizaines de grammes à un peu moins d'un kilo.

Les plus légers coûtent quelques dizaines d'euros. 

Les plus lourds coûtent beaucoup plus cher (plusieurs milliers d'euros) et permettent un emploi professionnel ou presque.

Les plus puissants d'entre eux peuvent emporter, au plus, une caméra de quelques centaines de grammes. 



Drones et médias


Depuis l'automne 2014, pendant les journaux télévisés, nous avons les oreilles rebattues des risques posés par les drones grand public selon les journalistes des journaux télévisés de masse, et nous avons tous entendu parler de survol de centrales nucléaires par des drones. 

Manifestement, pour beaucoup de gens influents, les drones grand public seraient une énorme menace.

De toute manière, faire voler ces drones est quasiment interdit en France pour toute une série de raisons.

Entraîné par cette marée, l'excellent journaliste JM Tanguy, un des rares qui travaillent vraiment leurs sujets, a publié dans son blog (le Mamouth) un excellent papier sur les recherches anti-drones.

Cependant, à chaque fois que l'on veut lutter contre quelque chose, il me semble quand même utile, auparavant, de poser son sac quelque part, de se projeter dans l'avenir et de vérifier si cette démarche de lutte ne comporte pas plus d'inconvénients que d'avantages.


La France, depuis 100 ans, refuse les survols


Il est remarquable de constater la différence qui existe entre notre pays, pionnier mondial de l'aviation mais également très amateur d'interdictions, et d'autres pays, presque complètement laxistes, sur le plan des survols aériens.

Déjà, le 14 Juillet 1919, on avait prétendu interdire aux aviateurs Français de participer au défilé de la victoire. 

On ne leur avait pourtant pas interdit de sacrifier leur vie pour bloquer les monstrueuses offensives de Luddendorf en 1918... Étonnant, non ?

Par chance, l'adjudant-chef Charles Godefroy décida de relever le défi. 

Il s'entraîna pendant 3 semaines avec un Bébé Nieuport (théoriquement un type 11, mais plus probablement un Nieuport 17, vu que, sur les photos, le capotage moteur est entièrement circulaire et non en fer à cheval).

Le 7 Août 1919, à 07:20 AM, il est passé sous l'Arc de Triomphe à près de 150 km/h, sous l’œil des caméras et des photographes. 

Curieusement, personne n'a été blessé par cet avion.




Charles Godefroy vient de réussir son exploit - 
Le Nieuport vole à peu près à 12 m de haut à cet instant précis et va prendre très vite de l'altitude.




Mais un autre survol de Paris avait eu lieu avant, celui de Jules Védrines, le 19 Janvier 1919, qui s'était posé sur le toit des Galeries Lafayette, Boulevard Haussmann, avec son Caudron G3.

Dans tous les cas, ces survols étaient interdits par toutes les autorités de l'Etat. 

Le ciel ne doit pas tomber sur la tête des Gaulois ! Non, mais !



Pour fixer les idées sur le sujet, les Britanniques, dont le sens pratique est réputé à juste titre, ont installé à la fin du XXème siècle un vrai aéroport sur un des quais de Londres (la piste est à peu près aussi longue - ou courte, suivant les goûts - que les pistes de Toussus le Noble près de Paris). 



London-City Airport : Un biréacteur en action, les volets sont bien visibles.



Il est exact que nos voisins Anglais ont pris un risque : Si un de ces avions s'écrasait au décollage, le bilan risquerait d'être lourd. 

Mais cela peut se contrer en n'acceptant que des avions et des pilotes au meilleur de leur forme. 

Ce niveau d’exigence leur a rapporté beaucoup d'argent, ce fluide qui manque tant à notre pays.

Evidemment, le bruit d'un quadriréacteur au décollage est élevé. Mais en le faisant grimper à forte pente, cette nuisance est de courte durée.

De toute façon, une partie du trafic est constitué d'avions d'affaires bien moins puissants.

Dans le même temps, là où je vis, comme un peu partout en France, on utilise, pour nettoyer les trottoirs des feuilles mortes qui s'y accumulent, des pousseurs à air pulsé motorisés par des moteurs de tronçonneuses. 

Outre leur bruit obsédant qui s'entend à plus d'un kilomètre (et pendant deux ou trois heures), ces pousseurs mettent en circulation dans l'air des quantités de germes pathogènes qui feraient cauchemarder tous les "hypocondriaques" de la Terre (s'ils en avaient conscience).

Curieusement personne ne s'insurge contre ce risque tout à fait réel 
pour la santé publique comme, au premier chef, pour les employés municipaux qui les emploient.



La pollution ou les attaques terroristes par les drones grand public ? Fantasmes !


Analysons les menaces que pourraient représenter ces drones tels qu'ils sont.

Un premier point à souligner, c'est qu'un multi-rotors est un engin relativement assez bruyant, comme le serait un bourdon dopé dans un film US. 

On peut donc s'en protéger en le surveillant et en évitant de se trouver sur sa trajectoire. 

Peut-être vaut-il mieux, pour cela, que le sujet évite de détruire ses propres fonctions auditives en écoutant la musique à fond, mais c'est la liberté de chacun de vouloir être sourd ou non...

Peu importe, en cas de collision, un drone grand public sera bien moins dangereux qu'un camion ou qu'un engin de chantier qui recule car il ne peut écraser personne.


Les drones pilotés par des amateurs sont légers (de la masse d'un merle à celle d'un pigeon) et les qualifier de dangereux n'a rien de sérieux. 

Un drone de moins de 100 grammes peut certes voler en extérieur par vent calme mais il aura du mal à voler contre un vent de plus de 5 m/s (18 km/h).

Le seul risque vient de ses hélices qui tournent très vite et peuvent, en cas de perte de contrôle, faire mal à des enfants en bas âge.

Quand à les imaginer faire des dégâts sur une centrale nucléaire... Ce serait possible s'ils étaient faits d'anti-matière, mais ce n'est pas le cas.



Lorsque le drone prend de la puissance et que sa taille, sa vitesse et sa masse augmentent fortement, des risques de coupures et de choc brutal apparaissent.

Mais, comme je l'ai écrit plus haut, ce sont des engins semi-professionnels, dont on attend logiquement qu'ils soient pilotés par des gens bien formés et responsables. 


On peut, bien entendu, fantasmer sur un drone de cette catégorie équipé d'une arme à feu quelconque. 

Les scénaristes de séries US s'amusent même à leur greffer des mitrailleuses (oubliant qu'une telle arme pèse de 4 kg (PM Uzi) à 6.5 kg (FN Minimi), qu'elle envoie ses balles à 850 m/s, ce qui occasionne un recul tel que la précision de tir deviendrait illusoire).  

Même un pistolet automatique pesant de l'ordre d'un kilo constituerait une charge bien trop lourde pour les gros drones grand public et j'ai toujours du mal à imaginer que l'appareil réagisse correctement au recul engendré par un tir. 

La discrétion de l'engin étant quasi nulle, la cible a tout loisir de se mettre à l'abri.

Il est exact, enfin, que, disposant de caméras, tous les drones peuvent "voir", donc porter atteinte à la vie privée, mais, si quelqu'un emploie son drone ainsi, il est vraiment peu avisé, car pour un tel usage, il faut faire peu de bruit, ce qui est impossible avec un multi-rotors.



Les très chers Engins de Mort du quotidien


Mon pays semble vraiment avoir perdu le bon sens que Descartes reconnaissait à ses enfants il y a 4 siècles.

Je sais, depuis 2008, la crise bouleverse bien des systèmes intellectuels d'êtres humains jusque là habitués à vivre selon des schémas centenaires. 

Mais le Cartésianisme n'interdit pas de comprendre Darwin, bien au contraire.

Les drones grand public ont réalisé une formidable percée depuis 2013 et en particulier à Noël 2014.

Des dizaines de milliers ont été vendus à ce moment là.


Par contre, un couteau de cuisine, un cutter, une batte de Baseball sont des armes totalement mortelles en emploi totalement libre. Ils existent par dizaines de millions en France.

A ma connaissance, il y a chaque année des dizaines d'homicides réalisés par ces moyens.

N'importe quel véhicule à moteur peut tuer : Chaque année, la France perd plus de trois milliers de morts de la sorte. 

Je crois qu'ils ont perdu la vie à cause de l'alcool, de la drogue, de la fatigue ou de la distraction, pas à cause de la voiture.


Non, je ne veux pas revenir à la seule marche à pied ou à cheval, car nous perdrions aussi de nombreuses vies, ne serait-ce que parce que des ambulances à cheval n'arriveraient pas à temps...

La société à risque Zéro est une utopie dangereuse.

Nous devons accepter de nous confronter au risque, ce que nous avons fait dès lors que nous sommes sortis de la chaleur rassurante du ventre de notre mère, comme tous les autres animaux.  

Mais la réglementation actuelle sur les drones est archaïque : Il faut laisser les gens s'amuser un peu.


D'un autre côté, cette médiatisation dramatique des drones grand public, dont j'espère vous avoir convaincu qu'ils ne peuvent pas être vus comme une menace, peut aussi être une méthode de diversion pour nous amener à penser à autre chose qu'à ce qui devrait nous inquiéter.










samedi 19 octobre 2013

Inadmissible silence ! (Actualisé 22 / 03 /2014)


L'autisme de nos soit-disant "élites"


Pendant que les médias Français s'excitent sur un cas individuel pour opposer deux courants de l'actuelle majorité, ils ont passé sous silence un grand moment pour l'industrie Française.

Il est vrai que faire tourner les entreprises Française n'est pas bien intéressant : Cela n'a d'autre résultat que de maintenir ou développer l'emploi et réduire le chômage. Broutilles ! Cela ne fait pas d'audimat.

Il se trouve que le soir, en général, je jette un œil sur le site d'Aviation Week pour voir si il y a des nouvelles intéressantes.

Il y a bien rarement des informations qui concernent notre pays...

Il se trouve que hier soir (18 Octobre 2013), j'ai pu lire une grande nouvelle que AW&ST avait reprise de cette adresse : Les chantiers de Saint Nazaire avaient lancé le premier BPC Russe, baptisé à l'occasion  Vladivostok.

La cérémonie avait eu lieu le 15 octobre et, bien que me tenant régulièrement informé et croisant les médias nationaux, je n'avais pas entendu un traître mot sur le sujet.

J'ai regardé la vidéo médiocre tournée par Naval Recognition.

Je me suis dit que mon pays marchait sur la tête...

Surprise positive cependant, ce matin 19 Octobre, LCI, dans confidentiel défense, reprend cette information et la même vidéo, telle quelle (donc à faible définition).


Pourquoi saboter cette cérémonie ?



Voilà une question pour laquelle, n'étant pas dans le secret des Dieux, je ne peux qu'envisager des hypothèses, non des réponses.

Je me souviens qu'après la signature de l'accord sur les BPC entre le Président Sarkozy et le Président Medvedev, les dirigeant des pays partenaires de l'OTAN qui jouxtent la Russie, poussés par des politiciens appartenant aux lobbies bellicistes du congrès des Etats-Unis, ont protesté.

Cela ne m'a fait ni chaud ni froid, d'abord parce que leur situation n'est pas celle de 1939, Staline et Brejnev ont disparu.

Ensuite, lorsqu'il s'agit d'acheter des armes, ils boudent systématiquement les nôtres.


Mais, surtout, les Russes ne sont pas nos ennemis.

Pendant la Guerre Froide, certes, les communistes avaient des intentions hégémoniques.

Mais au lieu de libérer les pays qu'ils conquéraient, ils en faisaient de vulgaires colonies.

Le résultat fut ce que les gens de ma génération ont pu constater : L'effondrement d'abord du système colonial soviétique puis celui de l'URSS ensuite.

Le peuple Russe a payé de son sang son énorme bataille contre Hitler : Il ne peut pas être vu comme ennemi a priori.



La vente des BPC à la Russie est la démonstration de la qualité de nos ingénieurs, techniciens et ouvriers des chantiers navals.

Alors, cela mérite un grand coup de chapeau, pas un coup d'éteignoir.

Si c'est nos dirigeants actuels qui ont décidés un tel silence juste pour faire oublier le président Sarkozy en tant qu'initiateur du contrat, il y a lieu de se poser des questions sur leur santé mentale.

Normalement, les dirigeants changent, la France reste !


Addendum

Depuis que j'ai écrit ce texte, la Russie a récupéré la Crimée à partir du référendum populaire du 16 Mars. 

Un certain nombre de lobbies s'expriment violemment en Occident pour appeler à venger l'affront.

Curieusement, l'Allemagne, si absente en général sur le terrain guerrier depuis 1945, exige des actions puissantes pour punir la Russie. 
Pour sa part, elle bloque le départ d'un simulateur d'une valeur de 100 Millions d'euros. 

J'imagine qu'elle agit dans ce sens pour augmenter ses ventes dans les pays situés entre elle et la Russie. Je la comprends, ce n'est pas notre problème, mais juste le sien.

Mr Fabius, ci-devant ministre des Affaires Etrangères, envisage avec toute la légèreté des puissants, d'annuler la vente des BPC à la Russie. 

La note serait autrement salée que pour l'Allemagne.

Quelques uns de ses amis évoquent le précédent de De Gaulle bloquant la livraison de 50 Mirage 5 à Israël après la Guerre des 6 Jours lancée par ce pays contre ses voisins.

Que l'on me permette de souligner le parfait contre-sens d'une telle assimilation. 

Israël, en 1967, ne craignait rien, n'avait pas été attaqué et disposait d'une énorme supériorité militaire sur tous les plans. 

Sa guerre avait juste été une guerre de conquête menée brillamment, certes, mais sans aucun risque. 

Cette guerre a eu pour résultat celle du Kippour, dans laquelle, n'eut été la brillante intelligence d'Ariel Sharon, aidé par les images satellitaires de la CIA, les pertes Israéliennes auraient pu atteindre un niveau très dramatique. 

Mais, en Crimée, la Russie a juste récupéré un territoire stratégique qui lui est propre.

Alors, tenons nos promesses, faisons tourner nos entreprises et ne nous trompons pas de combat.