L'Hermione, ou la recherche de la vérité maritime du XVIIIème siècle
Je fais partie de ceux dont la jeunesse était bercée par les histoires de corsaires (en particulier les mémoires de Louis Garneray, qui combattit aux côtés de Surcouf).
En conséquence, l'annonce du projet de reconstruction de la frégate L'Hermione m'a enthousiasmé quand il a été annoncé.
Les photos récentes de ce navire racé partant pour sa traversée de l'Atlantique m'ont ému, même si je n'ai pas le pied particulièrement marin.
Ce navire démontre la puissance qu'avait notre Marine que d'aucun appellent toujours la Royale) en ces temps éloignés.
Malgré la disparition des métiers de la marine à voile, les passionnés ont réussi à reconstituer non seulement cette frégate mais aussi le savoir naviguer sans moteur thermique !
Nulle doute que, après quelques temps passés à naviguer en Atlantique, ils vont pouvoir reconstituer les manœuvres délicates qui permettaient, il y a plus de 200 ans, de barrer le T des flottes de la perfide Albion ;-).
| L'Hermione au près, bâbord amure. |
De toute manière, les qualités nautiques de ce navire sont bien au rendez-vous, plus de 235 années plus tard.
Les défaites d'Aboukir et de Trafalgar ne sont en aucun cas des défaites de la construction maritime Française de l'époque.
Les défaites d'Aboukir et de Trafalgar ne sont en aucun cas des défaites de la construction maritime Française de l'époque.
Elles sanctionnèrent sans appel deux lourdes fautes stratégiques :
Le Dewoitine 551, qui a été construit pendant les derniers mois de la IIIème République, est un avion mythique, comme son frère aîné, le D 520, comme le VG 33 et comme le Bloch 157 et, bien évidemment, comme le fut le Nieuport 161.
- Sous la Révolution, la volonté de faire les réformes politiques nécessaires par la voie de la violence aveugle élimina l'essentiel des excellents capitaines de Louis XVI, rompus à la guerre navale contre les Anglais, mais issus de la noblesse.
- La politique étrangère de Napoléon fondée sur la guerre à outrance sans avoir remis, au préalable, la Marine Française en état de marche.
Le Dewoitine D.551, ou la recherche de la vérité aéronautique de 1940
Le Dewoitine 551, qui a été construit pendant les derniers mois de la IIIème République, est un avion mythique, comme son frère aîné, le D 520, comme le VG 33 et comme le Bloch 157 et, bien évidemment, comme le fut le Nieuport 161.
A quelques semaines près, le D 551 aurait pu se confronter à l'ennemi.
Depuis les années 1970, on l'assimilait à un Mustang Français, car c'est ainsi que Raymond Danel et Jean Cuny avaient intitulé la fiche qui concluait leur étude sur cet avion dans leur livre "Les Avions Dewoitine", chez Docavia.
Cette comparaison est justifiée sur le plan des performances mais le P 51 Mustang était surtout caractérisé par sa remarquable autonomie, due à un réservoir interne de presque 700 litres alors que le D. 551 ne disposait que de 400 litres.
D'autre part, la masse à vide du Mustang était pratiquement le double de celle du D. 551 et sa puissance était supérieure de 60 %.
Le Dewoitine 551 était donc un chasseur léger et puissant, il inaugurait une catégorie qui sera brillamment illustrée en 1944-45 par le Yak 3 (au Normandie-Niemen, en particulier).
En théorie, notre chasseur devait être un super grimpeur et sa charge alaire devait lui assurer une très grande agilité, du moins en comparaison avec le Messerschmitt 109 F ou avec le Focke-Wulf 190 A.
La lenteur des livraisons de moteurs 12 Y 51 en 1940 nous a interdit de savoir ce que cet avion avait dans le ventre puisque notre pays a déposé les armes brutalement, sans transférer les prototypes-clef en sécurité outre-mer.
Même si je suis persuadé de l'excellence du Dewoitine 551, je n'ai rien pour la prouver.
J'ai seulement la certitude de la qualité exceptionnelle de l'équipe Dewoitine et de son pilote Marcel Doret.
A partir de cela, comme d'autres avant moi, sans doute, j'ai imaginé un emploi du D 551 décollant quasiment à vue et dont l'excellence des performances en aurait fait le Bébé Nieuport de la Seconde Guerre Mondiale.
J'ai salué le 14 Décembre 2013 le lancement du projet de reconstruction ab initio du chasseur d'arrêt Dewoitine 551, version militaire du D. 550 créé pour décrocher le record de vitesse absolu.
La société Réplic'Air a fait le point le 27 Avril 2015 sur ce projet qui a énormément avancé.
Elle dispose, depuis quelques mois, d'un moteur Hispano-Suiza 12 Y 51 de 1060 Cv récupéré d'un lot destiné aux biplaces de combat (?) EKW C 3603 de l'Armée de l'Air Suisse (un avion de près de 4 000 kg en charge doté d'une voilure de 36 m² dont la vitesse culminait à moins de 480 km/h).
Ce moteur est proche du moteur original du D 550 de 1939 et du D 551 de Juin 1940, en étant plus lourd (540 kg au lieu de 505 kg). Nous savons que ce moteur était résistant, mais sa puissance est rétablit à relativement faible altitude.
Les plans initiaux du Dewoitine 551 sont maintenant intégralement numérisés et ils ont ainsi permis d'alimenter le logiciel CATIA de Dassault, ce qui va grandement aider à définir les innombrables contraintes que l'avion va rencontrer.
Une maquette d'aménagement a été réalisée et je ne doute pas que cet avion sera plus sûr que son prédécesseur l'aurait été.
Le premier vol de ce chasseur, venu du passé le plus sombre de notre pays, est prévu pour 2017.
Que peut-on en attendre ?
Je ne suis pas à la place des ingénieurs de Réplic'air, qui, bien évidemment, en savent beaucoup plus long que moi sur le sujet.
Donc je vais prendre le risque de donner mes attentes.
Depuis les années 1970, on l'assimilait à un Mustang Français, car c'est ainsi que Raymond Danel et Jean Cuny avaient intitulé la fiche qui concluait leur étude sur cet avion dans leur livre "Les Avions Dewoitine", chez Docavia.
Cette comparaison est justifiée sur le plan des performances mais le P 51 Mustang était surtout caractérisé par sa remarquable autonomie, due à un réservoir interne de presque 700 litres alors que le D. 551 ne disposait que de 400 litres.
D'autre part, la masse à vide du Mustang était pratiquement le double de celle du D. 551 et sa puissance était supérieure de 60 %.
Le Dewoitine 551 était donc un chasseur léger et puissant, il inaugurait une catégorie qui sera brillamment illustrée en 1944-45 par le Yak 3 (au Normandie-Niemen, en particulier).
En théorie, notre chasseur devait être un super grimpeur et sa charge alaire devait lui assurer une très grande agilité, du moins en comparaison avec le Messerschmitt 109 F ou avec le Focke-Wulf 190 A.
La lenteur des livraisons de moteurs 12 Y 51 en 1940 nous a interdit de savoir ce que cet avion avait dans le ventre puisque notre pays a déposé les armes brutalement, sans transférer les prototypes-clef en sécurité outre-mer.
Même si je suis persuadé de l'excellence du Dewoitine 551, je n'ai rien pour la prouver.
J'ai seulement la certitude de la qualité exceptionnelle de l'équipe Dewoitine et de son pilote Marcel Doret.
A partir de cela, comme d'autres avant moi, sans doute, j'ai imaginé un emploi du D 551 décollant quasiment à vue et dont l'excellence des performances en aurait fait le Bébé Nieuport de la Seconde Guerre Mondiale.
Un point provisoire du projet
J'ai salué le 14 Décembre 2013 le lancement du projet de reconstruction ab initio du chasseur d'arrêt Dewoitine 551, version militaire du D. 550 créé pour décrocher le record de vitesse absolu.
La société Réplic'Air a fait le point le 27 Avril 2015 sur ce projet qui a énormément avancé.
Elle dispose, depuis quelques mois, d'un moteur Hispano-Suiza 12 Y 51 de 1060 Cv récupéré d'un lot destiné aux biplaces de combat (?) EKW C 3603 de l'Armée de l'Air Suisse (un avion de près de 4 000 kg en charge doté d'une voilure de 36 m² dont la vitesse culminait à moins de 480 km/h).
Ce moteur est proche du moteur original du D 550 de 1939 et du D 551 de Juin 1940, en étant plus lourd (540 kg au lieu de 505 kg). Nous savons que ce moteur était résistant, mais sa puissance est rétablit à relativement faible altitude.
Les plans initiaux du Dewoitine 551 sont maintenant intégralement numérisés et ils ont ainsi permis d'alimenter le logiciel CATIA de Dassault, ce qui va grandement aider à définir les innombrables contraintes que l'avion va rencontrer.
Une maquette d'aménagement a été réalisée et je ne doute pas que cet avion sera plus sûr que son prédécesseur l'aurait été.
Premier vol prévu fin 2017... et la réalité apparaîtra
Le premier vol de ce chasseur, venu du passé le plus sombre de notre pays, est prévu pour 2017.
Que peut-on en attendre ?
Je ne suis pas à la place des ingénieurs de Réplic'air, qui, bien évidemment, en savent beaucoup plus long que moi sur le sujet.
Donc je vais prendre le risque de donner mes attentes.
D'abord, on va probablement découvrir un pilotage assez différent de ce que nous connaissons à basse vitesse, parce que le CEMA avait imposé des normes drastiques pour la stabilité spirale.
La mode de 1939 était aux dérives basses qui, de ce fait, n'étaient pas bien alimentées à grande incidence.
Cette stabilité spirale a été moins surveillée après 1945, sous l'influence des normes US, l'accent portant sur la Vitesse Minimale de Contrôle.
Donc, j'imagine que les heureux pilotes du D 551 vont découvrir un pilotage à basse vitesse assez différent de ce à quoi ils sont habitués.
D'un autre côté, ce Dewoitine était très puissant pour sa masse. Cela peut rendre le décollage difficile pour un pilote moderne.
Marcel Doret, qui l'aurait sûrement décollé, commençait ses décollages avec le D 550 à faible régime pour éviter l'embarquement lié à l’asymétrie du vol propre aux monomoteurs puissants à hélice et train classique.
Une précaution identique était préconisé par l'as Allemand Eric Hartman (352 victoires confirmées) pour piloter le Messerschmitt Bf 109.
Mais, à part les actuels pilotes de Spitfire, peu de gens ont l'expérience d'une très puissante poussée vers le côté.
Le très regretté commandant Bove, parlant de son premier vol sur le D 520 du Musée de l'Air, avait décrit son impression dans le Fanatique de l'Aviation au début des années 80.
Je m'attend à ce que l'impression soit assez proche, mais probablement plus forte.
Par contre, j'imagine qu'aux vitesses "courantes", l'avion sera très agréable.
Au niveau des performances, le moteur ne rétablissant sa puissance qu'à un peu plus de 2000 m, le D.551 ne pourra pas, d'emblée, atteindre les 662 km/h annoncés en 1939/40, même si son moteur est de 60 Cv plus puissant que celui prévu pour ses débuts.
Il pourrait probablement voler entre 30 et 50 km/h moins vite de ce fait, mais ce n'est pas grave du tout.
Enfin, deux point m'ont étonné sur le très beau site de l'association Réplic'Air.
- Une photo de l'arrière du D 551 (en maquette ou en 3D) : J'y ai vu une roulette de queue ressemblant beaucoup à celle du D 520 (qui posait problème à l'atterrissage quand elle n'était pas bloquée), alors que le prototype du D 551 disposait d'une mini-roulette de queue greffée sur une béquille classique.
- L'armement annoncé pour 1 canon (HS 404) et 6 mitrailleuses (MAC 34-39). Cet armement est celui d'un descendant du D 551 qui devait employer le moteur HS 12 Z et avoir une voilure agrandie.
J'imagine bien que, si je ne me suis pas trompé sur ces 2 points, c'est que les documents disponibles montrent que l'Etat l'avait exigé.
Nouvelles informations (publiées en Décembre 2021)
L'association Réplic'Air, impactée entre autres, par la crise du Covid, s'est relancée à l'Eté 2021 sur le D 551.
C'est une excellente nouvelle et j'espère que nous pourrons avoir le plaisir de voir voler (et entendre) cette bête de race !



