mercredi 18 février 2026

Les chars, leur unique inventeur, quelques aberrations des années 30, et les bons choix...

{Sources : Il y a au moins 30 années, j'ai emmené mon épouse et mes enfants au Musée des Blindés de Saumur. Nous avons eu la chance extraordinaire d'être pilotés par Monsieur Jean Mayet,  véritable musée vivant de tous les chars possibles ! 

Evidemment, j'ai lu ce que Charles de Gaulle avait écrit, mais aussi ce que les généraux Guderian et  Rommel  ont écrit, plus de nombreux articles de la revue GBM.}


Ce texte s'arrête à la fin 1942


Je connais un certain nombre d'engins motorisés qui ont étés affublés du nom de chars de combat pendant la Première Guerre Mondiale.

Pour moi, un char de combat est un engin de supériorité terrestre qui facilite la destruction des forces terrestres

Nos amis Britanniques considèrent que leurs véhicules rhomboïdes sont les premiers tanks. Je dois évidemment le leur reconnaître. 

Par contre, je ne les vois pas comme de véritables chars de combat. Certes, les premiers Mk 1 arrivèrent à leur objectif, mais ils ne débloquèrent pas la situation. 



Tank Mk IV
The Mark IV tank Lodestar III at the Belgian Royal Museum of the Army, Brussels (2005)


Les Mk IV, très améliorés, restaient néanmoins des géants poussifs.

Longs de 8 m, larges de 4 m et haut de 2.45 m,  ils étaient censés avancer à 6 km/h.

 Leur blindage ne dépassait pas 12 mm mais la masse d'un tank atteignait 28 tonnes





Les Français, eux, suivaient les concepts du général Estienne : Un véhicule capable de porter un canon de 75, pour pouvoir percer les lignes ennemies. 

Donc, en réalité, Estienne est le père authentique des canons automoteurs

Estienne demanda que la partie chenillée soit constituée par un tracteur agricole Holt - Caterpillar (voir ci-dessous). 



Tracteur d'artillerie Holt tractant un 155 mm mle 1877 (ici dans les Vosges au printemps 1915)



Estienne se contente donc de juxtaposer les éléments nécessaires à faire le travail. 

Cela m'étonne car le meilleur rendement exige en général de décomposer toutes les contraintes avant de les recomposer en un tout cohérent. 

Je considère qu'il s'est montré un tantinet trop pressé.



le tracteur Holt, cher au Gal Estienne, présents dans nos 2 premiers chars, sur une tranchée Française type (les tranchées Allemandes étaient bien plus larges).


Sur ce tracteur Holt, il a fallu greffer une coque blindée où l'on a introduit un canon de 75 mm modèle 1897 . 

On avait donc oublié tout ce que nos cuirassés nous avaient enseigné en matière de montage de canons sur des engins mobiles !




Le char Schneider et son canon de 75 bloqué à droite mais il était mobile sur environ 60° en azimut !


Le char Schneider était long de 6.33 m, large de 2.04 m et haut de 2.30 m. Il avait une masse de 14 tonnes.


Le char Saint-Chamond, bien plus grand, était mieux protégé et son canon tirait droit devant lui avec son azimut fixe.

Pour change d'azimut, il fallait tourner tout le char de 22 tonnes !



Char Saint-Chamond sur Wikipédia



Les deux projets Schneider et Saint-Chamond avaient certes chacun un canon puissant qui permettait d'ouvrir n'importe quel verrou fortifié. 

Mais Estienne n'a pas eu l'idée que ces chars allaient devoir, en réalité, détruire les chars ennemis.

Il est piquant de constater que ces chars furent organisés en batteries, signature littéraire de l'homme qui les avait exigés, l'artilleur Estienne.



Par contre, l'exploitation au-delà de ce verrou était impossible car ces deux engins  n'étaient pas conçu pour le véritable tout-terrains.

Leurs porte-à-faux suffisaient à leur interdire le passage des tranchées : Aucun n'aurait pu suivre une simple Jeep Willis de 1943 !

En outre, ils étaient très grands et très lourds (14 et 22 tonnes).

Il s'agissait en fait juste de canons automoteurs.



Les Allemands décidèrent, tardivement, de répliquer en créant un grand (7.35 m de long) et large (3.06 m) appareil très haut (3.35 m) et très blindé (30 mm), l'A7V


A7V

La rapidité de cet engin était importante (16 km/h sur route), son blindage était imparfait et son canon, bien placé était efficace. 

Il disposait d'un équipage de 18 hommes (!).

Par contre, il était très lourd (30 tonnes) et, pire que tout, il avait une garde au sol de seulement 40 cm

Voilà qui était parfait pour rouler sur route mais qui lui interdisait le tout terrain !




Lorsque Louis Renault eut la capacité de s'occuper du problème, il changea complètement la perception des choses. 

Lui, dont je ne sais pas où il avait fait son service militaire, a, d'emblée, démontré une vision de cavalier !

Les couteuses expériences Britanniques et Françaises lui avaient ouvert les yeux.

Il avait compris qu'un char de combat devait :

  • être très manœuvrant donc léger et de taille réduite !
  • cela impliquait qu'il soit léger (6.5 tonnes), court (5 m), étroit (1.74 m), et bas (2,13 m). 
  • les chenilles devaient être extérieures à la carrosserie,
  • le canon devait pouvoir tourner sur un azimut de 360°,
  • le moteur devait être fiable et placé à l'arrière (pour réduire la température et le bruit internes),
  • le conducteur devait être assis à l'avant, sans angle mort,
  • le tireur en arrière du conducteur est donc le chef de char.
Ce fut le char Renault FT qui commença à sortir en 1917. 

Il pouvait faire un 360° degré en quelques secondes. Son moteur était très fiable.


Char Renault FT 17 : Authentique tout-terrain !



La tourelle initiale était blindée à 16 mm. Elle passa rapidement à 22 mm.

Je vous donne ici ce lien pour voir comment nos chars se déplaçaient (le FT 17 étant dans la dernière partie).

Le Char FT fut un succès tactique, car il gagna rapidement des batailles, mais aussi un succès stratégique, parce qu'il gagna réellement la Première Guerre Mondiale.

Il fut fabriqué à peu près partout sur notre planète : USA, Italie, Russie / URSS et Japon.

Donc, à part en France, Louis Renaut est le seul père des Chars de combat.



FCM 2 C, dernier char de la Grande Guerre Authentique char lourd, qui roula en 1921 !



Le FCM 2 C fut le premier char lourd authentique (68 tonnes) à voir le jour, mais 2 années trop tard. 

Il a énormément souffert de la quasi impossibilité de trouver des moteurs de puissance suffisante. 

Quand  ce type de moteurs (Liberty) furent disponibles, on oublia de les employer pour cet usage.

L'engin était très grand (10.30 m), large de près de 3 m), très haut (4.02 m, blindé à 45 mm, ce qui imposait à l'ennemi de l'attaquer au 75 mm (in Guderian H., mémoires d'un soldat). 

Sur route, il avait une vitesse de 15 km/h et il ne dépassait pas 10 km/h en tout terrain. 

Les rares vidéos que j'ai pu voir montrent que cet engin était relativement manœuvrant. 

Il m'est apparu plus manœuvrant que le Mk VIII qui apparait dans "Indiana Jones et la IIIème Croisade" de Spielberg.



Je ne vais pas vous détailler les chars de l'Entre-deux-Guerres, à l'exception du char Américain Christie.

Ce remarquable ingénieur avait bien compris que les chars issus de la Grande Guerre étaient poussifs. Difficile, avec eux, de pratiquer une charge type cavalerie.

Il inventa une suspension qui porte son nom et qui permit de réduire la hauteur des chars qui en étaient munis et d'augmenter la vitesse dans toutes les conditions.



Une vidéo intéressante explique parfaitement à cette adresse : 

 https://www.youtube.com/watch?v=Tp_49lc4oO4.


Le char Russe T 34 (ci- dessous) fut la parfaite illustration de l'excellence du concept de Christie

Il atteignait 55 km/h sur route et 40km/h en tout terrain. il termina sa guerre à la masse de 32 tonnes. Il fut le meilleur char du monde au moins jusqu'en 1945.



T 34 partant au combat - RIA Novosti

Au début de la Seconde guerre mondiale, la France rêvait des chars B1 conçus pour faire plaisir au Général Estienne, 



Le char B1 bis est un char dual, puisqu'il possède 2 canons. A l'avant, un 75 mm court est capable de massacrer l'ennemi dans ses tranchées. Dans la tourelle, le canon de 47 mm sert au combat entre chars. Ici, le B1 bis ''Toulal'' (# 382) reconstitué en mémoire de celui ayant combattu lors de la bataille de Stonne en mai 1940. Wikipédia.fr


Le B 1 d'origine, de 28 tonnes, roulait à 32 km/h avait un blindage initial de 4.5 cm et il avait 180 km d'autonomie. 

A part le montage du canon de 75 ailleurs que dans la tourelle, il était correct.

Son système de conduite Naeder, bien trop sophistiqué, engendra de nombreuses pannes, liées en général à des fuites d'huiles jamais résolues ! 

On a évoqué des fuites d'huile de ricin au sein de réservoirs en bronze poreux, ce qui fait hurler de rire ceux de mes amis qui coulent du bronze !!!


Mais ce char allait devenir une monstruosité : Un quidam très galonné découvrit l'existence des canons antichars Allemands de 37 m

Aussitôt, il a exigé un blindage  porté à 60 mm, lançant ainsi la construction du B 1 bis de 31.5 tonnes ! 

Cela freina considérablement la production de ces chars qui ne dépassa pas les 400 exemplaires.

Du coup, ce char devient poussif (Vmax 28 km/h), son autonomie se dégrada fortement (6 heures).

Le canon de 75 mm, à azimut bloqué (signature du général Estienne !), est long de 17 calibres. 

Il a donc une vitesse à la bouche très inférieure à celle du 75 mm de la Grande Guerre (long de 36.6 calibres, V0 585 m/s)!

Le canon de 47 mm en tourelle, efficace à 1 000 m, est long de 32 calibres.  Il faut 30 secondes à cette tourelle pour faire un 360°

Le réservoir contient 400 litres.


Il existe un très haut fait d'armes de ce char lors de la bataille de Stonne, le 16 Mai 1940. 

Commandé par l'officier Pierre Billotte, il y a détruit 13 puissants chars (Pz IV et Pz III) et 2 batteries antichars ennemis en quelques minutes.

 Ces hommes étaient très entrainés et depuis longtemps !


De Gaulle en avait bien sa 4ème DCR, mais cette division, crée le 10 Mai 1940, au tout début de l'offensive Allemande n'a eu qu'une semaine avant la bataille de Montcornet le 17 Mai !

Cela signifie que ses hommes eurent trop peu de temps pour apprendre à dominer leurs machines 

Je ne reviendrais pas sur les remarquables attaques menées par le général De Gaulle et tous ses hommes (décrites in De Gaulle, Mémoires de Guerre, V. 1 : L'Appel). 



L'autre char important du côté Français fut le char Somua S 35, un char de 20 tonnes, capable de 40 km/h sur route et d'une autonomie de 260 km.

Il était équipé d'une tourelle identique à celle du B1 / B1 bis.

Construit par Schneider en plus de 400 exemplaires, ce char se révéla solide et puissant.

Le général Lafontaine accepta de transiger avec Gamelin, et au lieu d'avoir trois DLM équipées de 4 brigades homogènes toutes sur S 35, on a livré à chacune 2 brigades de S 35 et 2 brigades équipé de chars Hotchkiss 35 qui étaient instables mais qui  étaient plus rapides que le Renault R 35 (28 km/h au lieu de 20 km/h). La puissance de feu n'était plus au niveau !


On reprocha au R 35 une infériorité dans des zones humides, mais c'était un cas particulier minoritaire et son blindage était excellent. 

Un médecin militaire connu en 1940 disait qu'il l'avait piloté au Maroc et qu'il l'avait trouvé particulièrement facile à piloter, donc très maniable.


L'armée Britannique avait une division blindée avec 80% de chars légers Vickers Mk VI - Blindage de 14 mm (donc totalement inexistant), et instables - et environ 50 chars presque modernes (Cruiser et Matilda II). 

Ils essayèrent  d'exister vers Arras, mais ce sont des Somua S 35 Français qui les sauvèrent !



Le général Gamelin, particulièrement obtus face à De Gaulle, préféra employer ses 7 divisions blindées  (3 DLM + 4 DCR) en ordre totalement dispersé, sans aucune couverture aérienne digne de ce nom et avec une artillerie ni assez puissante n'y assez mobile.

Le résultat fut ce qu'il devait être...une terrible défaite !

Chacune de nos grandes unités travailla seule, sans concertation avec les autres.

Le résultat fit très plaisir à notre ennemi Heinz Guderian et à son chef suprême Adolf Hitler. 


Cela joua un rôle important sur les ingénieurs Russes qui sortirent leur char T 34 en grande série et en un temps record. 

C'est la raison qui a permis au Général Joukov de bloquer l'armée de Guderian à 30 km de Moscou.




Les Allemands entrèrent en Seconde Guerre Mondiale avec  4 modèles de chars. 

L'idée de base était de fabriquer des engins facile à produire, donc bon marchés.

 Cela les entraine de négliger les blindages inclinés, ce qui deviendra un handicap, parce qu'ils devront augmenter l'épaisseur du blindage.


Le Panzer l est une automitrailleuse  armée de 2 mitrailleuses légères (~ 8 mm). Il est animé par un moteur de 59 Cv. Il a une masse de 5 400 kg.
  • Cet engin peu armé, peu blindé, donc léger, va vite (50 km/h sur route). 
  • Sa tourelle est monoplace, ce qui explique que l'équipage soit réduit à 2 hommes.


Le Pz I,  Ausf. A Deutsches Panzermuseum Munster 

  • Il est aussi assez discret donc il peut faire mal lorsqu'il arrive en nombre sur l'infanterie ennemie.
  • Par contre, son faible blindage  (13 mm max) le rend vite inadapté face à des armes moyennement puissantes.
  • Il a été construit en plus de 1 600 exemplaires entre 1934 et 1937.
  • Il ne peut rien contre ses homologues





Le Panzer II est, nettement plus sophistiqué, plus puissant, mieux protégé et mieux armé. Il a un équipage de 3 hommes.

  • La tourelle porte un canon de 20 mm et elle est servie par 2 hommes : le chef de char et le tireur.
  • Le moteur de 140 Cv permet une vitesse de 55 km/h.
  • La masse totale est inférieure à 9 tonnes.



Pz II, Ausf. C - Musée des Blindés - Saumur


  • Ce char est très efficace contre l'infanterie et les canons antichars alliés. Par contre, dès la campagne de France, il est très insuffisant contre les chars Français, y compris contre les légers Renault R 35 et les Hotchkiss R 35 ou R 39.
  • Il a été produit en plus de 1 800 exemplaires de 1935 à 1943.
  • Il a servi à expérimenter les roues alternées et décalées qu'il a gardées et qui ont été essentielles pour les Tigres et les Panther.









Le Panzer III fut le vrai char de la période des premières victoires Allemandes. Il en est sorti une centaine en 1939.
  • Sa masse est au moins double de celle du Pz. II (~ 20 tonnes).
  •  Le canon est bien plus puissant que celui du Pz. II, même si le canon de 37 mm n'a jamais été accepté par le Général Guderian qui voulait d'emblée un 50 mm de 50 à 60 calibres. !
  • Il avance à 40 km/h sur route et 20 km/h en tout terrain.
  • Au total, il fut construit à plus de 5 000 exemplaires.


Pz. III. Ausf. F., musée des blindés de Saumur


Le grand avantage de ce char pendant la Bataille de France de 1940 ne résida jamais dans "le faible blindage" de nos chars légers Hotchkiss 35 ou 39 et Renault 35 qui avoisinait ou dépassait 43 mm.

Mais, plus rapide qu'eux, il bénéficiait, surtout, d'un canon plus moderne et portant bien plus loin et bien plus puissamment que le 37mm SA 1918 que nos généraux avaient accepté et dont la porté n'excédait pas 400 m.

{Nous Français, nous nous contentâmes de sortir un 37 mm SA 38 de 34 calibres (V0 de 705 m/s), un an trop tard.}


Le Pz. III avait parfaitement bénéficié de la proximité de son artillerie de soutien, de la permanence de son observation aérienne et du soutien de la Luftwaffe. 

En 1941, face à l'Armée Rouge, les choses semblèrent très semblables à cause de l'effet de surprise obtenu.

Face au vrai froid et à la neige, ses chenilles furent insuffisantes.

Mais les états-majors Russes avaient analysé toutes les méthodes Germaniques. 

Les rencontres avec les blindés soviétiques devinrent bien moins drôles avec l'augmentation de fréquence de celles impliquant des T 34 ou, pire, des KV 120 qui résistaient même aux coups du canon de 88 mm.

Après la fin de l'offensive sur Moscou, le Pz. III allait voir son rôle diminuer et dû passer rapidement à des zones "faciles".












Le Panzer IV paraissait, initialement, comme l'aboutissement de cette famille de chars. 

Il passe les 20 tonnes dès la première variante qui entrera en guerre (Ausf. C).

Il a une longueur de près de 6 m, une largeur de 2.88 m et une hauteur de 2.68 m.


Trois hommes occupent la tourelle ce qui donne un équipage total de 5 hommes, ce qui entraine des réactions très rapides. 

Elle tourne sur elle-même en 15 secondes.






  • Son atout principal était  son canon de 75 mm de 24 calibres qui ne perce les chars Français qu'à condition de s'en approcher à moins de 500 m.
  • Lui-même est initialement blindé à 30 mm.
  • Son autonomie est de 200 km sur route et de 130 km en tout terrain.
  • Ce char est engagé sur le front en Mai 1940 en 278 exemplaires (11% des 2500  chars Allemands entrés dans le Bataille de France), il eut un rôle important, même s'il y connut de lourdes pertes (97 détruits, soit 35%  du total engagé). 
  • Son canon de 24 calibres (V0 = 450 m/s, perforant 35 mm à 1 000 m) sera remplacé  par un 75 mm de 43 calibres (V0 = 740 m/s perforant 82 mm à 1 000 m)  puis par un autre de 48 calibres (V0 = 800 m/s perforant 87 mm à 1 000 m).

L'entrée de la Wehrmacht dans son premier hiver Russe mit en évidence l'inadaptation des chenilles étroites de tous ses chars. 

C'était le syndrome de Napoléon, aggravé par le fait que tout le monde savait depuis un siècle ce que les hommes de Napoléon y avaient souffert.



Je ne dirais rien du Panzer VI "Panther" parce que ce char de 44 tonnes, censé remplacer le Pz. IV, a été raté, parce que mal conçu et mal réalisé.





Je préfère évoquer le Panzer VI, baptisé "Tiger I", qui a connu une carrière importante et qui a terrorisé les équipages alliés lorsqu'il a été employé de manière opportune.

Le Tigre 1 apparait comme un Panzer IV agrandi, équipé du meilleur canon antichar du IIIème Reich : Le 88 mm L 56 de DCA.

Ce char est long de 6.31 m, large de 3.54 m et haut de 3 m.  

Les désirs d'Hitler ont abouti à un excès de masse de près de 10 tonnes : Cette grosse bête pèse 57 tonnes.

Il en fut construits plus de 1350.




Char Tigre 1 dans le Nord de la France





Son moteur Maybach HL 210/HL 230 de 12 cylindre en V de 23 litres de cylindrée donne 700 Cv à 3 000 t/min et 650 Cv au régime économique de 2 800 t/min.

Il assure une vitesse de pointe qui varie suivant les sources de 45 km/h à 38 km/h, voire 30 km/h sur route contre 20 / 25 km/h en tout terrain.

Les chenilles ont désormais une largeur de 72 cm, ce qui permet d'avancer sur des terrains enneigés..

Le réservoir contient 540 l.

L'énorme consommation du moteur ne lui permet qu'une autonomie de 100 km.

Le blindage frontal est de 100 mm mais il est le plus souvent vertical.


Quand ce char apparait, en été 1942, il est invincible !

Par contre, vu sa taille, le Tigre est facile à détecter. 

En plus, il est très difficile à remorquer, ce qui va doubler ses pertes, par abandon des chars pour manque de carburant ! 


Bien employé, le Tigre est excellent. 

Mais la cavalerie lourde Allemande a perdu beaucoup d'excellents équipages dont les compétences ont disparues.

La bonne méthode consiste à pousser les unités alliées à entrer dans une zone éloignée où leurs blindés sont destructibles à 2 000 m.

Mais l'aviation Allemande ne maitrise plus l'air !

On constate que les Allemands ont conservé tous leurs gros chars.

Ils ont trop investi dans leur Panther et le Tigre II.

Oui, le Sherman Américain a dominé le Tigre, mais lui, il a été fabriqué en 60 000 exemplaires : C'est la confirmation de la théorie de Lanchester.


Le Tigre II, de70 tonnes, fut incapable de permettre le rétablissement stratégique espéré.