En ce 2 Octobre 2013, j'ai une pensée émue pour Marcel Doret qui décolla le D.520-01 il y a exactement 85 ans, 3 jours après les accords scélérats de Münich qui ouvrait à Hitler la route de la guerre et de l'infamie.
Ma pensée s'étend, bien sûr à MM Dewoitine, aux ingénieurs Vautier et Castello, aux techniciens et ouvriers de la Société Nationale de Construction Aéronautique du Midi.
Ce vol eut pu se passer une année plus tôt si les décideurs n'avaient pas bloqué le projet Dewoitine.
Il eut été possible de renverser la table de toute façon dès Janvier 1939 : L'avion avait été vu comme excellent par Michel Détroyat.
On lançait toute la machine industrielle pour fabriquer les D 520 tels qu'ils avaient été conçus. Au 1er Septembre 1939, nous en aurions déjà eu un peu plus de 500.
On a construit des MS 406 qui était déjà périmés avant même leur acceptation par le CEMA en Juillet 1936.
Le D 520 reste quand même une vraie merveille qu'il eut été judicieux de construire à haute dose dès le début...
Pour lire le premier de mes articles sur cet avion, cliquez ici.
Analyses historiques Aviation / Défense. La défaite de Juin 1940 résultait : 1) de décideurs incompétents / corrompus, 2) de Britanniques sans : avions performants, chars '' , DCA '' , canons anti-char . Attention, les analyses IA peuvent faire monter brutalement le nombre de lectures. 742 384 pages lues entre le 25 XII 2011 et le 28 VII 2026 - 194 pages publiées, - 1022 commentaires publiés.
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jeudi 3 octobre 2013
lundi 8 octobre 2012
Oui, les Mirages IV seraient passés ! (complété 14 / 09 / 2022 * ***)
Le Marcel Dassault Mirage IV est un avion mythique.
La Force Française de Dissuasion est tout aussi mythique.
Son histoire débute avec la création du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) par le Général De Gaulle en 1945.
Il est donc logique que les revues qui font vivre l'Histoire et la Gloire de l'Aviation en parlent.
Tout naturellement, Mr. Christian-Jacques Ehrengardt a consacré un passionnant article à ce sujet dans le numéro 31 de sa revue Aéro-Journal.
Mais, qui dit passionnant sous-entend passion. Donc, il y a quelques points sur lesquels je me permets d'avoir un avis différent du sien et, donc, de l'exprimer ici.
L'influence déterminante du "Coup de Suez" en 1956
C'est que, justement, ce sujet me passionne depuis 1956.
Oui, j'avais seulement 11 ans, mais les conversations familiales tournaient très souvent sur les 2 Guerres Mondiales dont les cicatrices marquaient encore (et marquent toujours) le territoire national.
L'Affaire de Suez m'avait profondément marqué.
Notre pays, empêtré dans la Guerre d'Algérie, était gouverné par le socialiste Guy Mollet.
Politicien habitué à manœuvrer ses électeurs et ses camarades de parti, il ne comprenait strictement rien à la politique internationale.
Il crut donc pouvoir affaiblir le FLN Algérien en attaquant l'Egypte de Nasser conjointement avec la Grande Bretagne et Israël (ce qui rappelait les plans attribués - trop généreusement - au général Gamelin en 1939 pour affaiblir les soviétiques "alliés" d'Hitler).
Malgré un succès militaire initial foudroyant, cette action, trop longtemps retardée (donc complètement éventée), obtint l'effet exactement contraire à celui qu'elle se proposait d'obtenir.
Au vu de ces succès même et, pour nous faire reculer, l'URSS avait clairement menacé notre pays (et le Royaume Uni) de frappes nucléaires.
Inféodés au pétrole, donc à l'Arabie d'Ibn Saoud, les USA nous avaient abandonnés, nous qui nous pensions - très naïvement - êtres leurs alliés les plus chers.
Je vois encore les schémas rudimentaires que tous les journaux publiaient pour faire comprendre aux Français la nature des catastrophes qui leur étaient promises.
Tous les adultes que j'entendais alors pensaient qu'une nouvelle guerre mondiale allait être bientôt déclenchée - nucléaire cette fois - d'autant plus qu'à l'époque USA et URSS pratiquaient fréquemment des essais nucléaires pour mieux maîtriser leurs propres (si j'ose dire) bombes thermonucléaires.
Les autres peuples d'Europe semblaient tous résignés à repartir vers l'Enfer, mais en insistant bien sur le fait que cette guerre serait entièrement de notre responsabilité.
Nos troupes réellement victorieuses se retirèrent donc piteusement, car, pour éviter la reprise des combats entre Israël et l'Egypte, des casques bleus - troupes de l'ONU inventées à cette occasion - vinrent les relever.
Exactement au même moment, les troupes soviétiques noyaient dans le sang la tentative réformatrice d'Imre Nagy en Hongrie (J'ai photographié, 9 ans plus tard (1965), les traces impressionnantes de l'explosion d'un obus soviétique sur le mur aveugle d'une maison de Budapest).
Pour avoir perdu la face, ça, oui, nous l'avions perdue ! Je ne l'ai jamais oublié et ne l'oublierai jamais.
Des conséquences définitives d'un fiasco
Ces événements renforcèrent profondément l'influence Russe au Proche Orient en même temps qu'ils réduisaient définitivement le Royaume Uni au rang de petit vassal des USA.
En France, cela créa trois faits simultanément :
- L'accélération instantanée du programme de création de la bombe atomique,
- La mise sur pied d'un vecteur aérien de la dite bombe et...
- Le discrédit définitif porté sur la IVème République, comme sur ses politiciens.
Notre armée fut quand même obligée, par le même socialiste Guy Mollet, de livrer la bataille d'Alger (1957), où certains officiers furent entraînés par les mêmes politiques - dont François Mitterrand, ci-devant ministre de l'Intérieur - à se salir gravement les mains (torture) - et, ce qui est bien plus grave encore, l'âme.
On connaît la suite : Quelque mois plus tard, en 1958, le Général De Gaulle revint au pouvoir.
Son souci premier, mais secret, fut d'accélérer définitivement le programme de bombe atomique et de le transformer pour créer une force de riposte nucléaire à 3 composantes : aérienne, terrestre et maritime.
Lorsqu'il demanda aux USA un coup de main pour accélérer l'augmentation de nos compétences nucléaires, il essuya un refus publique et tonitruant (que les Anglais n'avaient pas subi).
Les politiciens Américains détestaient De Gaulle, détestation exprimée en premier par Roosevelt depuis que De Gaulle avait lancé l'Appel du 18 juin 1940..
Un jour, peut-être, un Wikileaks intéressant nous expliquera ce qu'ils craignaient (ou, plus probablement, ce qu'ils désiraient) vraiment...
La première bombe atomique Française, Gerboise Bleue, de conception et de fabrication purement nationales, explosa le 13 février 1960.
Avec ses 70 Kilotonnes d'équivalent TNT, elle était (et reste), de très loin, la plus puissante première explosion de tous les pays détenteurs de l'arme nucléaire. Ce n'était évidemment pas un hasard.
Livrer l'Apocalypse au domicile de l'ennemi
Mais la bombe est une chose qui n'a d'intérêt que si elle est livrée en bon état de marche à son destinataire : L'ennemi qui menace la vie même de notre Nation.
La première étape consistait à la livrer avec un avion.
Le Mirage IV de Marcel Dassault, qui volait magnifiquement depuis la mi-Juin 1959, répondait parfaitement aux attentes de ses concepteurs.
Il faut dire que, initialement, cet avion avait été conçu comme chasseur à très long rayon d'action. Cela explique ses exceptionnelles qualités de manœuvre.
Un avion concurrent était en construction chez Sud Aviation, le SO 4060, œuvre de l'excellent JC Parot, mais cette société nationale n'anticipait jamais rien, ergotait sur tout, perdant ainsi un temps précieux.
Cet avion ne vola donc jamais.
![]() |
| Mirage IV croisant le phare de Cordouan - recopié par moi sur Mirage IV (site du photographe Yves Fauconnier ...) un avion et des équipages exceptionnels pour une mission terrifiante. |
Le Mirage IV répondait parfaitement au cahier des charges de l'Armée de l'Air et fut choisi.
La version initiale paraissait malgré tout un peu sous-dimensionnée et l'avion de série, le Mirage IV A, un peu plus grand et plus lourd, fut construit à 62 exemplaires.
C'était un avion de 23.50 m de long qui avait une masse de 14 500 kg à vide et de 31 600 kg au décollage (33 500 kg en surcharge).
L'envergure de 11.84 m permettait une surface alaire de 78 m². La charge alaire était donc de 405 kg/m².
L'épaisseur relative de l'aile est de 3.8% à l'emplanture et de 3.2% à l'apex.
Les turboréacteurs SNECMA Atar 9K-50 délivraient 70.61 kN de poussée chacun (avec postcombustion).
La vitesse de pointe atteignait 2340 km/h (Mach 2.2 à 13 125 m d'altitude).
La vitesse de croisière rapide atteignait 1 913 km/h.
Le rayon d'action de combat était de 1240 km.
Le plafond était de 20 000 m.
Le Mirage IV montait à 11 000 m en 4' 15".
La première bombe opérationnelle fut l'AN 11 pesant 1 500 kg et délivrant 60 kilotonnes.
Au début 1967, elle fut remplacée par l'AN 22, ne pesant plus que 700 kg et délivrant 70 kilotonnes.
La composante Air des Forces Stratégiques Françaises fut opérationnelle dès 1964.
Un sacré tour de force technologique et politique.
La composante Air des Forces Stratégiques Françaises fut opérationnelle dès 1964.
Un sacré tour de force technologique et politique.
En 1988, la bombe nucléaire larguée directement sur son objectif par son bombardier fit place à une tête nucléaire amenée par un missile de croisière, l'ASMP, qui pouvait allonger la trajectoire jusqu'à 400 km.
L'article de Mr. Ehrengardt se termine par une interrogation : Est-ce que nos Mirage IV auraient pu passer les défenses Soviétiques ?
Je me souviens des commentaires assassins de la presse US des années 60 sur ce qu'elle appelait les "prétentions" nucléaires du Général De Gaulle.
Lorsque notre bombe explosa en 1960, les éditorialistes US soulignèrent à l'envie qu'elle ne disposait pas de vecteurs (avions ou fusées) pour aller faire du mal à qui que ce soit.
En soi, cette argument était particulièrement stupide (soit dit en passant, on aurait tout aussi bien pu mettre notre bombe dans n'importe quel vecteur inattendu).
Lorsque les Mirage IV furent opérationnels, en 1964, les mêmes éditorialistes - dont la compétence se mesurait uniquement à l'importance des prébendes qu'ils recevaient des officines gouvernementales US - mirent fortement en doute la capacité de nos avions à passer les défenses soviétiques.
Ils se fondaient sur le fait insignifiant que des missiles Sol-Air soviétiques S 75 Dvina (code US SA 2) avaient abattu le Lockheed U2 de la CIA piloté par Mr. Gary Powers en 1960.
Quand les Anglo-Saxons parlaient alors de la "soi-disant" (so-called) force de frappe Française, c'était avec tout la dérision imaginable.
Adaptation à sa tâche
L'article de Mr. Ehrengardt se termine par une interrogation : Est-ce que nos Mirage IV auraient pu passer les défenses Soviétiques ?
Je me souviens des commentaires assassins de la presse US des années 60 sur ce qu'elle appelait les "prétentions" nucléaires du Général De Gaulle.
Lorsque notre bombe explosa en 1960, les éditorialistes US soulignèrent à l'envie qu'elle ne disposait pas de vecteurs (avions ou fusées) pour aller faire du mal à qui que ce soit.
En soi, cette argument était particulièrement stupide (soit dit en passant, on aurait tout aussi bien pu mettre notre bombe dans n'importe quel vecteur inattendu).
Lorsque les Mirage IV furent opérationnels, en 1964, les mêmes éditorialistes - dont la compétence se mesurait uniquement à l'importance des prébendes qu'ils recevaient des officines gouvernementales US - mirent fortement en doute la capacité de nos avions à passer les défenses soviétiques.
Ils se fondaient sur le fait insignifiant que des missiles Sol-Air soviétiques S 75 Dvina (code US SA 2) avaient abattu le Lockheed U2 de la CIA piloté par Mr. Gary Powers en 1960.
Quand les Anglo-Saxons parlaient alors de la "soi-disant" (so-called) force de frappe Française, c'était avec tout la dérision imaginable.
C'est maintenant, pourtant, qu'ils seraient mieux fondés à parler du soit-disant chasseur F 35 JSF : The so-called fighter F 35 JSF !
L'amiral HG Rickover, the so-called "père" des sous-marins nucléaires US, disait même alors que la France serait incapable de concevoir des sous-marins nucléaires (!).
Et, là-bas, on dit que les Français sont arrogants !
Mais, si le Lockheed U2 volait très haut (21 000 m), il y volait très lentement, juste 20 km/h plus vite que sa vitesse de décrochage !
Il y était donc particulièrement peu manœuvrant.
Par contre, le Mirage IV, qui volait certes un petit peu moins haut, était extrêmement rapide (2 340 km/h à ~13 000 m) et très agile.
Par ailleurs, sa très longue carrière a démontré l'extrême solidité de sa cellule.
Autrement dit, Mr Ehrengardt a, en fait, posé la même question que les Anglo-Saxons sur la capacité réelle de passage des défenses soviétiques par nos Mirage IV.
A mon avis, tout le monde peut pourtant répondre à cette question avec du simple bon sens.
- Le Mirage IV a mené des reconnaissances stratégiques jusqu'en 2005 au moins. Cela signifie qu'il est entré largement à l'intérieur des territoires qu'il était justement censé traverser pour livrer "sa" bombe. Il en est revenu, ce qui démontre sa capacité de résistance aux défenses adverses
- Celles sur la Serbie et le Kosovo ont été menées, à ma connaissance, sans perte.
- Les moyens Serbes à la fin des années 90 furent suffisamment sophistiqués pour leur permettre d'abattre un F117 !
D'ailleurs, le ton des commentaires Anglo-Saxons n'a plus rien de méprisant.
Ils vont même jusqu'à admettre que l'avion se comportait très bien, comme l'avaient rapporté les pilotes Britanniques qui l'évaluèrent pour essayer de sauver leur force de dissuasion de la mainmise US.
Ces pilotes semblèrent très élogieux sur notre Mirage IV.
Vu mon âge, j'imagine que bien peu d'entre eux aient encore (16/01/2025) la capacité de nous en donner un compte rendu d'essai ! C'est bien dommage.
Mais, pour eux, les dés étaient pipés, grâce à ses politiciens, le Royaume-Uni n'est plus qu'un dominion des USA.
Mais, pour eux, les dés étaient pipés, grâce à ses politiciens, le Royaume-Uni n'est plus qu'un dominion des USA.
jeudi 31 mai 2012
Résurrection d'un avion de reconnaissance Potez 63-11 ( Réillustré le 09 XII 2024)
31/ 05/ 2012
Le "vrai" Potez 63-11 tout neuf de Mr JM Garric a quitté le sol aux USA (saut de puce) !
Un très bel avion.
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| un vol à 0.05 m d'altitude ! |
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| Le Potez 63-11, au Texas (toutes ces photos sont récupérées sur ce site de l'Echarpe Blanche) |
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| Mr. J-M Garric devant son oeuvre |
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| Le Potez 63-11 volant au Texas ! |
17 Mai 2015 : De bonnes nouvelles du Potez 63-11
J'avais été étonné que cet événement n'ait pas été suivi d'autres annonces.
Mais j'ai pu entrer en contact avec Mr Jean-Marie Garric après une recherche sur Internet.
C'est un homme charmant et passionnant.
Son Potez 63-11 a volé et même bien volé et qu'il peut tout à fait encore le faire.
Ses moteurs Pratt & Whitney R-985 Wasp Junior et les hélices qu'ils animent pèsent 450 kg de moins que les Gnome et Rhône 14 M initiaux, ce qui a exigé de lester l'avant de l'avion.
Ce Potez est très manœuvrant (pour un bimoteur) et très agréable à piloter.
Ses commandes sont très légères.
Par contre, il consomme de l'ordre de 200 litres à l'heure à près de 300 km/h.
3 Mai 2017 : Le Potez 63-11 est mis en vente
J'ai appris hier que Jean-Marie Garric mettait son P 63-11 en vente.
Cet avion extraordinaire, fait à partir des plans d'origine, ne diffère de ceux de l'Armée de l'Air de 1940 que par les moteurs et certains équipements plus récents.
Il symbolise nos pilotes brillants et courageux, nos mitrailleurs adroits et les observateurs de l'Armée de Terre parfaitement compétents qui rendirent compte en temps et en heure des manœuvres de l'ennemi.
En cela, il témoigne que la défaite n'avait rien d'inéluctable, à condition d'agir juste et vite.
Mais, alors, "on" préféra ignorer les renseignements ainsi obtenus et maintenir les ordres anciens.
La logique serait que le Musée de l'Air et de l'Espace se porte acquéreur de cet avion remarquable.
Pour cela, il faudrait, bien sûr, que les crédits nécessaires soient trouvés et débloqués.
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