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vendredi 18 septembre 2020

Le NGAD (= Boeing F 47) nouveau Chasseur US pour la Maîtrise de l'Air (illustré+ le 21 Juillet 2025 ** *** ***)


L'USAF vient de laisser filtrer, dans Defense News, quelques bribes d'informations sur un nouveau chasseur hypersonique construit, sait-on jamais, par Boeing. 

L'avion, appartenant aux concepts de Next Generation Air Dominance (NGAD), devrait être construit dans les 5 ans à venir, voire plus rapidement encore...


On nous dit (ce 21 / 03 /2025) qu'il vole depuis 5 ans, qu'il est quasi invisible et qu'il est très manœuvrant



Publicité pour le NGAD - L'entrée d'air pour les réacteurs paraît bizarre, mais les artistes ont tous les droits.


La nouvelle vision de cet engin est peut être plus réaliste (?) .


Le Boeing F 47 


Qu'y voit-on ? 

  • Aucune surface aérodynamique verticale (elle serait bien visible par un radar observant l'avion par le côté), ce qui suggèrerait des commandes par émission de gaz.
  • Une configuration canard-Delta maintenant confirmée à 99%.

Je dois m'en tenir là.


Une "vidéo" plus récente confirme la configuration Delta / Canard, avec la précision que le plan canard devient escamotable !  

Une fois que la publicité est virée, vous serez sur un joli montage vidéo qui vous montrera comment les gouvernes de cet avion sont conçues pour agir correctement.

adresse de la vidéo :  https://www.youtube.com/watch?v=wMdenuLbwFU      

Je rajoute que la Navy veut sa version d'un chasseur marin de même qualification chez Grumman.



Les clients étrangers sont prévenus : Ils n'auront que des sous-versions de l'engin.



Pour les gens de ma génération (baby boomers), un si court délai peut paraître possible à tenir, s'ils se réfèrent à la prodigieuse production Américaine de 1941 à 1945.

Sauf que nos cerveaux sont un peu "pollués" par les 20 années qui furent nécessaires pour rendre "opérationnel" le F 35, soi-disant si merveilleux, qui allait tout révolutionner, mais dont rien n'a démontré qu'il peut tenir son rang en dehors des guerres asymétriques.

L'analyste Richard Aboulafia a émis l'intéressante confession que voici : "With the F-35, we had too much [emphasis on] systems and not enough [on the] air vehicle. " que je traduis ainsi "Nous avons conçu le F 35 en insistant exagérément sur les systèmes associés et pas assez sur le vecteur aérien".  

L'idée actuelle serait de choisir sur étagère les meilleures technologies existantes pour fabriquer une petite série de chasseurs très performants puis recommencer à l'identique sur un concept différent.


Un des articles consacrés au NGAD publie la photo Chinoise suivante :


Dong Feng 17 pendant la Fête Nationale Chinoise : La structure du fuselage correspond à un missile rapide et manœuvrant.



Il s'agit d'un missile capable de parcourir environ 2 000 km à Mach 5 (en 11 minutes) et à 60 000 m d'altitude en ayant une dernière phase de vol très agile, donc rendant le DF 17 dangereux pour n'importe quel porte-avions nucléaire.

{Juste pour mes - éventuels - très jeunes lecteurs, Mach 1 étant la vitesse du son, Mach 5 vaut donc 5  fois cette vitesse. 
Parfois, vous trouvez dans la littérature que cette vitesse vaut environ 340 m/s, soit 1 224 km/h. 
Mais cela n'est vrai qu'à la température de 15° centigrade. 
A - 56 ° C, la vitesse tombe à 295 m/s, soit 1 062 km/h.

A une température ambiante supérieure, la vitesse sera plus rapide, ce qui explique pourquoi, au début des années 50, les tentatives de records de vitesse se faisaient près du sol (voire en dessous du niveau de la mer) et à des températures très élevées.}

Si la cohérence existe entre les publications de ces différentes images, cela suggérerait que le F 47 devrait pouvoir détruire les DF 17 !

Au minimum, cela impose de disposer d'un système de détection du-dit DF 17, apte à en prédire la trajectoire. Comme, en mode hypersonique dans un semblant d'atmosphère, un avion est inclus dans un nuage de plasma, il ne peut communiquer (à ma connaissance) avec personne. On peut cependant imaginer des nuages de drones servant "d'œil" au chasseur.

Mais il faudra AUSSI de disposer d'un missile capable d'atteindre une vitesse très significativement plus importante que celle de la cible et d'une charge capable de détruire le DF 17, ce qui n'a rien d'élémentaire.

Cela peut tout aussi bien être du bluff.

Toujours est-il qu'un pays (la Russie) a reçu un objet furtif très hypersonique (Mach 18), que personne n'avait détecté. Sacré leçon !


Postscriptum (01 / 01 / 2021) : Entre 1959 et 1962, la France flirta sérieusement avec l'hypersonique au moyen d'un engin cible Nord CT 41 aux formes extrêmement pures qui vola de 1959 à 1962.

62 engins furent construits dont quelques uns- pour les USA (Bell PQM-56A)


Nord CT 41 : Une sacrée ligne que j'adore !


Long de 9.78 m et disposant d'une voilure de 3.66 m d'envergure, il avait une masse au décollage variant entre 2 500 kg et 3 000 kg. 

Il volait entre Mach 2.7 et Mach 3.1 (au maximum pendant 14 minutes),  il pouvait monter à 20 000 m d'altitude et il était récupérable. 


Il semble qu'aucun missile de DCA de l'époque n'ait eu la capacité de l'intercepter, ce qui expliquerait aisément son abandon. 

Il avait aussi une manœuvrabilité excellente (10 g)

Cependant, cet avion volait déjà bien au-dessus des limites des autres chasseurs. 

Une amélioration de ses statoréacteurs lui aurait, sans aucun doute, permis de toucher l'hypersonique des Mach 5 à 6.


 Du pilotage des engins hypersoniques 

Les engins hypersoniques ne paraissent pas vraiment à l'aise dans l'atmosphère normale.

Il leur reste l'immensité du "pré-vide spatial" pour manœuvrer à la vitesse qu'ils peuvent atteindre.

Du coup, les gouvernes aérodynamiques n'ont plus qu'une utilité extrêmement limitée.

Il faut alors :

  • Disposer d'un ensemble d'éjecteurs de gaz pour modifier d'abord l'attitude de l'appareil (sans que cela change obligatoirement sa trajectoire). 
  • Les éjecteurs doivent être couplés avec leurs "antagonistes" pour bloquer les mouvements, une fois la bonne attitude obtenue.
  • Employer les vrais propulseurs pour modifier ladite trajectoire pendant un temps très précis.



Combattre en collaboration avec des avions robots

Cette notion n'est plus tout à fait nouvelle, mais elle pose nombre de questions.

A - Tout un chacun comprend qu'un chasseur puisse être précédé par des éclaireurs volants dont le travail permettra la sécurisation de l'incursion en cours au-dessus d'une zone de guerre.

Rien n'oblige à ce que ces robots-là soient grands ni qu'ils soient rapides : Ils peuvent venir en avance par rapport à leur donneur d'ordres.

Mais leurs renseignements doivent parvenir au chasseur avant son entrée dans la zone-clef.

B - Une portion des robots accompagnateurs peut traiter les menaces ainsi découvertes en les détruisant. Mais, dans ce cas, l'adversaire est averti du passage de notre chasseur. 

C - D'autres robots peuvent aussi être des gardes du corps zélés qui iront se sacrifier en se précipitant sur les missiles air-air adverses. Mais cela ne peut pas se faire indéfiniment.


J'en conclurais que ces nouvelles "merveilles" vont coûter beaucoup d'argent et qu'elles consommeront beaucoup d'énergie.






samedi 3 août 2019

Le passionnant challenge de Franky Zapata



Le 14 Juillet dernier, j'ai découvert sur ma télévision les évolutions stupéfiantes que pouvait réaliser Franky Zapata avec son Flyboard Air.



Quelques rappels 


Comme la plupart des gens de ma génération intéressés par les choses de l'air, j'avais vu aux actualités cinématographiques, vers 1954, voler le chasseur Convair XFY Pogo

Il volait très bien, décollait verticalement sans problème apparent, mais l'atterrissage semble avoir exigé un pilote de très grande classe, en particulier pour des problèmes de visibilité de son environnement immédiat. 

Il fut éliminé parce que des technocrates disaient qu'il ne ferait pas le poids face aux jets bi-soniques...

Peu après, on vit les images d'une plate-forme à hélices Hiller qui devait révolutionner la vie des troupes US, présenté comme un moderne tapis volant. On n'en a plus parlé ensuite.

Plus tard, nous avons vu les jet packs, qui permettaient de franchir quelques centaines de mètres. James Bond avait popularisé la chose en s'envolant du château d'Anet, entre Houdan et Pacy-sur-Eure, de cette manière !


Depuis, on voyait des gens de très grand talent et de très grand courage voler avec des ailes équipées de réacteurs. Oui, c'était magnifique.

Par contre, pour se poser, moi, je n'ai vu que des parachutes.

Je ne doute pas que l'on va introduire un jour des éléments d'exosquelette pour qu'ils essayent d'atterrir comme des oiseaux. 

M'est avis que nous avons du temps avant que cela marche.   


Course d'obstacles 


Par contre, Mr Zapata a réalisé son Flyboard Air et il a démontré devant des millions de spectateurs qu'il le maîtrisait parfaitement.

J'ai donc tenu à le voir décoller de Port Blériot le 25 Juillet, le jour de la plus grande chaleur mesurée en Europe depuis que l'on pratique de telles mesures. 

Cela n'allait pas dans le bon sens. 

Nous étions quand même là et nous l'avons vu foncer comme une flèche vers Albion.

Las, dans la suite logique du fonctionnement de nos administrations, la DGAC (Direction Générale de l'Aviation Civile) avait interdit la solution de ravitaillement en vol proposée par Mr Zapata.


D'après notre Wikipédia, le même organisme avait, vers 2015, interdit les vols de Flyboard Air en France parce que Mr Zapata n'avait pas de brevet de pilote ! 

Mais, MM. de la DGAC, des millions d'oiseaux et d'insectes volant ici-bas n'ont pas non plus leur brevet de pilote


Mr Zapata a appris à voler à l'instinct, comme eux. 

Mr Gabriel Voisin, MM Farman, etc, n'avaient pas non plus leur brevet et ils ont inventé l'Aviation.

Je vois deux mobiles possibles à ce comportement de la DGAC :
  • Obtenir des sous pour Bercy ;
  • Se couvrir en cas d'accident.

Pour avoir obtenu moi-même ce papier en 1989, je sais que ce qui compte pour être un vrai pilote, n'est pas ce papier, mais le nombre réel des heures de vol !

Tout ce qui est nouveau, par définition, ne peut pas être réglementé, et le règlement ne peut pas être écrit sans l'avis - et le véto - du meilleur pilote de la discipline. 



Une sacrée solution

Franky Zapata, le 25 Juillet 2019, a établi une remarquable performance sur 21 km qui démontre bien l'excellence de son engin et de son pilotage.

Demain matin, 4 Août, je pense qu'il réussira la traversée trans-Manche. (Ce qu'il a réalisé).

Ce moyen de transport assure un atterrissage en douceur.

En outre, et c'est extraordinaire, son Flyboard Air permettra de préparer parfaitement le déplacement d'engins de même type mais dotés de moteurs anaérobie pour se déplacer sur des planètes à faible gravité, presque ou totalement dépourvues d'atmosphère.   

C'est probablement une des raisons qui ont conduit la DGA (Direction Générale de l'Armement) à le financer. Elle a drôlement bien fait.

Monsieur Zapata, je vous remercie de l'espoir que vous entretenez dans notre pays.

Continuez !


samedi 25 octobre 2014

L'avancement du projet Dewoitine 551 (Mis à jour le 04/ 10 / 2018)

Mieux vaut tard que jamais, dit-on.


J'avais reçu en début Octobre, par l'intermédiaire de l'Echarpe Blanche, la dernière livraison de l'excellent mensuel vidéo Tripale Magazine.

Mais ce numéro est d'autant plus passionnant qu'on y trouve un remarquable reportage sur l'association Réplic'Air et son dernier projet, la construction du chasseur oublié Dewoitine 551 (voir ce post sur le projet et cet autre post sur l'avion en Juin 1940).

Il est merveilleux de voir l'esprit de l'équipe, sa rigueur et sa passion.

Je suis très impatient mais aussi curieux (et peut-être aussi un peu angoissé) de savoir comment cette petite bête de très haute performance va voler.

J'imagine qu'elle sera sacrément nerveuse !


Mais pour ceux qui auront la difficile tâche de sa mise au point, j'imagine qu'une fois qu'elle sera devenue civilisée, ils éprouveront un immense plaisir à la faire voler.


Point de 2018 : Si le calendrier initial n'est pas tout à fait tenu, ce n'est que normal, tant il y a de données à maîtriser.

Le D 551 d'origine a été conçu il y a presque exactement 80 ans... 

Tout est à reconstruire, du moteur 12 Y au type de pilotage des pilotes de chasse de l'époque. 

Le passage dans la célèbre soufflerie verticale de Lille, évoqué le 27 Juin 2018 sur le site de Réplic'Air, est une excellente nouvelle quant au bon comportement de cet avion pendant une vrille.  


Sachant que le Dewoitine 520 se comportait très bien pendant les piqués à très grande vitesse et que la voilure du D 551 est d'une épaisseur relative significativement plus faible, il me paraît difficile d'imaginer que ce chasseur puisse éprouver les graves problèmes qu'éprouva le Hawker Typhoon, doté d'une vitesse aussi grande.

J'attends avec impatience de voir sortir l'avion et de constater que ce rêve était hautement raisonnable.


N'oubliez pas de cliquer sur le lien (en bout de la seconde phrase).

mercredi 3 septembre 2014

Il y a cent dix ans, la Reconnaissance Stratégique naissait et déclenchait la Bataille de la Marne (révisé le 03 / 03 / 2024 ***)


Le 2 Septembre 1914, le caporal Louis Bréguet, emmenant comme observateur le lieutenant André Watteau et pilotant un appareil de sa conception (un Bréguet U2), découvrait l'inflexion de trajectoire de l'armée von Kluck.


Bréguet U2, ancêtre des avions de la reconnaissance stratégique (cela ne s'invente pas !) - Le pilote est à l'arrière - photo récupérée sur http://jn.passieux.free.fr/html/BreguetU2.php.




Les officiers d'état-major du général Français Joffre (et qui connaissaient les ordres du général Allemand von Moltke à son subordonné von Kluck) refusèrent de les croire. 

Ils agirent de même le 3 Septembre avec les rapports du capitaine Bellenger, qui dirigeait l'aviation de la VI ème armée Française de Maunoury.

Bellenger décida de court-circuiter la voie hiérarchique et alla directement au QG du Général Gallieni qui dirigeait la défense de Paris. 

Il informa les officiers de liaison de Gallieni et du général Britannique French qui informèrent leurs chefs respectifs.

Gallieni donna alors au général Maunoury l'ordre de se préparer à attaquer sur l'Ourq. 

C'était le début de la Bataille de la Marne, qui fut une victoire stratégique, tout autant que celle de Valmy l'avait été en 1792.



Il est possible que certains de mes lecteurs me fassent remarquer que ce fut une victoire horriblement coûteuse en hommes, ou, encore, soulignent que nos troupes furent incapables de mener à fond l'exploitation de cette victoire.

Ces remarques seraient tout à fait pertinentes.

Mais l'important est que cette victoire a bloqué définitivement la progression de l'armée de Guillaume II qui croyait la victoire à portée de sa main. 

Elle dut retraiter puis s'enterrer. 

Même les monstrueuses offensives Allemandes de 1918 ne purent retrouver le chemin de la victoire.

C'est en cela que la victoire de la Marne est stratégique.


Et c'est aussi en cela que la reconnaissance aérienne de Louis Bréguet et André Watteau est une reconnaissance stratégique : En profondeur du dispositif ennemi, elle a permis d'en déceler les intentions, permettant de contrer une mécanique jusque là parfaite.


En Mai 1940, le dispositif choisi par Gamelin (voir ici ) interdisait un tel sursaut, d'autant plus que, cette fois, les Allemands, dont les avions espions nous survolaient tous les jours impunément, connaissaient parfaitement notre dispositif et nous rendaient très difficile la réciproque.

Pourtant, comme je l'ai dit dans cet article, nos équipages de reconnaissance avaient vu et prévenu leurs chefs exactement au bon moment...
















vendredi 11 juillet 2014

La Fleet Air Arm (Aéronavale) Britannique, vraiment de retour ? (révisé 15 / 09 / 2022)




Le 4 Juillet, date très symbolique pour tout Anglophone


La reine Elisabeth II a baptisé 4 Juillet 2014 le nouveau plus gros navire de la Royal Navy, le porte-avion HMS Queen Elisabeth (à voir sur le site Mer et Marine).    

Ce navire, comme son frère qui suivra bientôt le même chemin, est un navire imposant (280 m de long, 70 m de large et 65 000 tonnes).

Le terme fleuron lui est souvent associé.

Certes, c'est un navire puissant. 

Mais il ne soulève en aucune manière l'admiration, en tout cas pas la mienne.


Il a été baptisé juste le jour de l'Independence Day, ce fameux jour où les USA, fortement aidés par la France, ont proclamé leur indépendance... contre la Grande Bretagne !


Or, le cœur militaire de ce navire, justement, est issu de choix purement US (je veux dire : décidé par le Congrès Américain).

Les avions qui se poseront sur son pont seront Américains de même que les canons qui tenteront de le défendre des agressions à courte distance.


Hors de prix

Le porte-avion Britannique dispose d'une DCA limitée à des canons Phalanx CWIS à courte portée - apparemment inférieure à 6000 m - en plus, bien évidemment, d'un ensemble d'hélicoptères et d'avions.

Les 40 aéronefs embarqués seront soit des hélicoptères, soit une grosse douzaine de Lockheed-Martin F 35 B (celui de l'US Marine Corps).

Oui, vous savez, ces fameux JSF dont le constructeur fait toujours une publicité éhontée mais qui n'a, pour l'instant, rien démontré opérationnelle
ment, presque 15 années après le premier vol du prototype (voir cet article).

En plus, ces appareils ont été interdits de vol fin Juin 2014 pour cause d'incendie moteur en plein vol (toujours mal expliqué près de 100 jours plus tard) !

Cette interdiction de vol fut assortie d'une interdiction de taxiing sur les pistes d'aérodrome, ce qui est une première à ma connaissance et l'indice d'une inquiétude réelle du motoriste, comme le fut aussi l'envoi d'une maquette grandeur nature du JSF... (voir cet article d'Aviation Week sur le sujet, ainsi que les commentaires qui y sont attachés).


Or, les F 35, de quelque version qu'il s'agisse, ne sont absolument pas capables de conquérir la suprématie aérienne sur qui que ce soit car ils ne possèdent aucune des qualités nécessaires pour y parvenir.

Pire encore, les lois de Lanchester, qui prédisent que le succès au combat va plus facilement vers les armées les plus nombreuses, montrent qu'avec 14 avions, les Britanniques ne risquent pas de dissuader grand monde.


En conséquence, le nouveau porte-avions Britannique est une sorte de très gros Mistral, mais absolument pas un instrument susceptible d'emporter une décision face à un adversaire de haut niveau.


Toute comparaison avec le PA Charles de Gaulle - capable, lui, d'imposer sa présence à distance - est donc impossible.

Le groupe aérien n'est pas plus abondant que celui du porte-avions Français, et il ne dispose même pas d'un Hawkeye pour visualiser l'environnement aérien lointain ou volant à basse altitude (pas de catapulte ni de piste oblique). On dit que le F 35 a des capacités similaires, c'est possible mais pas démontré.

Donc, nous nous trouvons face à une puissante plateforme anti-sous-marine, un navire apte à envoyer des avions de bombardement à quelques centaines des kilomètres de lui.

Ce n'est pas un navire capable de lutter contre une puissance majeure, même si je suis sûr que les marins Britanniques, grâce à leur considérable expérience, multiplieront les astuces pour en faire un engin efficace.


Un tel engin pouvait impressionner encore dans les années 80, à la fin des guerres coloniales (Malouines).

Mais, en réalité, les Britanniques viennent d'acquérir un double Mistral pour le prix de 6 ou 7. Voilà donc une dépense qui n'est pas rentable


La Fleet Air Arm reste donc à son statut actuel de force d'appoint pour les USA, ce qui a commencé lorsque le Royaume Uni a abandonné l'avion TSR 2, vecteur de la RAF et non de la Royal Navy, pour sa force de dissuasion. 

Oui, Monsieur Morin, abandonner la dissuasion nucléaire indépendante est un tout.

Maintenant, au moment où Bercy continue de désarmer méthodiquement la France, on constate que le démantèlement des puissances militaires en Europe est bien avancé ! 

Nos gouvernants, nos politiciens et nos syndicalistes n'ont aucune conscience de l'importance de notre Souveraineté Nationale.



Coup de projecteur du 1er Juillet 2020 : En ce jour précis, le monde ne va pas mieux qu'en 2014, même si, en Europe le coronavirus baptisé Covid 19 commence à calmer ses ardeurs.


Je fait juste remarquer que ce nombre serait digne d'une grande bataille de la Guerre de 1914-1918

Il y a 4 jours, le NAO, sorte de Cours des Comptes Britannique, s'inquiétait de l'avancement de ce navire vers son rôle opérationnel. 

Pour que ce soit possible, il faudrait qu'il dispose d'aéronefs (F 35B, ex-JSF), qu'il puisse aussi détecter les menaces lointaines sur Air, sur Mer et sur Terre. 





F 35 B décollant du HMS Queen Elisabeth - Le navire n'est, apparemment, pas vraiment chargé et la proximité du tremplin tend à faire croire que l'avion monte mal.


Il semblerait que ce porte-avions :
  • ne dispose que de 14 avions, moins de la moitié de ce qu'emmène le CDG, 
  • nos Rafale Marine sont beaucoup plus armés que les F 35, 
  • n'a pas encore de radar aérien opérationnel (programme trop ambitieux ?) 
  • ne soit pas encore bien équipé contre les sous-marins.

Le missile de croisière AGM 158 C (de Lockheed-Martin), qu'il peut déployer, démontre une forte parenté d'aspect  avec les missile Apache (MATRA/MBB) et à son dérivé, le SCALP - EG.

Les portées sont de l'ordre de 1 000 km, mais la charge transportée reste de l'ordre de la demi tonne. Si elle n'est pas nucléaire, elle a peu de chance d'impressionner qui que ce soit.

Tout cela ne donne pas l'impression de puissance que dégageait la RN à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale.










samedi 14 décembre 2013

Un Dewoitine 551 en vol ? C'est Noël ! (Actualisé 08 / 03 / 2014)

L'Echarpe Blanche a donné une information enthousiasmante, ce 13 Décembre 2013, comme pour fêter la fin du raccourcissement des jours : Il est très fortement question que la société Réplic'Air construise entièrement un Dewoitine 551, le chasseur qui commençait à sortir en petite série des ateliers Dewoitine à la mi-Juin 1940.

J'ai parlé de ce chasseur dans ce post.

Vous lirez dans les 2 sources situées en bas de page qu'après avoir analysés tous les problèmes à résoudre, il ferait enfin son premier vol - en tant que chasseur - et cela donnera à réfléchir. 

Dans l'esprit de Marcel Doret, son premier vol a bien été réalisé en Juin 1939, sans armement et avec une voilure réduite à 11 m².

L'avion s'était révélé très équilibré et stupéfiant de rapidité sur tous les plans


Si nous avions pu bloquer les Allemands, il nous aurait permis de limiter rapidement la toute puissance de la Chasse Allemande, comme le Yak 3 l'a fait en 1943/44 en Russie...





Jolie représentation du D 551 chez Réplic'Air


Je doute vraiment qu'il y ait de mauvaises surprises aérodynamiques.

Alors, bonne chance à cette équipe ambitieuse. 



Actualisation I -  Le 6 Mars 2014, une très bonne nouvelle : Un moteur Hispano-Suiza 12 Y 51, dont je pensais qu'il n'en existait plus, est arrivé chez Réplic'Air.


Bien sûr, il va être entièrement revu de A à Z. 

Mais c'est un très grand pas en avant vers la réalisation de ce projet merveilleux. 



sources Aérobuzz, pilotermag

jeudi 3 octobre 2013

Le Dewoitine 520 : 95 ans, déjà !

En ce 2 Octobre 2013, j'ai une pensée émue pour Marcel Doret qui décolla le D.520-01 il y a exactement 85 ans, 3 jours après les accords scélérats de Münich qui ouvrait à Hitler la route de la guerre et de l'infamie.

Ma pensée s'étend, bien sûr à MM Dewoitine, aux ingénieurs Vautier  et Castello, aux techniciens et ouvriers de la Société Nationale de Construction Aéronautique du Midi.


Ce vol eut pu se passer une année plus tôt si les décideurs n'avaient pas bloqué le projet Dewoitine.

Il eut été possible de renverser la table de toute façon dès Janvier 1939 : L'avion avait été vu comme excellent par Michel Détroyat. 

On lançait toute la machine industrielle pour fabriquer les D 520 tels qu'ils avaient été conçus. Au 1er Septembre 1939, nous en aurions déjà eu un peu plus de 500. 

On a construit des MS 406 qui était déjà périmés avant même leur acceptation par le CEMA en Juillet 1936.

Le D 520 reste quand même une vraie merveille qu'il eut été judicieux de construire à haute dose dès le début...




Pour lire le premier de mes articles sur cet avion, cliquez ici.

samedi 31 août 2013

L’interventionnisme intégral ou : Sur les traces de Guy Mollet ? (révisé le 21 / 02 / 2025 *** ***)

Gendarme du Monde en 1956 : Pas si simple, déjà


Il est ennuyeux, au moins dans mon pays, la France de 2013, d'avoir un âge avancé et de garder intacte sa mémoire. 

Pourquoi ? Parce que j'ai l'impression de me retrouver en Automne 1956 (j'avais onze ans), lorsque le Président du Conseil Guy Mollet - qui, peu après son investiture, avait déjà donné à la Guerre d'Algérie son caractère inhumain pour les 2 camps - avait pris la décision aussi stupide que désastreuse de détruire le dictateur Égyptien Gamal Abdel Nasser.

Il est vrai que celui-ci soutenait le FLN Algérien (qui avait déclenché sa guerre d'indépendance depuis 2 ans) et, en plus, il avait nationalisé le Canal de Suez. 

Un double affront !


Nous sommes allés à ce combat avec la Grande Bretagne (soi-disant puissance nucléaire) dirigée alors par Antony Eden, véritable grand ami de la France, et Israël, qui, bien à tort, paraissait alors être un nain militaire.

Au début d'un processus militaire dont tous les détails étaient connus des décideurs du monde entier depuis des mois (!), candidement, nous avons pourtant débarqué à Port Saïd, et, de là, obtenu une forte avancée militaire sur le terrain. 

Le simple fait d'impliquer Israël avait donné tous les détail de l'opération aux USA et à l'URSS. 

Lorsque l'Egypte, également laminée dans le Sinaï par l'Armée Israélienne, fut vraiment sur le point de s'effondrer, l'URSS de Khrouchtchev menaça la France et la Grande Bretagne d'une frappe nucléaire (avec des fusées dont l'Occident commençait à comprendre qu'elles fonctionnaient très bien 3 années pleines avant que les USA soient capables d'en faire autant). 

Rien que cela !


Les USA du Président Eisenhower, superpuissance de fait à l'époque, refusèrent de nous soutenir. 

Bien pire, ils nous enjoignirent très sèchement de rembarquer aussi vite que possible. 

Nous exécutâmes donc une retraite particulièrement humiliante, ce qui n'améliora pas notre crédibilité vis à vis des autres pays, en particulier de nos colonies. 


Cela signa la fin de l'indépendance militaire de notre Allié Britannique qui "courageusement", vint se réfugier sous le parapluie US. 

Quant à la IVème République Française, ce fut, heureusement, le début de sa fin.


Punir la Syrie


Dans notre présent (Août 2013), il est dit depuis quelque temps que Mr Assad a gazé une partie de sa population.

Mais d'autres sources, indépendantes de Mr. Assad, disent que ce sont certaines factions rebelles (proche des Saoudiens) qui ont fait cela.

Les gaz de combat, arme des lâches s'il en est, sont très courants dans la région - ils y sont, semble-t-il, relativement faciles à acheter, tout comme nombre de matériels de guerre hyper chers.

Les deux hypothèses sont donc également plausibles. 



Mais, de part l'expérience accumulée par mon père et mon grand-père maternel pendant la Grande Guerre et indéfiniment ressassée devant moi, j'ai quelques doute sur le fait qu'un chef de guerre, si insensible qu'il soit, envoie des gaz de combat hyper-toxiques (organo-phosphorés) à quelques kilomètres de ses propres centres militaires de commandement.

Pourquoi ? Parce que les gaz ne répondent jamais aux ordres. Ils vont là où les turbulences atmosphériques les emmènent. Surtout dans une ville. 

Un de mes lecteurs a exprimé l'idée que les dictateurs s'en moquent, puisque la vie des autres ne compte pas à leurs yeux.

Je me permets juste de répondre qu'un dictateur est rarement suicidaire : S'il empoisonne ceux de ses militaires qui défendent son régime, il va très exactement scier la branche sur laquelle il est assis. 


Au Moyen Orient, les dictateurs sont aussi fréquents que les systèmes lançant des gaz mortels. 

Leurs comportements ne sont pas plus humains que ceux de Mr Assad, comme l'a démontré le souverain du Bahrein, il y a quelques années en massacrant sa population dans notre indifférence totale. 

Nous l'avons su, mais nous n'avons rien fait, au prétexte qu'il exterminait des Chiites (65% de la population native...) et que ces gens devaient donc être gouvernés par les autorités Iraniennes. 

Il y a, dans ce tableau, toutes les traces d'une histoire régionale très tourmentée, mais vous le saviez déjà, je le pense.



Action, réaction

Mr Obama semble aujourd'hui vouloir taper sur les doigts de Mr Assad comme Ronald Reagan avait frappé Kadhafi en Avril 1986, après un attentat dans une discothèque de Berlin.

Si l'hypothèse US est véridique - et elle est tout à fait plausible - quel sera le sens d'une "punition" ?

Historiquement, cela signifierait que les USA seraient toujours le Gendarme du Monde.


Mais la dernière action US réalisée dans ce sens fut la Guerre d'Irak en 2003, fiasco politique gigantesque, avec, à la clef pour les bonnes âmes, des centaines de milliers de morts Irakiens et environ 5 000 morts Alliés. 

Mr Obama a beaucoup profité de ce désastre politique pour être élu.

L'allégation de l'existence d'armes de destruction massive en Irak n'étaient que de grossières manipulations de la CIA pour tromper la fameuse Communauté Internationale.

Ces fausses nouvelles n'avaient pas résistées à l'avancée des troupes Anglo-Saxonnes qui, à leur grande honte, découvrirent que l'Irak de Saddam Hussein n'avait rien en terme d'armes nucléaires, exactement comme le Président Jacques Chirac l'avait dit haut et fort.



Il se trouve que notre président actuel, chef des armées de par la constitution de 1958, et sans doute inspiré par son succès Malien, a dit à qui voulait l'entendre qu'il allait punir Mr. Assad.

Nos médias, comme d'autres, balayent les nombreuses hypothèses de frappes possibles. 

Cela m'a rappelé le bombardement de Damas en 1925 par le Général Sarrail (quasiment socialiste), pour imposer notre mandat colonial sur ce territoire que nous voulions reprendre aux Turcs. 

Justement, ces temps-ci, les Turcs (devenus islamistes) sont très en pointe contre Mr Assad. 

J'ai vraiment du mal à y voir autre chose que leur volonté de reconstituer la Grande Turquie Ottomane.



Et les moyens de ta politique, Toi Président ?


Le gouvernement Français a publié un Livre Blanc sur nos Forces Armées. 

On y traite des moyens de nos armées. 

Parmi ces moyens, il y a d'abord les hommes, mais il y a aussi les matériels, la logistique, le renseignement, etc.

Nous avons, peu à peu, abandonné successivement :
  • La construction de fusils d'assaut à d'autres ;
  • La réalisation d'avions d'entraînement initial (je pense à feu l'Oméga, d'Aérospatiale).
Les emplois sont partis dans la foulée et, du coup, une partie de notre économie militaire s'est effilochée.


Nous avons encore la chance ahurissante de disposer d'un des tout meilleurs avionneurs du monde, Dassault.

Voilà une entreprise qui nous apporte ce qui m'apparaît comme le meilleur avion de combat du moment dans le monde occidental, le Rafale qui, lui, n'a rien d'un avion de papier : Il vole et combat régulièrement (beaucoup, même).


Pourtant, ce gouvernement pense qu'il faut se contenter de seulement 225 de ces engins. 

C'est trop faible, même si c'est dix fois ce que l'Armée Suisse imaginait acheter. Mais la Suisse voulait juste assurer la sécurité de son ciel. 

Rien à voir avec les déploiements aux quatre coins du monde que nous réalisons.


Ces 225 Rafales issus du Livre Blanc donnent peut-être une impression de sérieux aux politiciens.

J'imagine - avec beaucoup d'optimisme - qu'ils vont me dire que c'est 20% plus que les 187 chasseurs F 22 Raptor acquis par les USA.

Oui, sauf que les USA disposent au total de 14 500 avions de combat (leurs 7500 drones n'y étant pas inclus). 

Cela leur permet encore de frapper n'importe où quand ils veulent.


Nous, nous ne disposerons que de bien moins de 300 avions de combat.

Alors, pour se lancer dans une punition de Mr Assad, après avoir fait la guerre en Afghanistan et au Mali (deux zones où nous restons encore avec beaucoup d'hommes), alors que nos soldats sont encore déployés un peu partout, Toi Président, cela exigera de disposer de réserves substantielles d'hommes et de matériels.


Bien sûr, la maîtrise du terrain se fait par l'Infanterie et les blindés, mais les éléments qui permettent la surprise sont essentiellement aériens.

Je n'aurais jamais de sympathie pour aucun dictateur, quel qu'il soit et de quelque pays qu'il soit. 

Mais il y a pas mal de risques à jouer les gendarmes du monde.
  1. Le premier risque est de ne pas réussir : Voir l'exemple Anglo-Saxon en Irak de 2003, où le résultat obtenu est une dictature religieuse et une guerre civile inextinguible... Minables calculs de MM Bush, Blair, Rumsfeld et Cheney !                                                                
  2. Le second est de trop bien réussir, ce qui gonflerait sans appel l'ego - déjà imposant - des dirigeants, ce qui les conduirait à faire haïr leur propre pays.                                            
  3. Un troisième risque consisterait à installer un nouveau dictateur qui profiterait de la disparition des supports du pouvoir précédent pour s'installer et opprimer tous ceux qui ne sont pas ses amis.                                                                                                                         
  4. Un autre encore serait de devoir faire la preuve de notre partialité en n'intervenant que contre les dictateurs qui ne nous sont pas favorables.

Et, en conséquence, si tu veux jouer ce rôle, Toi Président, il te faut déjà  commencer par augmenter le budget militaire de la France et le nombre de Rafale.

Simplement, parce que, pour jouer le Gendarme du Monde, il faut en avoir les moyens, et pas seulement pour 6 mois, mais pour au minimum 20 ans.

Quid du Califat Islamique ?


Depuis que j'ai écrit cet article (31 Août 2013), les choses ont évoluées dans le mauvais sens, quand bien même nous n'avons pas bombardé Mr Assad. 

Nos politiques, totalement ignorants de la complexité de tout ce qui a fait partie de l'Empire Ottoman, ont armés des groupes dont la volonté hégémonique a eu raison de l'unité de la Syrie. 

Un Califat s'est installé en appliquant assez strictement les méthodes du roi Tamerlan (ou Timour 1336-1405), celui-là même qui faisait ériger des pyramides de têtes pour terroriser ceux qui s'opposaient à lui et qui inventa la Burqa...


Le jeu, très byzantin, de Mr Erdogan n'arrange en rien les affaires des peuples de la région dont les diverses minorités sont maintenant soumises à une véritable épuration ethnique.












dimanche 2 juin 2013

Des cyber-attaques au Pentagone ! Et alors ? (révisé 06 / 07 / 2024)



Ah ! Les médias !...


Les journalistes US, repris très rapidement par leurs confrères du reste du monde, ont étalé devant nos yeux et nos oreilles le danger monstrueux que courrerait la défense américaine par la faute de vilains hackers définis comme chinois.

Des plans de systèmes dont dépend la survie même des USA auraient ainsi été volés. 

La même chose aurait touché l'Australie dont les plans du futur bâtiment censé héberger la cyber-défense Australienne auraient aussi été chapardés.

Que d'émotion !


Savoir raison garder


Il est naturel d'informer les citoyens de ce qui arrive dans le monde. Mais on me permettra peut-être d'exprimer une légère réserve, qui commence par quelques rappels.
  • Le Net que nous connaissons existe depuis plus de 20 ans. Il est une voie de transit pour des informations qui passionnent beaucoup de gens. Les pirates informatiques sont nés de leur capacité à récupérer tout type d'information disponible.  Ils deviennent chaque jour plus forts et se multiplient.
  • Pirater un réseau informatique peut démarrer par la récupération du mot de passe.   C'est un jeu de l'esprit. Donc c'est motivant, voire passionnant. 
  • Cette forme de piratage est célébrée avec admiration aux USA depuis 30 ans. Des romans, des films, ont largement popularisé ces pratiques.
  • Il n'existe pas de protection parfaite dans ce domaine, sauf à réinventer la roue.

En fait, la seule protection vraiment infranchissable (pour l'instant) est la simple déconnexion par rapport au webDonc, il n'y a rien de nouveau sous le soleil. 

Bien sûr qu'il y a des pirates informatiques. 

Les uns cherchent à faire parler d'eux, d'autres veulent gagner beaucoup d'argent en dérobant de l'information protégée. 

Une autre catégorie essaye de détruire les données en question pour diverses raisons.

C'est inévitable. Mais...


En danger, la défense US ? You must be joking !


Si l'Informatique est née essentiellement en Grande Bretagne, avec Alan Turing et sa géniale Machine éponyme, c'est aux USA qu'elle s'est épanouie. 

Dans la seconde partie des années 50, pendant que les lanceurs US hyper sophistiqués (pour l'époque) étaient ridiculisés par ceux (bien plus solides) lancés par l'URSS, l'esprit informatique progressait à pas de géant, mais presque uniquement aux USA. 

Dès 1965, grâce à leur maîtrise de l'Informatique, les Américains avaient pris la tête dans la course à l'espace et nous donnaient les premières images de la surface Martienne. 

Toutes les fautes qu'ils avaient commises, ils les avaient identifiées, les avaient dépassées et ils avaient pris une avance gigantesque sur tous les autres.

Je n'ai - pour l'instant - aucune raison qui me donne à penser que les USA aient laissé filer leur avance dans ce domaine. 

Le secrétaire d'Etat, Mr. Hagel, nous dit que les piliers de la défense de son pays seraient en grand danger. 
  • Il a cité le vol de plans du bombardier tactique Lockheed F 35 (alias JSF), dont je vous ai dit toute la méfiance qu'il suscite en moi. 
  • Il parle aussi du missile anti-missile Patriote, du navire de combat côtier LCS, etc. 

Le F 35 est annoncé furtif, et cette furtivité résulte beaucoup de ses formes, en partie reprises sur celles de son cousin le F22 Raptor. 

Les photographies existantes permettent de reconstituer parfaitement la structure 3D de cet avion. 

Quant à son avionique hyper-sophistiquée, nous savons qu'elle ne marche pas comme elle était censée le faire d'après les engagements du constructeur.

Si, hypothèse idiote, évidemment, la Corée du Nord voulait fabriquer un engin de cette forme, je ne vois rien qui l'oblige de lancer un hacker pour en voler les plans. 

Si elle cherche à en voler le programme informatique, c'est peut être juste pour voir tout ce qu'il ne faut pas faire du tout... (je plaisante, bien sûr ! quoique...).

J'en dirais autant pour le Patriote qui, depuis ses échecs mal camouflés de la 1ère guerre du Golfe, ne m'a jamais enthousiasmé.

Le LCS est un concept de navire qui est décliné sous deux espèces totalement différentes : 
  • Un monocoque très classique (45 kts) fabriqué par Lockheed-Martin,
  • Un trimaran futuriste (50 kts) réalisé par Northrop-Grumman. 

Tous les deux sont construits en aluminium, ce qui me pose des questions quand à la tenue de ce métal face à la cavitation. Mais, là encore, les photographies suffisent.

Cerise sur le gâteau médiatique, sur une chaîne Française de télévision, j'ai entendu le journaliste à l'antenne dire très sérieusement que "les Chinois auraient ainsi obtenu les plans du Northrop-Boeing F18." 

Je n'ai pas retrouvé cette info sur le site d'Aviation Week ni sur un autre site spécialisé. 

Mais entendre cela est réjouissant, le F 18 est loin d'être le chasseur de l'année : Il a été conçu en 1973, donc 5 années avant notre Mirage 2000, qui, s'il n'est pas modernisé, va sortir dans peu d'années de notre inventaire !



Les vrais dangers


Donc, pour l'instant, on me pardonnera de ne pas croire que la défense Américaine soit en danger sur ce plan.

Par contre, le système politique US est actuellement bloqué et les crédits y sont sous le régime dit de séquestration qui annule certain d'entre eux. 

La manœuvre du Secrétaire Hagel peut être d'amener ses adversaires (et anciens amis politiques républicains) à assouplir leur position...

En ce qui me concerne, cela me rappelle un pratique politicienne bien connue dans le monde entier qui consiste à essayer de persuader le publique qu'une menace terrible le menace si de "bonnes décisions" ne sont pas prises.

En ce qui concerne la défense US, il y a encore beaucoup de marge avant qu'une puissance terrestre quelle qu'elle soit - même une coalition - puisse la menacer, et en particulier sur le Cyber plan !


Par contre, il y a des profiteurs scandaleux. 

Ainsi, on a appris, la dernière semaine de Mai 2013, que les navires devant supporter les atterrissages verticaux du F 35 B des Marines allaient recevoir un ensemble de protection pour leur pont d'envol, leur rambardes, leurs antennes et même les systèmes d'avitaillements. 

Ce risque, pointé très tôt par les adversaires du JSF, découle naturellement de la très grande puissance nécessaire pour réussir ce type de manœuvre (plus de 20 tonnes de poussée contre un peu plus de 10 tonnes pour l'AV 8 B Harrier II employé jusqu'ici.

Vu le nombre et la taille de ces navires, cela va coûter très cher !