lundi 7 juillet 2014

La violente histoire de la Pologne explique le drame de 1939 ...mais, aussi, l'actualité Ukrainienne de 2014 ! (Révisé le 12 / 09 / 2016)


La Pologne est un pays extrêmement attachant et qui a beaucoup apporté au monde. 



Elle servit, bien involontairement, de première victime à la puissante Wehrmacht de Hitler pour déclencher SA guerre.

De cette manière, les soldats Allemands, en se confrontant d'emblée à des fantassins très entraînés et d'un courage légendaire, apprirent en trois semaines que les options choisies par leurs chefs étaient terriblement efficaces.


Ils avaient désormais acquis une grande confiance en eux-mêmes comme dans les trois forces qui les soutenaient de manière parfaitement efficace : Les chars de Guderian, les avions de Kesselring et les navires de Raeder.


Le choix d'Hitler d'attaquer ce pays démontrait aussi la qualité de son service de renseignement qui avait su déceler l'ensemble des faiblesses des choix militaires Polonais.

Il confirmait enfin l'efficacité démobilisatrice de ses paroles mielleuses face au premier ministre Britannique Neville Chamberlain à Bad Godesberg puis à Münich en Septembre 1938. 

En agitant le spectre de la guerre en Europe, Hitler avait mis hors jeu la France et la Grande Bretagne tout en désarmant définitivement la Tchécoslovaquie, leur allié le plus solide.

En effet, la puissance militaire Tchécoslovaque eut été bien plus dangereuse pour la Wehrmacht que celle de la Pologne, avec une aviation de chasse trois fois plus nombreuse et considérablement mieux équipée, une puissante artillerie antichars, d'excellents chars de combats, mortels à 600 m pour les Panzer I et II, très dangereux pour les excellents Panzer III Allemands qui ne commencèrent à être produits qu'à partir de 1939, après l'annexion de la "Bohème-Moravie" par le IIIème Reich.


Avant de souligner les impasses désastreuses des décideurs Polonais, dont la première - politique, à cause du ministre des Affaires Etrangères Beck - fut d'abandonner la Tchécoslovaquie à Hitler et les autres furent techniques, je vous invite à visiter l'évolution géographique de la Pologne.






Petit rappel d'un lointain passé 



La carte de 1634 que je propose à votre observation attentive a été publiée dans un dictionnaire encyclopédique publié vers 1900, période au cours de laquelle la Pologne n'existait plus.

Elle avait perdu son indépendance et, divisée en provinces réparties entre ses ennemis, il était bien difficile de lui tracer des frontières. 

Alors, par cette carte, l'auteur de l'article avait probablement voulu montrer ce qu'avait été, jadis, le "Grand Royaume de Pologne", ou, plus exactement le Royaume des deux Nations. 

On y voit que la seule frontière facilement défendable de ce royaume était la crête Carpatique au Sud-Ouest, face à la Hongrie.

Les autres frontières étaient des plaines rarement bordées de lignes d'eau, sauf dans la partie Sud de l'actuel Ukraine.

Cette Pologne, associée au Duché de Lituanie, avait combattu en permanence et de tous côté, s'étalant surtout au Sud et à l'Est, au détriment de la Russie (détruisant la Russie - ou Rous' - de Kiev). 


L'impérative nécessité 
de combattre en permanence avait fini par forger de très fortes vertus militaires au sein des populations de ce royaume, les plus belliqueuses qui soient.

La pratique politique y était d'apparence relativement démocratique (pour l'époque). 


Mais la notion d'intérêt national touchait peu les hobereaux aux ego surdimensionnés (comportement qui n'est propre ni à la Pologne ni au passé).






Collection  personnelle de l'auteur. Carte de la Pologne en 1634 ! La Russie y est baptisée Tzarat de Moscovie





Les appétits de l'Empire Ottoman, de l'Empire Austro-Hongrois (que la Pologne avait pourtant largement contribué à sauver des Turcs peu avant), de l'Empire Russe et même du Royaume de Suède, avaient largement profité des divisions suicidaires créés par les clans internes au système étatique Polonais. 


Ainsi, les cosaques Ukrainiens s'étaient alliés aux Russes, ce qui eut et a
, encore aujourd'hui, des répercussions considérables (les cosaques du Don se russifièrent complètement, tandis que les cosaques Zaporogues choisirent, pour la plupart, une direction exactement opposée...).

En 1795, la Pologne avait donc disparu des cartes de Géographie, malgré de nombreux soulèvements, tous réprimés dans le sang.  









Au XIXème siècle, la Pologne n'était plus qu'une province de la Russie  et de la Prusse (sur ce site Larousse : Allemagne, Histoire, chap. 5)




En 1916, un simulacre d'octroi d'indépendance Polonaise fut imaginé par les Empires Centraux (Allemagne de Guillaume II et Autriche Hongrie de François-Joseph). 

Mais ce n'était qu'une duperie destinée à transformer les soldats Polonais en chair à canon anti-Russe pour pouvoir masser plus de troupes Allemandes sur le front Français. 


Cette manœuvre répugnante échoua, heureusement.


La Pologne, dont Pilsudski avait proclamé l'indépendance le 11 Novembre 1918, fut finalement et heureusement ressuscitée par le traité de Versailles en 1919. 



Hélas, le président Américain Woodrow Wilson ne s'occupait en réalité ni des nations ni des peuples. 


Il écoutait uniquement les groupes nationalistes, avec l'idée majeure de faire de leurs pays d'éternels clients des USA (une pratique dangereuse s'il en est).

A l'imitation du chancelier Prussien Bismarck, il prétendait que les nationalités devaient reposer seulement sur la nature de la langue parlée (ce qui - en bonne logique - aurait dû faire des USA un morceau de l'Angleterre !). 


L'application irréfléchie de cette théorie fut, en fait, très défavorable à la Pologne. 

L'enclavement de la Prusse Orientale et le refus de reconnaître Dantzig comme ville Polonaise ouvrait la porte aux contestations de tout maître d'une Allemagne expansionniste.

Il est probable que quelques "brillants esprits" aient imaginé que l'intrication de territoires Allemands et Polonais pouvait servir à corseter l'URSS et à limiter la mainmise communiste sur l'Europe. 

Ce calcul fut catastrophique.

L'allumette destinée à déclencher la Seconde Guerre Mondiale était donc mise en place par un homme qui voulait apparemment la Paix.



Pourtant, la première agression que la Pologne dut subir vint de l'URSS de 1920 qui voulait en faire un état bolchevique.


Les Polonais, dont l'Eglise Catholique avait permis de maintenir la cohésion nationale, ne partageaient vraiment aucune des idées de Lénine. 


Ils n'entendaient surtout pas devenir une province marxiste de l'URSS :  
Ils voulaient simplement retrouver leur souveraineté perdue au 18 ème siècle. 

Il est facile de les comprendre.

Ils résistèrent donc brillamment, 
avec le soutien des Alliés victorieux de l'Allemagne, et en particulier de la France, aux troupes du Général Mikhaïl Toukhatchevski, de Leon Trotski et de Joseph Staline. 


Ce fut à ce moment là que le Maréchal Pilsudski, victorieux des Bolchéviques, devint, de fait, le maître de la Pologne, jusqu'à sa mort en 1935.









La Pologne du traité de Versailles (Wikipedia)





Pendant tout son règne dictatorial, Pilsudski tenta à la fois de réunir les pays Baltes, la Pologne et la Biélorussie dans un ensemble stable apte à résister à l'URSS comme à l'Allemagne. 

Il finança largement les divers mouvements indépendantistes (en particulier Ukrainiens...).

Malheureusement pour son pays, il avait fait sanctuariser l'infanterie et la cavalerie parce qu'elles lui avaient permis de l'emporter en 1920.

Comme en France, elles drainaient beaucoup trop d'argent au détriment des armes modernes qu'étaient clairement les blindés et l'Aviation, cette dernière étant cantonnée au taux ridiculement faible de 2% du budget militaire !


La Pologne du traité de Versailles, hélas, disparut de nouveau sous les coups associés de Hitler et de Staline en 1939.

Parmi les membres de l'élite Polonaise qui étaient restés dans leur pays, 25 000 furent assassinés, notamment à Katyn, par le NKVD de Beria, sur ordre de Staline.




La Pologne, telle que nous la connaissons, fut redessinée en 1945 par Staline à Yalta avec la 
totale bénédiction de Roosevelt

Cela s'accompagna de transfert de populations pour éviter tout irrédentisme (du genre de celui des Sudètes de Tchécoslovaquie pour se rattacher à l'Allemagne en 1938). 

Si cette solution était brutale, elle avait cependant l'immense mérite de régler les éventuels mécanismes qui pourrissaient la vie des pays Balkaniques lorsque les différentes communautés refusaient totalement de vivre ensemble.








La Pologne de 1945, est la partie blanche augmentée des parties roses mais diminuée de la partie grise (Wikipedia)





Les Polonais y ont vu, à tort, l'intervention de la Russie, oubliant que le Géorgien Josef Dougachvilli (dit Staline) n'avait aucune considération ni pour la Russie ni pour son peuple (qu'il avait considérablement massacré), pas plus que pour aucun autre peuple au monde. 

Seul son propre pouvoir l'intéressait.



Les moyens de l'aviation Polonaise en 1939




La chasse



Avant le XX ème siècle, l'arme la plus rapide était la cavalerie et les Polonais avaient 
d'excellents cavaliers que Russes et Allemands avaient appris à respecter. 

La 1ère Guerre Mondiale s'était terminée, je le rappelle à tout hasard, sur le triomphe des chars et des avions.


Étonnamment, la vaste Pologne s'était peu intéressée aux chars et aux avions. 


Pour autant, elle ne manquait pas d'excellents pilotes, ce qui aurait pu lui permettre une rapide montée en puissance.



En 1934, elle disposait d'un bon chasseur pour l'époque, le PZL 11, assez peu puissant, mais léger, doté de très bonnes capacités manœuvrières et d'une bonne vitesse de montée.


L'avion était long de 7.55 m, sa voilure de 11 m d'envergure avait une surface de 17.9 m².


La masse de ce chasseur était de 1150 kg à vide et 1630 kg au décollage, lui conférant une charge alaire de 91 kg/m².

Sa construction intégralement métallique lui conférait un état de surface bien supérieur à celui des productions contemporaines.

Il atteignait, au moment de sa livraison, 370 km/h en altitude tout en gardant une vitesse minimale de 110 km/h, excellente vu l'absence de volets (le Dewoitine 500, contemporain, décrochait à 125 km/h). 








Le rayon d'action était de 700 km.


Toutefois, même si sa vitesse de montée à 5000 m en 6 minutes était très bonne, les 7 000 m étaient atteints en 13', ce qui n'était pas du même niveau (le Bf 109 E, dans le même temps, était presque 1 000 m plus haut). 


Le plafond pratique ne dépassait pas 8 000 m, ce qui était très insuffisant, et donc pain béni pour les avions de reconnaissance Allemands et Russes qui passaient facilement au-dessus.

De plus, son armement était limité à 2 mitrailleuses de 7.92 mm (le Dewoitine 500, contemporain, en portait le double). Ces armes légères étaient en outre, semble-t-il, sujettes à des enrayages fréquents.


Un doublement de cet armement fut 
réalisé tardivement sur le tiers des avions existants avec des mitrailleuses plus fiables.


En 1939, la Pologne possédait encore 110 exemplaires du modèle C (que je viens de décrire), 20 exemplaires du modèle A, plus ancien et plus lent de 40 km/h (lors de la livraison...) et une trentaine d'avions en réparation.


A cela, se rajoutaient 30 PZL 7 très usés qui ne devaient même pas atteindre les 300 km/h.


Dans le meilleur des cas, l'aviation Polonaise disposait donc en tout de 190 avions de chasse dont un tiers n'avait aucune chance d'effectuer une couverture aérienne digne de ce nom.



Pourtant, dès 1936, les avionneurs Polonais avaient compris que leurs chasseurs étaient complètement archaïques et tentèrent d'en fabriquer de plus modernes. 

Le projet choisi tarda à se concrétiser parce que la technologie des ailes basses sans mâture ni hauban (cantilever) comme celle des trains escamotables n'avait pas été préparée.


Le gouvernement tenta alors une re-motorisation du PZL 11 C en PZL 11 G qui pouvait passer les 390 km/h, ce qui ne changeait absolument pas les données tactiques : Il manquait toujours 160 km/h à ce chasseur ! 

En plus, cette décision fut trop tardive pour être réalisée : Un seul exemplaire semble avoir pu être employé opérationnellement !



Cette décision était, en elle-même, stupéfiante, car la Pologne avait, dans le même temps, construit et vendu pour l'exportation de nombreux exemplaires d'un dérivé bien plus performant du même avion, le PZL 24.

Cet appareil reçut successivement 3 versions du moteur Gnome et Rhône K 14. 













La vitesse de pointe de ce chasseur atteignait 430 km/h avec le moteur le plus puissant.

Le plafond dépassait 10 000 m.




Pour je ne sais quelle obscure raison, sans aucun doute restée secrète, cet avion ne fut pas commandé en grande série par les Polonais (même si l'Histoire de l'Aviation publiée par René Chambe en 1960 contenait une superbe aquarelle de Paul Lengellée le montrant en plein combat en 1939 !).

Pourtant, ce chasseur eut été capable de modifier très sérieusement la balance des forces aériennes en faveur de son pays d'origine dès le 1er Septembre 1939. 


Etant plus rapide de 50 km/h, il pouvait courser tous les bombardiers Allemands (ou Soviétiques) et offrait une toute autre capacité défensive face aux Messerschmitt Bf 109.

En effet, les Bf 109 des séries antérieures à la série E, en nombre encore important en Septembre 1939, n'avaient qu'un faible avantage de vitesse horizontale sur lui et montaient à la fois moins vite et moins haut.




Lorsque les Polonais comprirent en 1936 (avec 2 ans de retard) que le temps des ailes hautes haubanées et des trains fixes étaient révolus, le constructeur PZL décida de changer son fusil d'épaule de manière radicale et commença à élaborer un nouvel avion, le PZL 50. 





PZL 50 - Version I - 



Cet avion montrait clairement l'influence du P 35 Américain (lointain ancêtre du P 47 Thunderbolt), qui, malheureusement, était loin d'être un succès. 

Ce PZL 50 vola effectivement en 1938 mais ne réussit pas à dépasser 440 km/h. 

L'engin n'était pas très manœuvrant aux dires de ses pilotes d'essai. 
Peut-être était-il seulement inhabituellement lourd aux commandes ? Sa masse de 50 % plus lourde que celle des chasseurs qu'il était censé remplacer pourrait en être l'explication.

De plus, il grimpait très lentement (plus lentement encore que le Morane 406, c'est dire !) et ne dépassait pas un plafond pratique de 7 000 m.

Il suffit de regarder la photo ci-dessus pour comprendre que les fées de l'aérodynamisme n'avaient pas voulu visiter son berceau !


Le dessin du fuselage fut entièrement repris pour aboutir à quelque chose de proche du Bloch 151. 

Mais ce fut trop tard : La guerre venait de commencer. 




L'initiative Roumaine : Comment résoudre élégamment un problème en partant exactement du même point !  


La Roumanie avait acheté des PZL 11 à la Pologne puis avait aussi acheté la licence de fabrication de son successeur PZL 24. 

Les Roumains avaient bien analysé l'évolution technique des chasseurs dans le monde. 

Ils avaient donc décidé de construire un dérivé du PZL 24 comprenant des ailes basses, des volets de courbure et un train rétractable, qu'ils baptisèrent IAR 80. 

Le fuselage, depuis le poste de pilotage jusqu'à l'extrémité arrière, était quasi-identique à celui de son ancêtre Polonais. 

Le moteur avait été avancé par rapport à la voilure et un réservoir de plus grande taille avait été monté.

Le capot moteur nettement mieux profilé cachait le même moteur que le PZL 24, un Gnome et Rhône de 930 Cv produit sous licence en Pologne.

L'habitacle, bien dessiné, avait des point communs avec celui du Spitfire, et comme lui, il n'assurait pas une vision à 360°.






IAR 80  -  On a du mal à imaginer que ce chasseur très fin était un dérivé direct du PZL 24



Le prototype en vola en Avril 1939, atteignit une vitesse de 510 km, monta à 5 000 m en 6 minutes et démontra un plafond de plus de 10 000 m. 

C'était d'excellentes performances.

Facile à piloter, l'IAR 80 était aussi très maniable. 

Il fut commandé en série.

Si Roumains et Polonais avaient unis leurs efforts, cet avion serait sorti plus tôt et aurait apporté à l'aviation Polonaise une capacité de nuisance bien supérieure face aux Allemands. 



Le bombardement


Les bombardiers Polonais étaient, eux aussi, peu nombreux.


Le plus abondant (si l'on peut dire !) était le PZL 23 Karas, monomoteur triplace employé autant pour le bombardement que pour la reconnaissance.


La conception était "moderne" pour l'époque, mais le gros train fixe, la gondole inférieure taillée à coup de serpe et l'ouverture gigantesque destinée au mitrailleur lui mangeait certainement une bonne quantité de vitesse tout en induisant de sérieux problèmes de pilotage. 








PZL 23 Karas


Le moteur Bristol développait 700 Cv.


La vitesse de pointe atteignait 320 km/h à 3 650 m d'altitude et l'autonomie dépassait 1 200 km.


Cet avion montait à 2 000 m en 5 minutes et à 4 000 m en 15 minutes.


L'avion, peu maniable, avait des caractéristiques de vol dangereuses à grande vitesse. 


Il est dit que la vitesse de pointe de 320 km/h était, en fait, la limite à ne dépasser sous aucun prétexte (VNO).

Les Ailes du 31 Décembre 1936 lui attribuaient, à la masse de 2780 kg - donc pour une reconnaissance - des vitesses maximales de : 

  • 280 km/h au sol.
  • 343 km/h à 4 000 m.

La charge alaire était alors de 102 kg/m² et passait à 128 kg/m² en mission de bombardement.

L'autonomie était de 1 500 km.

La montée à 4 000 m prenait 14 minutes.

Le plafond était de 8 000 m. }


Un bon point, cependant : La charge de bombe atteignait 700 kg
, soit 250 kg de plus que ce qu’emportait le Fairey Battle Britannique !

Sur les 210 exemplaires construits, 120 restaient opérationnels en unité au 1er Septembre 1939 (on peut quand même s'étonner que 75 d'entre eux aient été conservés dans les écoles dans une période aussi cruciale).


Un dérivé plus puissant, le PZL 43, fut construit pour la Bulgarie avec un moteur Gnome et Rhône 14 N 01 de 950 Cv. 







PZL 43 A Bulgare


Ce moteur plus lourd nécessita un allongement du fuselage qui se révéla très bénéfique pour les qualités de vol.


Il atteignait 370 km/h à 4 000 m et montait nettement plus vite - 4 000 m en 12 minutes - et plus haut - 8500 m - que son prédécesseur.


Le manque de lucidité des hauts responsables politiques Polonais, aveugles face à la montée du risque de guerre avec l'Allemagne, fit que les 36 premiers exemplaires construits furent livrés à la Bulgarie dans les mois qui précédèrent immédiatement la guerre, alors que l'Aviation Polonaise avait pourtant demandé leur réquisition...



Le meilleur de tous les avions Polonais fut le PZL 37 Los (Elan), un bombardier bimoteur de la classe des B 4 français.


C'était un avion de moins de 5 tonnes de masse à vide et de 9 tonnes de masse au décollage.


Le profilage en était soigné, sauf pour les capots-moteurs.


La voilure de 54 m² assurait une bonne portance puisque ce bombardier pouvait emporter jusqu'à 2 500 kg de bombes pour des missions totalisant 1 500 km ou un peu moins de 1 800 kg de bombes sur 2 600 km.


Il avait sacrifié, lui aussi, à la mode des empennages bi-dérives, qui provoquèrent huit crash (!).





PZL 37 Los



Par contre, l'avion avait un armement réduit à juste 3 mitrailleuses de petit calibre, ce qui était très insuffisant.


La vitesse de pointe était de 445 km/h à 3 400 m avec un moteur Bristol Pegasus XX de 910 Cv. 


Le plafond pratique était inférieur à 6 000 m.


Inexplicablement, bien que 92 exemplaires de cette variante, dite B, aient été construits, moins de 50 furent utilisés opérationnellement.


Avec le moteur Gnome et Rhône 14 N 21 de 1 030 Cv à 4 600 m, la vitesse passait à 460 km/h et le plafond pratique gagnait 2 000 m. 


Contrepartie logique de l'augmentation de puissance, l'autonomie ne dépassait plus alors les 1600 km.


Mais cette version prometteuse n'eut pas le temps d'être produite en série.




L'Aviation Polonaise en action


L'Aviation Polonaise (Lotnictwo Wojskowe) est entrée en guerre avec un peu plus de 310 avions opérationnels. 


La Luftwaffe, pour sa part, disposait de 1500 avions dont 500 chasseurs et 3350 Junkers 87 Stuka.


La DCA Polonaise comptait seulement 500 pièces (pour mémoire, la DCA Française, dont l'insuffisance fut pourtant évidente, en comptait 4 300 !).


Les Polonais eurent au moins une grande satisfaction au début de la Campagne de Pologne.


A la différence de ce que connurent les Alliés à l'Ouest en 1940, ils souffrirent peu des bombardements systématiques des aérodromes par les Allemands.

C'était parce qu'ils avaient évacué les aérodromes habituels et installé leurs avions dans des aérodromes secrets parfaitement camouflés.


Ce fut efficace et explique la présence active de l'Aviation Polonaise pendant une bonne partie de la Campagne, malgré une réelle maîtrise de l'air Allemande.



Il faut rappeler que la partie invasive proprement dite de l'offensive Allemande dura juste 18 jours, même si de multiples actions de résistance la prolongèrent jusqu'à la fin de la première semaine d'Octobre 1939.


L'entrée de l'Armée soviétique en Pologne ayant commencée le 17 Septembre 1939, il est facile de voir à quel point que cette invasion soviétique sur les arrières a été décisive pour achever la Pologne.



Sur l'ensemble de la campagne, les Polonais revendiquèrent plus de 250 avions Allemands abattus, ce qui correspond aux documents Allemands des pertes en combat. 


Les PZL 11 C ont épinglé 110 victoires aériennes pour des pertes de l'ordre de 100 avions, toutes causes confondues. 



Les bombardiers Polonais, de quelque types qu'ils fussent, volèrent très souvent mais bien évidemment sans escorte sérieuse.

En effet, lorsque vous avez très peu de chasseurs, vous êtes confronté à plusieurs nécessités indépendantes :
  • La protection de vos forces armées face aux avions de bombardement ennemis. 
  • La protection de votre population, de vos voies de communications et de vos organes de commandement (ce qui n'a rien à voir avec le problème précédent).
  • La protection de vos propres avions de reconnaissance et de bombardement.


Là-dessus, quand l'ennemi :
  • met en oeuvre 5 fois plus de chasseurs que vous, 
  • que tous ces chasseurs sont considérablement mieux armés et plus rapides que les vôtres, 
  • que ses bombardiers peuvent laisser sur place vos chasseurs, 
sa maîtrise de l'air est indiscutable dès la fin du premier jour !



Les PZL 23 Karas furent lancés au combat à la fois pour des reconnaissance, devenues rapidement offensives, et pour le bombardement. 


Environ 120 furent employés. 

Il est dit (Wikipedia en langue Anglaise) que 110 autres Karas étaient employés en école, mis en réserve ou en cours de réparation.


La même source dit aussi que 23 exemplaires furent perdus avant guerre sur des crash et que le total de la production fut de 250, en dehors des 3 prototypes.


Un Karas isolé attaqua même, le 2 Septembre 1939, une usine Allemande dans la ville Silésienne de Ohlau (devenue Olawa en 1945). 

Ce fut ainsi cet avion qui lança les premières bombes Alliées sur le territoire du IIIème Reich.

La brigade de bombardement Polonaise comptait 50 Karas qui attaquèrent les colonnes blindées Allemandes sans escorte et à basse altitude. 


Ils furent rapidement imités par les 70 Karas de reconnaissance.


Au total, ils auraient lancé de 64 à 72 tonnes de bombes.


La lenteur et le manque de maniabilité de ces avions, comme leurs conditions d'emploi expliquent un bilan très sombre, avec la perte de 120 avions. 


Vingt et un exemplaires survécurent à cette bataille en se réfugiant en Roumanie.




En ce qui concerne les PZL 37 bimoteurs, entre le 1er et le 16 Septembre, 46 appareils agirent essentiellement par groupes de seulement 3 avions, disposition totalement inefficace - faible capacité d'autodéfense, voir ce post - mais fréquente chez les Alliés à cette époque.


Ils attaquèrent courageusement les concentrations de troupes Allemandes mais aucune cible en Allemagne, alors que cette mission leur était promise depuis le début et qu'ils y eussent été bien plus à l'aise que des Karas.


Ces bombardiers réussirent à délivrer 110 tonnes de bombes à l'ennemi, ce qui n'était pas ridicule du tout, surtout si on tient compte du fait que la charge maximale de bombes emmenée depuis les aérodromes secrets (= opérationnels) passait de 2500 kg à 800 kg. 


Les pertes en PZL 37 directement dues à l'ennemi pendant les combats furent de l'ordre de 15 avions, dont 10 par la Chasse Allemande. 


A cela s'ajoutent 20 avions détruits au sol.


Parmi ces derniers, 18 appartenaient aux réserves et dormaient gentiment alignés sur un parking ! 



Ce souci de garder de grosses réserves, général chez les Alliés et stigmate de la Grande Guerre, était ridicule : Mieux vaut toujours faire combattre les avions que de les perdre inutilement au sol. 



Vingt-six de ces bombardiers Los se réfugièrent en Roumanie, nombre supérieur à celui des Karas qui purent en faire autant. 


Comme l'effectif des Karas produits était double de celui des Los, cela illustre parfaitement la meilleure capacité de survie de ces derniers, ce qui était prévisible au vu de leurs performances et de leur fiabilité supérieures .




Conclusion


La défaite Polonaise fut (après avoir évacué les erreurs impardonnables de jugement en politique internationale), d'abord, une défaite de son infanterie et de son artillerie. 

Elle découlait, entre autre, de son infériorité en puissance de feu (de l'ordre de 1 à 5 pour l'artillerie d'une seule division d'infanterie !).

A l'image de la défaite des Alliés en Juin 1940, elle est bien sûr une défaite du commandement.

Mais l'aviation Polonaise était ridiculement sous-développée en terme d'effectifs et de performances.


Du coup, la chasse fut quasiment absente de la bataille - par manque d'avions - alors que le niveau de ses pilotes était excellent, comme l'ont démontré, tour à tour, le palmarès du groupe de chasse I/145 Varsovie puis l'ensemble des Polish squadrons de la RAF.



On ne peut surtout pas, cependant, exonérer feu le ministre des affaires étrangère Polonais, le colonel Beck, de ce désastre. 


En signant un pacte de non-agression avec Hitler, puis en trahissant la Tchéco-Slovaquie en 1938, il tuait un allié solide et bien armé et donc son propre pays, qu'il livrait à la fois à Hitler et à Staline


Je sais que certains politiciens Polonais du XXI ème siècle font tout pour le réhabiliter. Il ne le mérite en aucune manière. 

Alors, pourquoi diable tenter de le réhabiliter ?









Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire