samedi 21 janvier 2012

Guerre de propagande et Histoire... (révisé 10 / 03 / 2014)

guerre et politique


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La guerre a toujours été un élément de la politique de tous les pays du monde.

Le corollaire, c'est que la politique imprègne totalement la guerre. 

Si, du point de vue philosophique, le mot politique est particulièrement noble, il se dégrade le plus souvent dans les faits au point de se confondre avec le mot propagande

Cette dérive intervient en général parce que le mot politique est employé par des politiciens, c'est à dire des gens qui, quelque soit leur discours, ne vise le pouvoir que pour bénéficier du confort qu'il apporte à leurs ego.


La IIème Guerre Mondiale est caractérisée par une extraordinaire inflation de cette propagande. 

Dans ce domaine, la France apparaît - à n'importe quel observateur - d'une faiblesse infantile, non qu'elle n'en ait pas fait mais parce que sa propagande n'avait aucune chance de toucher la bonne cible. 

Elle était entre les mains d'Alexis Leger, à la fois poète et homme de réseaux politiciens, disciple d'Aristide Briand, qui n'avait pas vraiment compris la nature du pouvoir nazi.

il devait probablement assimiler le nazisme au fascisme, comme c'est encore couramment, pratiqué, alors que ces deux idéologies ne sont pas superposables et qu'elles ne se sont alliées que par notre aveuglement.

Pour faire une propagande efficace, il faut connaître à fond la propagande ennemie, voire qui est visé et comment cette propagande peut agir.

Alors seulement, il est possible de définir les arguments et la manière d'écrire les arguments et les actions connexes qui rendront la propagande ennemie caduque.


Par contre, le IIIème Reich était particulièrement fort et cohérent avec ses buts. 

Ses buts étaient la germanisation et l'aryanisation totales de l'Europe depuis les Pyrénées jusqu'au Cap Nord à l'Ouest et au moins jusqu'à l'Oural à l'Est. 



Détruire la France, but de guerre n°1 d'Hitler


La destruction de la France était obligatoire dans cette stratégie. 

Elle devait être détruite parce que :
  • elle avait déjà démontrée qu'elle était une puissance militaire particulièrement dangereuse ;
  • depuis le XVIIIème siècle, elle avait développé un certain nombre de concepts qui risquaient d'anéantir toute politique fondée sur l'inégalité entre les peuples (bien qu'ils contredisent tout autant sa propre politique coloniale) ;
  • elle a un réel amour de la démocratie (même si la IIIème République est une démocratie médiocre puisque les femmes n'ont pas le droit de vote et que les politiciens s'intéressent trop à satisfaire leurs appétits de pouvoir). 
Une victoire militaire ne suffisait pas à Hitler. 

Il lui fallait la destruction morale de la France.

Pour cela, il lui fallait trouver le moyen de nier tout ce qui fait ce pays, à commencer par son unité : Il allait reprendre l'Alsace et la Lorraine et exacerber tous les mouvements qui menaçaient son unité.

Mais il fallait aussi que le peuple Français soit humilié dans sa fierté culturelle, bien sûr, mais surtout guerrière. 

Il avait avec lui deux orfèvres de la guerre de mouvement : Guderian - théoricien et praticien des chars - et Rommel - le spécialiste des opérations risquées - (Vous avez dit : et von Manstein, alors ? OK, mais celui-là désignait les points faibles, les deux autres étaient, en outre, des as du terrain).


Ainsi, Hitler va surprendre notre Etat-Major, le plus âgé du monde, d'où nos politiques avaient soigneusement "purgé" les militaires les plus aptes à révolutionner les méthodes.


Ses troupes bousculèrent des forces peu et mal commandées qui essayaient sans succès de comprendre d'où venaient les coups. 

De ce fait, les moins bien entraînées parmi nos soldats connurent quelques moments de panique, voire de débandade. 


Hitler et son complice Goebbels vont jouer brillamment en baladant des journalistes "neutres", si facile à berner, là où les troupes Allemandes sont passées et où peu de traces de combat sont restées visibles.


Ainsi va naître cette légende - partagée depuis par certains hyper-faucons américains de l'ère de Georges W. Bush et Donald Rumsfeld - selon laquelle "les Français ne se sont pas battus" (lire William Shirrer, mon journal à Berlin, 1943). 


On montrera aussi d'interminables colonnes de prisonniers.


Nous savons que les Français se sont battus, qu'à Stonne, les soldats d'élite de la division Gross Deutschland ont énormément souffert, qu'à Hannut et à Gembloux, les divisions de Panzers ont dû reculer devant nos hommes et qu'à Abbeville, la 4ème DCR du Colonel de Gaulle a provoqué une véritable débandade Allemande, etc...


La preuve du courage Français : le succès de l'évacuation de Dunkerque rendu possible par l'abnégation de nos soldats (11000 tués et 34000 prisonniers qui ont induit 20000 pertes chez l'ennemi) et aussi nos 60000 à 90000 morts en 40 jours suivant les sources !


Curieusement, il n'y avait pas de journalistes "neutres" pour relater ces faits.

Vous trouvez que je suis loin de l'aviation ?



1500 Messerschmitt 109 E perdus par simples accidents en 2 ans ? Mort de rire !


Justement, j'y reviens. 

Dans son livre Famous Fighters of the Second World War, must des années 60 dans ce dommaine, William Green a écrit (dernier paragraphe de la p. 11 de l'édition en Français, MacDonald, 1960) que la tendance à embarquer (c.a.d. dévier brutalement du trajet de décollage / atterrissage prévu) du Messerschmitt Bf 109 E avait  provoqué 1500 destructions d'avions de Septembre 1939 à Septembre 1941.

Alors comptons un peu. 


Les pertes officielles pour faits de guerre en Bf 109 sont de 67 avions en Pologne, ~205 en France, 610 pendant la bataille d'Angleterre, ce qui donne un total partiel de 882 appareils pour la première année de guerre. 

Les pertes dans les Balkans et en Norvège, cumulées, sont inférieures à 100 chasseurs et les pertes en Russie avant l'hiver de 1941-42 sont annoncées faibles. 

Sur la période choisie, en estimant un taux de perte mensuel moitié moindre que celui de la bataille d'Angleterre, on pourrait évaluer ces pertes à 400 avions. 

Soit un total de pertes dues à l'ennemi de 1400 Messerschmitt 109.

Cela signifierait que la Luftwaffe aurait éprouvé moins de pertes à cause de ses ennemis que du fait de ses propres pilotes. 


C'est évidemment faux.



Je n'y crois absolument pas parce que tout pilote est particulièrement brillant - donc sûr - quand il vole beaucoup et c'était justement le cas des pilotes de chasse Allemands pendant la totalité de la période considérée. 

Seuls les pilotes qui manquent d'entraînement sont vraiment dangereux.

Par contre, beaucoup de pertes dues au combat ont pu être camouflées de cette façon, en particulier celles infligées par les Polonais, les Français et les Russes. 

Parce que du point de vue des dirigeants nazis, leurs adversaires ne pouvaient pas être égaux ou - pire - meilleurs que leurs héros.









1 commentaire:

  1. A vrai dire le Bf109 avait un problème légèrement gênant bien expliqué dans cette vidéo:
    https://www.youtube.com/watch?v=NnXpPNqtgXA

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