Revoir l'image de la Luftwaffe
La Grande Bretagne, dont j’admire profondément la capacité de communication, avait donné de la Luftwaffe, pendant et après la guerre de 1939-1945, une image très surestimée.
Cette image a été mise en place pendant la Campagne de France.
Elle correspondait tout à fait à la différence de capacités démontrées entre l’Aviation de Göring et les Aviations Française et Britannique prises ensemble.
Cette image est, depuis 80 ans, restée figée au stade constaté en Juin 1940.
Elle correspondait tout à fait à la différence de capacités démontrées entre l’Aviation de Göring et les Aviations Française et Britannique prises ensemble.
Cette image est, depuis 80 ans, restée figée au stade constaté en Juin 1940.
Pourtant, les faits, quand on les analyse sérieusement, ne collent pas vraiment à cette image.
Une fois la France défaite, on a pu constater un lent - mais inexorable - déclin de la capacité de domination, donc de nuisance, de l’Aviation Allemande,
alors que, pourtant, ses avions et ses pilotes progressaient sans arrêt et que ses techniques électroniques devenaient tout à fait remarquables.
Mais, à lire les remarquables
ouvrages de Batailles Aériennes, comme ceux de Militaria magazine sur le sujet, on en
arrive à percevoir plusieurs éléments qui, à mon avis, ne sont pas suffisamment
soulignés partout ailleurs.
Les échecs commencent dès Août 1940
Le premier écueil - pour Göring - fut bien sûr, la Bataille d’Angleterre.
On trouve, répété à l’envie, dans tous les écrits sur le
sujet, que le Messerschmitt Bf 109 manquait d’autonomie pour faire son travail.
Ce n’est que partiellement vrai.
Il manquait aussi de protection, ce qui est généralement reconnu.
Par-dessus tout, son armement n’avait pas la puissance de décision souhaitable, ce qui n’est nulle part pris en compte.
Ce n’est que partiellement vrai.
Il manquait aussi de protection, ce qui est généralement reconnu.
Par-dessus tout, son armement n’avait pas la puissance de décision souhaitable, ce qui n’est nulle part pris en compte.
Surtout, la Bataille d'Angleterre n'est jamais envisagée sous son aspect stratégique
Imaginons – histoire de tester l’hypothèse – que vous, oui, vous, mon lecteur, ayez été nommé général en chef de la Luftwaffe, en cette lointaine époque, et, en tant que tel, que vous ayez reçu l’ordre de mettre le Royaume-Uni à genoux.
Vous auriez tout de suite vu que vous deviez détruire (ou au moins affaiblir sensiblement) la Royal Navy, vu qu'elle était le pilier sur lequel reposait l'économie de la Grande Bretagne.
Pourquoi ?
Parce que la Grande Bretagne était alors une des plus grandes puissances industrielles et coloniales du monde, et que la totalité de son économie passait par la voie maritime.
Il semble évident que la meilleure manière d’affaiblir cette puissante Marine devait consister en bombardements massifs des ports, des chantiers navals et des docks Britanniques.
Imaginons – histoire de tester l’hypothèse – que vous, oui, vous, mon lecteur, ayez été nommé général en chef de la Luftwaffe, en cette lointaine époque, et, en tant que tel, que vous ayez reçu l’ordre de mettre le Royaume-Uni à genoux.
Vous auriez tout de suite vu que vous deviez détruire (ou au moins affaiblir sensiblement) la Royal Navy, vu qu'elle était le pilier sur lequel reposait l'économie de la Grande Bretagne.
Pourquoi ?
Parce que la Grande Bretagne était alors une des plus grandes puissances industrielles et coloniales du monde, et que la totalité de son économie passait par la voie maritime.
Il semble évident que la meilleure manière d’affaiblir cette puissante Marine devait consister en bombardements massifs des ports, des chantiers navals et des docks Britanniques.
Ainsi, il eut été possible de détruire pas mal de navires, beaucoup d’équipements portuaires indispensables à l’économie Britannique et de rendre extrêmement périlleuses les réparations des navires avariés.
D’un autre côté, cela aurait imposé au Fighter Command de se disperser auprès de chacun des divers ports du Royaume Uni (je me dois de rappeler que le Spitfire avait alors une autonomie de transfert de 660 km, soit un rayon d'action de l'ordre de 150 km et que chacune de ses dérisoires mitrailleuses ne disposait que de 300 cartouches).
Autrement dit, la bataille livré contre la Marine Anglaise eut débouché, automatiquement, sur une bataille contre le Fighter Command, mais menée de manière considérablement plus stratégique que celle menée par Göring pendant la Bataille d’Angleterre.
La Luftwaffe n'avait pas les moyens de mener ce type de lutte.
Que lui manquait-il ? Deux outils fondamentaux, et, par là même, stratégiques.
Le premier était un bombardier stratégique donc lourd, rapide et capable de voler sur 3 000 km (soit 1 500 km à l'aller et autant au retour) depuis les bases Allemandes jusqu’à Scapa Flow dans les îles Orcades (Orkney), parce qu'une grande part de la Home Fleet y résidait et, aussi, que tous les autres navires pouvaient s'y réfugier.
Que lui manquait-il ? Deux outils fondamentaux, et, par là même, stratégiques.
Le premier était un bombardier stratégique donc lourd, rapide et capable de voler sur 3 000 km (soit 1 500 km à l'aller et autant au retour) depuis les bases Allemandes jusqu’à Scapa Flow dans les îles Orcades (Orkney), parce qu'une grande part de la Home Fleet y résidait et, aussi, que tous les autres navires pouvaient s'y réfugier.
Evidemment, après avoir déposé de l'ordre de 2 000 kg de bombes à 1 500 km de sa base de départ, il fallait ensuite revenir à la maison, ce qui exigeait de pouvoir voler en prenant en compte le vent, les combats voire d'éventuels déroutements.
Aucun bombardier lourd quadrimoteur
n’existait dans l’arsenal nazi en 1939 depuis l'abandon de l'Ural Bomber, et je refuse fermement d’y faire figurer le
Focke-Wulf 200 Kondor.
Certes, cet avion avait tout à fait la
distance dans les ailes, mais, prévu pour le transport de passagers, il était trop lent : Les 380 km/h donné par Wikipedia en Allemand correspondent à la vitesse de la version civile ("Kurier") (les 360 km/h sur les sites Anglais correspondant à la version militaire ("Kondor") affublée de tourelles et d'une soute à bombe).
Par contre, il portait trop peu de charge à longue distance et il avait une cellule beaucoup trop fragile (il cassait très facilement en cas d'atterrissage un peu dur par rupture dorsale du fuselage en arrière des ailes (!), voir cet article).
Si on avait accepté de limiter son autonomie à seulement 4 000 km, le bombardier Messerschmitt 264 (voir cet autre article), en projet
depuis 1937, eut probablement pu voler vers 1940.
Messerschmitt 264 - 545 km/h - un avion très moderne |
C'était déjà presque trop tard pour attaquer les ports Britanniques.
Mais on exigeait de cet avion qu'il puisse voler 20 000 km d'un coup d'aile, ce qui était totalement irréaliste, donc stupide (ce bombardier fut constamment ralenti parce que le général Milch détestait cordialement W. Messerschmitt).
Cet avion avait, pourtant, les qualités de vitesse et d’endurance nécessaires mais les moteurs n’en avaient pas été élaborés dans les temps.
Le second outil indispensable était un chasseur monomoteur rapide et endurant capable d’agresser la RAF y compris au Nord de l’Ecosse.
La distance entre Hambourg et Scapa Flow, base de la Home Fleet, est de l'ordre de 1 000 km. Il existait pourtant un aérodrome sur l'île de Sylt (près de frontière avec le Danemark) qui est plus avancée de 180 km.
Hitler, ayant envahi le Danemark et la Norvège, pouvait compter sur des bases encore plus proches en particulier à Stavanger (Norvège), qui n'était qu'à un peu plus de 500 km de la grande base Ecossaise.
Ce chasseur ne pouvait en aucun cas être le Messerschmitt Bf 109, avec son autonomie de 650 km (et encore).
Sa cellule était bien trop menue pour porter un réservoir de taille suffisante, pour avoir un armement qui soit mortel de loin et les réserves de carburant nécessaires.
Par contre, le Focke-Wulf 190 n’en était vraiment pas loin avec ses 850 km d'autonomie sans réservoir largable ni recherche particulière d'autonomie.
La distance entre Hambourg et Scapa Flow, base de la Home Fleet, est de l'ordre de 1 000 km. Il existait pourtant un aérodrome sur l'île de Sylt (près de frontière avec le Danemark) qui est plus avancée de 180 km.
Hitler, ayant envahi le Danemark et la Norvège, pouvait compter sur des bases encore plus proches en particulier à Stavanger (Norvège), qui n'était qu'à un peu plus de 500 km de la grande base Ecossaise.
Ce chasseur ne pouvait en aucun cas être le Messerschmitt Bf 109, avec son autonomie de 650 km (et encore).
Sa cellule était bien trop menue pour porter un réservoir de taille suffisante, pour avoir un armement qui soit mortel de loin et les réserves de carburant nécessaires.
Par contre, le Focke-Wulf 190 n’en était vraiment pas loin avec ses 850 km d'autonomie sans réservoir largable ni recherche particulière d'autonomie.
Il avait en outre une excellente résistance aux coups.
Sa puissance de feu considérable (4 canons de 20 mm) en faisait évidemment un excellent chasseur de bombardiers.
Par contre, l'employer tel quel pour escorter des bombardiers impliquait uniquement des combats contre des chasseurs : Il eut donc été facile d'en augmenter l'autonomie à 1 200 km en remplaçant les armes d'ailes par de l'essence.
Ensuite, un réservoir largable de taille adéquate lui aurait assuré environ 600 km de plus, permettant de faire tranquillement le vol vers la cible.
Sa puissance de feu considérable (4 canons de 20 mm) en faisait évidemment un excellent chasseur de bombardiers.
Par contre, l'employer tel quel pour escorter des bombardiers impliquait uniquement des combats contre des chasseurs : Il eut donc été facile d'en augmenter l'autonomie à 1 200 km en remplaçant les armes d'ailes par de l'essence.
Ensuite, un réservoir largable de taille adéquate lui aurait assuré environ 600 km de plus, permettant de faire tranquillement le vol vers la cible.
Ensuite, en passant sur les réservoirs internes, ce chasseur pouvait combattre une vingtaine de minutes sur le site attaqué avant de retourner à la maison.
Il ne fut pas employé ainsi et on n'essaya même pas, alors, de lui greffer le moteur du Messerschmitt 109 pour voir ce que cela donnerait.
On avait pourtant greffé son moteur BMW sur un Bf 109 qui ne se montra pas du tout coopératif.
Bien tardivement, on greffa enfin le moteur Daimler-Benz sur le FW 190 et cela donna l'excellent modèle D...
On ne peut pas dire que, pendant la Bataille d'Angleterre, les bases Norvégiennes furent employés intensément.
Bien tardivement, on greffa enfin le moteur Daimler-Benz sur le FW 190 et cela donna l'excellent modèle D...
On ne peut pas dire que, pendant la Bataille d'Angleterre, les bases Norvégiennes furent employés intensément.
Rien à voir avec celles du Pas de Calais.
Peut-être n'étaient-ils pas très commodes d'emploi ? Mais, même dans ce cas, elles eussent été facile à améliorer, à condition d'y penser d'avance.
Peut-être n'étaient-ils pas très commodes d'emploi ? Mais, même dans ce cas, elles eussent été facile à améliorer, à condition d'y penser d'avance.
Cela confirme que les décideurs de la Luftwaffe n'avaient pas de vision stratégique claire.
La confirmation Russe
L’opération Barbarossa contre l’URSS
ne fut pas mieux pensée, malgré l'apparence donnée par la destruction de
2 000 avions soviétiques pendant les 2 premiers jours de l’offensive nazie
(!).
Parce que, si l’Aviation Soviétique perdit des milliers
d’avions en un temps incroyablement bref, il s’agissait essentiellement
d’avions anciens détruits majoritairement au sol mais pas de
leurs pilotes dont beaucoup avaient pu être évacués à temps vers l'arrière et qui
avaient, de cette manière, eu le temps de comprendre une partie de la leçon.
L’avance Allemande, parce qu’elle se déroulait sur un front large de 3 500 km (!), ne pouvait pas être aussi rapide en URSS qu’elle l’avait été en France en 1940 (d'autant plus que le réseau des voies de communication y était particulièrement primitif).
Cela donna aux Russes le temps de démonter leurs usines pour les
placer au-delà de l’Oural.
Du coup, la distance à parcourir pour les découvrir
comme pour les détruire devenait gigantesque.
Cela, tout le monde pouvait le comprendre avant même le début de l’invasion de l’URSS.
Et, bien sûr, chacun le rappelle partout de nos jours.
Cela, tout le monde pouvait le comprendre avant même le début de l’invasion de l’URSS.
Et, bien sûr, chacun le rappelle partout de nos jours.
Et cette information reste totalement négligée.
La première raison de cette situation était que la production d'avions Allemande était à la fois très insuffisante et très déséquilibrée.
Ceci est très bien expliqué par Adolf Galland (les premier et les derniers, Yves Michelet ed.).
Les responsables Allemands préféraient construire des bombardiers moyens - vus comme des destructeurs - plutôt que des chasseurs - seulement vus comme des protecteurs.
Au sein de la Jagdwaffe, le nombre de Focke-Wulf 190 produits restait limité à juste un quart de celui des Messerschmitt Bf 109.
Pourtant le FW 190 était, par sa rusticité même, le seul chasseur Allemand à être parfaitement adapté aux conditions de la guerre sur le Front de l'Est.
Du coup, la taille même de la Jagdwaffe était bien inférieure aux besoins.
Bizarrement, alors que le sommet de la Luftwaffe était entre les mains de trois anciens pilotes de chasse, aucun n'avait complètement compris qu'en l'air, seule la Chasse maîtrise l'Air (et ceci sera vrai jusqu'à la fin des temps).
Certes, les chasseurs Allemands de 1941, sur des avions qu'ils connaissaient parfaitement, aguerris par deux années de guerre contre des adversaires expérimentés, dominaient intégralement l'Aviation de Chasse Russe de l'Eté 1941.
Mais domination n'est pas élimination (bien heureusement pour nous, en tout cas).
Si bien que, par l'inventivité et le courage sans faille que démontra l'Aviation soviétique, les Allemands perdirent plus d'avions qu'ils n'en produisaient, ce qui s'aggrava en 1943 lorsque les Russes purent enfin sortir des avions de grande qualité.
Si bien que, par l'inventivité et le courage sans faille que démontra l'Aviation soviétique, les Allemands perdirent plus d'avions qu'ils n'en produisaient, ce qui s'aggrava en 1943 lorsque les Russes purent enfin sortir des avions de grande qualité.
Bien sûr, les conditions du front de l'Est étaient très dures, donc les avions s'y usaient bien plus vite que prévu, même sans combat :
- En Eté et par temps sec, la fine poussière de loess soulevée sur les aérodromes par le passage des avions usait les moteurs et s'infiltrait partout.
- En période humide, les avions et les camions creusaient de profondes ornières qui pouvaient provoquer des ruptures de train d'atterrissage.
- L'Hiver amenait des températures descendant en dessous de - 35° C, obligeant les mécaniciens à chauffer les carters moteurs et même les radiateurs avec des systèmes artisanaux. Tout ceci induisait une fatigue intense.
Du coup, les réparations d'avions étaient fréquentes et épuisantes alors même que les pièces de rechange devenaient difficile à obtenir.
Mais, lorsque l'on veut attaquer un immense pays, ce type de contingences doivent impérativement avoir été anticipées.
Ce fut très loin d'être le cas. (Ce sont des contingences auxquelles l'Armée Française actuelle est souvent confrontée et cela obère son tout petit budget).
Mais, lorsque l'on veut attaquer un immense pays, ce type de contingences doivent impérativement avoir été anticipées.
Ce fut très loin d'être le cas. (Ce sont des contingences auxquelles l'Armée Française actuelle est souvent confrontée et cela obère son tout petit budget).
Conclusion
Ma conclusion est simple : Hitler, Göring et Milch avaient fait la guerre de 1914-1918 en France.
Ils y avaient subi leur défaite avec rage, puis ils avaient analysé et parfaitement compris les raisons du succès Français (et Allié) de 1918.
Ensuite, ils avaient appliqué avec succès la recette Française qu'ils avaient trouvée pour battre la France, petit pays de climat tempéré comptant seulement 38 millions d'habitants en 1939.
Ces chefs nazis avaient obtenu, avec 21 années de retard, leur dérisoire vengeance par rapport à une Nation deux fois moins peuplée qui les avait battu après 4 ans de très durs combats.
Ces chefs nazis avaient obtenu, avec 21 années de retard, leur dérisoire vengeance par rapport à une Nation deux fois moins peuplée qui les avait battu après 4 ans de très durs combats.
Mais leur pensée stratégique, déjà incapable de franchir la Mer du Nord, fut encore moins capable de s'adapter aux immensités Russes.
Ils n'avaient porté aucune attention ni aux Britanniques ni aux Russes : Leur racisme permanent avait aggravé les choses en les amenant à sous-estimer complètement leurs adversaires et à négliger les alliances.
Ils n'avaient porté aucune attention ni aux Britanniques ni aux Russes : Leur racisme permanent avait aggravé les choses en les amenant à sous-estimer complètement leurs adversaires et à négliger les alliances.
Or, à mon sens, lorsqu'un conflit dure, les adversaires initialement vus comme faibles se durcissent et finissent par atteindre le meilleur niveau possible.
Par ailleurs, les guerres de vengeance n'ont rien a voir avec la défense d'un pays, mais elles sont des suicides.
Ceci me paraît vrai où que ce soit, et il n'y a pas de raison que cela change.
Je ne sais pas qui a été le "penseur" de la puissance aérienne nazi avant guerre, Goering ? Udet ? Milch ?
RépondreSupprimerNéanmoins il apparaît que c'est une pensée tactique qui a prévalu. Chasseur léger + chasseur tactic en piqué + bombardier moyen (Bf109, Stuka, He111).
Sur le champ de bataille obtenir la supériorité aérienne avec un chasseur le plus puissant pour la cellule la plus petite possible, grâce au stuka avoir une artillerie aérienne puissante et précise sur le front et grâce au HE111 et Ju88 frapper les lignes arrières des armées adverse.
N'oublions pas que l'état majors Allemand tablait sur une guerre courte or le bombardier stratégique cadre mal avec cette idée.
Durant les campagnes de France et de Russie le contrat a été respecté ! Contre l'Angleterre ... peut être que l'outil Luftwaffe avec toutes ses limitations aurait pu mettre à genou la RAF si les bonnes décisions avaient été prise à Berlin. Certaine lecture me font penser que la RAF est passé bien près du point de rupture.
Au delà de ce constat il reste que la guerre ne fut pas courte et que l'Allemagne n'a pas su faire évoluer son outil aérien... Les mêmes appareils volèrent dans des versions améliorées durant toute la guerre alors que les alliés sortaient de nouveaux modèles chaque années.
Je suis tout à fait d'accord avec vous, sauf sur un point : en Russie, le contrat n'a pas été respecté, car l'échec devant Moscou est un échec stratégique. Sur ce plan, il me paraît pire encore que celui de Napoléon.
SupprimerPour moi, lancer une guerre ne peut en aucun cas se faire sans une approche stratégique, surtout loin de chez soi.
Amicalement
Bonjour,
RépondreSupprimerPour la Russie je voulais dire que la Luftwaffe a efficacement appuyé l'avance de la Wehrmacht et l'échec stratégique de l'offensive vers l'est fût celle de tout l'outil militaire de l'Allemagne pas uniquement de l'arme aérienne. La luftwaffe ne s'est pas effondrée uniquement à l'est mais sur tous les fronts car tout simplement la Luftwaffe et l'Allemagne derrière ne pouvait pas combattre à l'est, à l'ouest et au sud.
Il apparait qu'en fait que l'Allemagne fût assez inefficiente lors de la guerre, tardant à se placer en économie de guerre (début 1943) et gaspillant temps et ressources rares.
Nous sommes tout à fait d'accord, il est également vrai que la Kriegsmarine ne put jamais bloquer les convois d'aide à l'URSS et que la Heer fut rapidement placée devant des tâches trop importante pour elle. La victoire sur notre pays les avait rendus arrogants. Mais Yves Buffeteaux, il me semble, a écrit quelque part que la Wehrmacht n'avait pas de plan pour dépasser la Volga. Cela laisse rêveur comme amateurisme. Les tacticiens étaient bons, la stratégie ne marchait que contre la seule France. Ils étaient morts dès la déclaration de guerre.
SupprimerJe suis d'accord sur le manque de stratégie et de préparation pour une guerre longue et d'usure ou la capacité industrielle est primordiale. Cela vaut pour l'ensemble de l'armée et pas uniquement pour la luftwaffe.
RépondreSupprimerLe manque de bombardier a long rayon d'action est effectivement une erreur mais est à relativiser à mon avis car le bombardement massif stratégique opéré par les anglais et les américains sur l'Allemagne n'a pas permis de détruire son industrie de guerre, ses résultats sont mitigés au prix de pertes très importantes pour les alliés...et les civils.
La luftwaffe sur le front de l'est a été très efficace en tant qu'outil tactique et a permis a de nombreuses reprises de bloquer des contre-attaques russes.
Elle n'a perdu sa domination qu'à partir de 1944, alors que depuis 1943 elle est déjà en sous-effectif global par rapport à l'aviation russe mais réussi à infliger des pertes très importantes à cette dernière.
Après le rapport de force devient trop défavorable, les pertes ne peuvent être comblées comme c'est le cas côté russe, l'aviation russe gagnant aussi beaucoup en efficacité avec l'emploi généralisé des radios à partir de 1944 et des appareils performants et des tactiques et un entrainement améliorés.
Vous posez de bonnes questions.
RépondreSupprimerMais, dans ces guerres régionales qui, une fois réunies, constituent la Seconde Guerre Mondiale, un facteur important me semble négligé par les historiens : Le rythme.
Par là, je veux dire que le rythme de l'ensemble des forces armées nazies pendant la Campagne de France est quasi parfait.
Mais cela se gâte juste après, Hitler se comportant comme une poule ayant trouvé un canif.
Sa Luftwaffe, qui n'a pas été apte à éviter l'évacuation de Dunkerque, était encore moins capable de mettre le Royaume Uni à genoux : le Do 19 aurait été adapté à écraser la Royal Navy dans ses bases, y compris Scapa Flow. Mais il n'en avait pas.
D'un autre côté, Hitler disposait d'unités parachutistes qui auraient probablement pu déclencher de graves paniques en Grande Bretagne si elles y avaient été envoyées à la fin exacte de la campagne de France.
Au lieu de cela, Hitler est parti contre l'URSS sans avoir compris le message de Wever, donc il ne put pas contrôler les déplacement d'usines militaires.
D'après ce qu'il me semble, ce qui est possible au début d'une campagne militaire ne le sera en général pas six mois ou un ans plus tard.
Beaucoup de facteurs expliquent ces erreurs stratégiques, en premier une sous estimation importante du potentiel soviétique tant en nombre de forces qu'en qualité, notamment suite à la catastrophique campagne de Finlande mené par les russes, une surestimation de ses propres forces après la rapide campagne de France...
RépondreSupprimerMême en disposant de bombardiers à long rayon d'action, je ne suis pas sûr que la lutwaffe aurait été capable d'écraser la royal navy dans ses bases, car elle n'aurait pas pu bénéficier de l'effet de surprise comme ce fut le cas pour les attaque réussies de Pearl Harbour ou de Tarente, du fait du réseau de radars anglais.
Connaissant cette menace, on peut supposer que les anglais aurait considérablement renforcé leur DCA et leur aviation de chasse autours des bases de la royal navy, ils auraient aussi dispersé au maximum leurs navires.
Il aurait fallu que la lufwaffe dispose d'un chasseur à long rayon d'action capable d'accompagner ces bombardiers et de les protéger de la chasse anglaise.
Seule l'écrasement de la RAF aurait permis ensuite de traiter la Royal Navy avec ces avions à long rayon d'action...pour pouvoir ensuite envisager un débarquement réussi en Angleterre...ces 2 conditions n'ayant pas été remplies, le projet de débarquement a été annulé et Hitler se tourna vers la Russie...