jeudi 13 septembre 2012

La Chasse Française de 1915 à 1940 (Révisé 09 / 04 / 2017)

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Mise en situation de la problématique de la Chasse Française en 1940


La Campagne de France a duré 40 jours. 

L'énergie militaire de la France et de l'Allemagne a été dépensée sans compter et cela a coûté énormément de pertes de part et d'autre.

Les choix tactiques sur Terre, sur Mer et dans les Airs n'ont pas pu être corrigés, lorsqu'ils étaient mauvais, faute de temps.



J'ai voulu aborder les aspects qui manquaient à notre Chasse pour maîtriser le ciel de nos armées en 1939-1940 (ce qu'elle n'a pas pu faire la plupart du temps). 

Cet échec traduit quantité de problèmes :
  •  Militaires (doctrine générale d'emploi, tactique, transmissions,  etc),
  •  Administratifs, qui ont tout paralysé en même temps.
  • Politiques, que ce soit :
    •  au sens politicien habituel, 
    • au sens des luttes :
      • entre différents généraux d'une même arme
      • entre différentes Armes (mais ce ne fut pas une spécificité Française),
      • entre différents services, voire :
        • entre les services d'Etat et les constructeurs d'avions, pour des raisons nauséabondes (probablement de corruption) qu'il est préférable de ne pas approfondir (quoique !...). 

Je suis sûr d'en avoir oublié.

Il y a eu aussi, tout le monde le sait, des problèmes techniques qui ont gravement limité l'efficacité de notre service d'alerte. 

Rien de cela n'était une fatalité !

Je sais, et je le répéterai, que parler plus de 75 ans après les faits entraîne le risque des anachronismes, dont la littérature Anglo-Saxonne nous abreuve d'exemples lorsqu'il lui arrive de venir sur le même terrain (comme, par exemple, lorsqu'elle se moque de nos compresseur à un seul étage en 1940, alors leurs moteurs étaient au même point que les nôtres, voire plutôt très en retard).

Chaque fois que je le peux, je montre que ma pensée en ce début de 21ème siècle rejoint des pensées de l'époque.
  • La Chasse Française enchaînée : Une organisation totalement paralysante dont la responsabilité est indiscutablement due aux diktats l'Armée de Terre et à ses conceptions bloquée sur la guerre de tranchées. Cela aida puissamment et définitivement l'offensive Allemande.

L'entraînement au pilotage de Chasse de nos pilotes était la base de leur efficacité. Nos pilotes maniaient en général très bien leurs avions. 

Mais il y avait encore beaucoup à faire, en particulier au plan tactique.




La capacité d'emploi des avions variait d'un pays à l'autre 


Le piège qui s'est ouvert devant nous fut lancé par ceux qui, à la suite de Joseph Goebbels (mais tous n'étaient pas Allemands), criaient que nos avions étaient périmés et qu'ils seraient éliminés en 15 jours. 

En écoutant complaisamment ces oiseaux de mauvais augure, nous avons oublié que :

La guerre se fait toujours avec ce que le matériel que l'on a sous la main dans l'instant présent.

Le matériel militaire est toujours destiné à devenir périmé,
Et, surtout, qu'il faut apprendre les forces et les faiblesses de ce matériel pour renverser la situation à son profit.



L'Aéronavale


Pour défendre la Patrie en danger, il n'y a aucun apport que l'on puisse se permettre de négliger. 

La France avait une belle Marine qui avait récupéré pendant 11 ans la part du lion dans le budget des Armées. 

L'aviation avait eu bien du mal à s'y développer mais des héros avaient réussi à l'imposer.


La Chasse de l'Aéronavale Française de 1930 à 1939, était véritablement laissée pour compte par les décideurs d'une Marine qui n'envisageaient pas qu'un marin puisse mourir pour la Patrie autrement que sur un navire (je paraphrase ce qu'en a écrit le capitaine de frégate Albert Vuillez dans son remarquable livre sur l'Aéronavale). 

Ces ennuis étaient pourtant en voie d'amélioration radicale au Printemps 1940.

Mais, très curieusement, pour une nation qui s'était taillée un immense empire colonial, la notion de projection des forces en était resté aux concepts de Charles X, au moment du débarquement de Sidi Ferruch (avec des barques) et de la prise d'Alger en 1830 !
  • L'aviation embarquée, protection de la Flotte:
    • La Chasse du porte-avions Béarn, ne fut jamais mise au bon niveau... La guerre venue, le Béarnrelégué au rôle de camion de déménagement, ne put pas jouer le rôle décisif qui eut pu être le sien, en Norvège par exemple. Une terrible aberration !
La Chasse de l'Aéronavale exista pourtant bien, mais à terre. 

Ses hommes étaient valeureux mais il fallu bien du temps pour que les résultats deviennent positifs.




La Chasse de l'Armée de l'Air



-- L'origine de la Chasse 


La Grande Guerre avait forgé une Aéronautique Militaire qui dominait de la tête et des épaules toutes les aviations alliées ou ennemies.

Au sein de cette arme nouvelle, la Chasse était née en France, puis en Allemagne, lentement pendant l'année 1915, puis de manière volcanique dès le début de 1916, avec l'arrivée des premiers véritables Chasseurs dont le premier fut le plus petit de tous :



Après la victoire de 1918, la Chasse Française restait toujours la meilleure du Monde et le Nieuport 29 qui équipait la majorité de ses escadrilles fut largement exporté. 



-- L'enlisement (1925 à 1934)


Un ensemble de mesures gouvernementales, destinées en fait à récupérer de l'argent (pour satisfaire une clientèle électorale), vont, à partir de 1925, détruire notre industrie de moteurs et pénaliser nos constructeurs qui durent abandonner, faute de moyens, les compétitions de vitesse comme la Coupe Schneider.

L'Aviation de Chasse Française allait peu à peu perdre son statut technologique et prendre du retard. 

Les maladies les plus graves sont celles qui se développent insidieusement, laissant croire au patient qu'il est en pleine santé. 


Les symptômes de la maladie de langueur de la future Armée de l'Air commencèrent à se voir à partir du début des années 30.

Au moment où le Ministère de l'Air et l'Armée de l'air allaient être créés, le ministre n'osa pas commander les avions immédiatement efficaces... On commanda trop tard des avions dont nous n'avions pas sorti le meilleur.




-- Les avions monomoteurs de Chasse issus du programme de 1930-32 :




La politique des prototypes de Mr Caquot sera le bon remède, mais elle intervient tard et les procédures d'essais et de commandes sont trop longues pour que le mal soit éradiqué à temps.

Ces chasseurs à train fixe et mus par des hélices à  pas fixe (sauf le Wibault 313) sortirent parfaitement en temps et en heure des bureaux d'études. 

Quelques uns étaient remarquables, comme le Dewoitine 500 ou le SPAD 510

Leurs essais s'étalèrent sur plus de 2 longues années. Ils entrèrent en service juste deux ans avant le Messerschmitt 109...
  • le Morane-Saulnier 325, étonnant mélange d'avant-gardisme et d'incompétence qui enferma son créateur dans la répétition de constructions archaïques (MS 405 / 406).
  • Le Mureaux 170, le meilleur chasseur de sa "génération", abandonné, tout comme le concept de l'énergie potentielle qui sera la base de la maîtrise de l'air pendant toute la Seconde Guerre Mondiale.




-- Les avions monomoteurs de Chasse issus du programme de 1934-36 :




Un concours fut lancé en 1934, parfaitement en temps et en heure pour répondre aux exigences du moment.

Evidemment, il y avait les chasseurs destinés à protéger la "guerre terrestre"

Mais, pour des raisons complexes, l'avion choisi fin 1936, le Morane-Saulnier 406, fut un échec total sur le plan militaire, malgré les remarquables qualités de ses pilotes. 

En plus, on avait décidé d'en faire le chasseur standard. 

A l'époque, pourtant, ce concept n'avait aucun sens. Certes, le Bébé Nieuport, comme un an plus tard, les SPAD VII et XIII, ne furent pas loin d'être des chasseurs standards. 

Mais, d'une part le front était fixe et, d'autre part, les avions avaient bien du mal à être utilisés pour de multiples usages.


En 1939, tout avait évolué : Les avions étaient devenus fiables, vraiment rapides et puissamment armés.

  • Comme les bombardiers ennemis pouvaient se défendre efficacement contre la Chasse, mieux valait les attaquer avec des armes puissantes et en étant bien protégés. 
  • Comme les bombardiers ennemis pouvaient être protégés par des chasseurs, il valait mieux que les chasseurs les plus performants soient employés pour éliminer cette escorte.
  • Comme nos bombardiers terrestres avaient pour mission de s'enfoncer à l'intérieur du territoire ennemi, ils devaient être escortés par des chasseurs à relativement long rayon d'action.
  • Comme notre Flotte sillonnait la Mer du Nord, la Manche, le Golf de Gascogne et la Méditerranée, notre Aéronavale aurait dû disposer de chasseurs à très long rayon d'action (plus de 1 000 km) pour la protéger.

Cela signifie que la notion de chasseur standard était caduque. 

Des chasseurs adaptés aux diverses missions étaient la seule vraie réponse.




Tous les acteurs opérationnels du moment l'ont souligné : Lent et très mauvais grimpeur, le Morane 406 ne pouvait pas protéger nos troupes, nos aérodromes, ni nos usines, ni nos bombardiers. 


Ce choix fut imposé par un groupe de pression (un lobby) qui avait uniquement des arrières pensées politiciennes.


Pourtant, en Août 1936, le prototype du Nieuport 161, de loin le plus performant et le meilleur des chasseurs du programme de 1934, avait été sélectionné pour ses performances remarquables.

La commande de 30 avions, toute prête sur le bureau du Ministre Pierre Cot, fut refusée après un accident mortel... dont l'avion n'était en rien responsable.

Tous les prototypes de cette époque - qui annonce la guerre - connurent ce genre de problème (Messerschmitt 109, Fiat G 50, Macchi 200, PZL 50, etc), sauf les moins performants (et encore). 


C'était la rançon de techniques nouvelles (donc non dominées par les hommes), de l'augmentation de complexité des tableaux de bord et de la forte augmentation des accélérations subies en vol à cause de l'augmentation simultanée de toutes les performances.


  • Un accident fatal... pour la Chasse Française, et son interprétation hyper tordue, volontairement erronée, portée par le CEMA pour éliminer le Nieuport qui écrasait tous ses concurrents.-----------------------------------------------------------------------------------Une autre interprétation est beaucoup plus vraisemblable, je vous la livre. Elle met en cause des décisions antérieures de gens incompétents, une fois de trop.
    • Analyse du second accident du Nieuport (dégâts uniquement matériels), encore une fois volontairement mal interprété - évidemment, pas par hasard - mais qui pose des questions dérangeantes vis à vis du CEMA.                                                    -------------------------------------------------------------------- ---------------                                                 En prime, analyse des 2 crashs mortels du Morane-Saulnier 405-01 et 02 en 1937. cet avion était, lui, commandé en série, mais, cette fois-ci, les pilotes furent déclarés responsables, ce qui arrangeait bien les décideurs.
    • De nouveaux documents confirment que le Nieuport 161 était un très bon avion de Chasse, tant au niveau du pilotage qu'à celui des performances qui surpassaient nettement celles du Hurricane Britannique fin 1938, malgré un moteur moins puissant de 170 Cv ! Il eut été aussi efficace que le D 520 plus d'un an avant que celui-ci n'entre en service...


    Le choix du Morane-Saulnier 406 suivit donc de 2 mois l'accident du Nieuport 161 et fut particulièrement désastreux


    Le choix d'un chasseur est un choix éminemment stratégique : S'il est très lent, cela interdit l'interception des avions espions comme la couverture des armées et des zones sensibles.

    Le manque est d'autant plus important que le Morane 406 en question demandait beaucoup de temps pour être construit et que, par voie de conséquence, il est présent en petite quantités.

    • le Morane-Saulnier 406, le moins performant de tous nos chasseurs, commandé après un lobbying impressionnant et poussé, y compris jusqu'à nos jours, par une puissante propagande officielle difficile à admettre et surtout... à comprendre, enfinsi, du moins, on aime la vérité.-----------------------------------------------------------------------------------------
      • Un chasseur choisi avant même d'être comparé à son rival, une publicité très intense faite par les responsables du CEMA, une totale opacité sur les performances réelles qui n'ont jamais été atteintes avec le moteur de série.

    • Le match Morane 405 / Nieuport 161 : Une lecture très attentive des revues aéronautique des années 30 nous explique le choix du CEMA en faveur du Morane 405, à cause de sa seule maniabilité. Elle montre également l'incapacité de cet avion à remplir ses obligations de performance. On s'amusa alors à surcharger le Nieuport, histoire de réduire ses performances et sa maniabilité ! 

    Les avions de 1936 repêchés en 1938 pour pallier les insuffisances du Morane 406.


    • le Caudron 714 Cyclone, le plus maniable de tous les chasseurs Français, bien meilleur que le Morane, bien qu'il n'ait jamais été mis au point par le CEAM dont c'était le travail (Centre d'Essai Aéronautique Militaire, rien à voir avec le CEMA, plus généraliste).                                                                                                                       Il aurait pourtant pu jouer le rôle du Zéro Japonais face au Bf 109 Allemand. Quel gâchis !


    • Le chasseur ultra-léger Mureaux 190, hyper brillant mais oublié dans un hangar. Il eut une très grande influence sur sa société d'adoption (Potez - SNCAN), même si son moteur n'était pas encore au point. La suite des événements ne permit pas de d'en tirer les bénéfices tactiques.


    • les Bloch 150, 151, 152, 155, devenus (tardivement) très manœuvrants, efficaces et solides et de plus en plus performants avec le temps. Ils annonçaient déjà les superbes chasseurs Dassault d'après guerre.



    -- Les avions monomoteurs de Chasse étrangers rattachés au même programme



    Achetés à prix d'or, ils avaient des performances et un armement médiocre et ne furent livrés qu'en petit nombre avant la guerre. 

    Ils n'avaient aucune chance de changer la situation de manière positive.

    • le Curtiss H75, correct en vol, très fiable, mais lent, mal armé, en un mot, très surestimé, mais, heureusement, aux mains de pilotes d'élite.  Si ceux-ci avaient été sur Dewoitine 520,  pourtant, bien des choses se fussent mieux passées.    -----------------------------------------------------------------------------------------                                                   Le Curtiss était complètement surclassé en Juin 1940, malgré tout.


    • le Koolhoven FK 58, mal pensé, mal construit, il se montra totalement inutile, voire pire... 
    • Contrairement au Caudron 714, toujours vilipendé, il n'a eu droit à aucune victoire mais un de ses pilotes   fut tué lors d'un engagement.




    -------- Les monomoteurs de Chasse du programme de 1938



    Ils furent retardés par des services administratifs et techniques qui ne s'intéressaient en aucune manière à garder notre Chasse au sommet technologique qui devait être le nôtre.

    Lancés plus tôt, c'est à dire au moment où leurs constructeurs les proposèrent, ils auraient changé du tout au tout les conditions du combat, donc ils auraient probablement empêché que la Luftwaffe domine le ciel Français.

      • le Dewoitine 520, excellent chasseur, agile et rapide, était en train d'évoluer dans un sens remarquable pour les années qui allaient suivre. Il était digne des plus grands des chasseurs de la Seconde Guerre Mondiale. 
        • Le Dewoitine D.520 : le point sur ses versions ultérieures, l'une prête à sortir dès Juillet 1940 et l'autre pour fin 1941. Ce chasseur aurait été parfaitement dans le coup jusqu'en 1944 ;


      • l'Arsenal VG 33, avion favori du CEMA pour effacer ses boulettes de 1936. Un avion intéressant qui fut copié dans plusieurs pays. Il montra des promesses... et nous laisse des interrogations.



    Pour comprendre les avion comme toutes autres choses, il faut disposer de bases de références solides avant toute comparaison.






    -------- Les monomoteurs de Chasse commandés "en cachette"



    En 1939, le Général Vuillemin avait compris l'imminence de la guerre et il voulut secouer enfin le joug des services techniques qui paralysait nos bureaux d'études.

    Au moins trois avions sont sortis en petites séries à titre expérimental, après avoir été essayés par le grand pilote de l'époque, Michel Détroyat. 

    Deux d'entre eux était monomoteurs. Tous devaient combattre dès l’Été 1940.


      • le Dewoitine 551, des performances exceptionnelles, un armement discutable. La construction en grande série commençait en Juin 1940.


      • le CAO 200, un chasseur prêt pour la guerre dès Juillet 1940. Tel quel, il aurait aussi été "dans le coup" au moins toute l'année suivante.


    -------- Les avions monomoteurs de Chasse pour 1941


      • Le Bloch 157 : Un chasseur de 1944 clairement prêt à sortir dès 1941... Ou, tout aussi bien, un avion devant réellement sortir au tout début de 1941 qui était déjà l'égal des meilleurs chasseurs de 1944-45. Le symbole de l'avance technologique Française en 1940.




    -- Les bimoteurs de Chasse de 1934-36


    • le Potez 631, très maniable, bon grimpeur, mais un peu trop lent (moins que le Morane 406, toutefois), mais surtout, pas utilisé intelligemment.


    • le Bréguet 690, plus rapide que le précédent, maniable, commandé trop tard pour l'assaut où il fut bon (malgré une doctrine encore hésitante)... Il eut aussi fait merveille dans le renseignement.




    -------- Les avions bimoteurs de Chasse du programme de 1938


      • Le Hanriot NC 600, très manœuvrant, vraiment rapide sur tous les plans, mais commandé seulement "en cachette" et deux ans trop tard. On en parlait comme d'un chasseur pur aux journalistes étrangers. Il eut joué le rôle d'escorteur des plus rapides bombardiers en service mais il pouvait aussi jouer le rôle de corsaire pour terroriser la Luftwaffe en Allemagne. Une petite série sortait en Juin 1940.


      • Le SE 100, rapide à 6 000 m, altitude qu'il prenait trop de temps à rejoindre ! Un avion puissant, surarmé, hyper-visible de loin et lourd, si lourd... C'était le type même de l'avion qu'il ne fallait pas construire, en tout cas si on voulait lui faire faire le travail de chasseur. potentiellement intéressant comme avion d'attaque au sol...


      • l'Arsenal VB 10, un bimoteur monoplace ressemblant furieusement à un monomoteur. Très rapide, puissant, il eut été vraiment utile s'il était sorti à temps, c'est à dire en fin 1939. Mais il fut victime de notre maladie congénitale du "toujours plus" (plus d'armes, plus de munitions, plus d'essence, etc....) et de l'indécision qui l'accompagne inévitablement.



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